Arte Magazine n°2019-12 16 mar 2019
Arte Magazine n°2019-12 16 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-12 de 16 mar 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Varda par Agnès.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°12. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 MARS 2019 6 Tourner vite « Pour ceux qui ont envie de faire du cinéma, surtout ceux qui débutent, il y a l’obligation de la patience parce que lorsqu’on a un projet, il faut de l’argent. Il faut aussi essayer de court-circuiter cette histoire-là, tourner parfois avec les moyens du bord mais vite. […] Le manque d’argent m’a parfois gênée mais n’a pas été un frein à mon imagination ni à mes intentions. » Rien n’est banal « J’aime les documentaires et je sais qu’il y en a de très beaux, qui ont été faits loin dans le monde. Ces grands voyages documentaires, c’est très loin de moi. Moi, j’ai envie de filmer près de moi, ce que je connais. Daguerréotypes a été fait dans la rue que j’habite, rue Daguerre. J’ai choisi de filmer mes voisins proches et les commerçants chez qui j’allais acheter le pain, la viande, la quincaillerie. […] Rien n’est banal, si on a de l’empathie pour les gens qu’on filme. » La minorité rageuse « Les commerçants [filmés dans Daguerréotypes, NDLR] n’étaient pas très ouverts à ce qui se passait, pas très sympathiques envers les étrangers. Les films d’Agnès Ils représentaient la majorité silencieuse. J’ai aussi filmé une fois une minorité rageuse  : le mouvement noir américain des Black Panthers en 1968. Deux ou trois de leurs leaders avaient été arrêtés. J’habitais à Los Angeles et je prenais l’avion pour filmer des manifestations à Auckland. J’étais une petite femme avec une caméra 16. Je disais ‘French television’et ils me laissaient passer pendant qu’ils faisaient leur entraînement. » « Jacquot de Nantes » « Le début d’un film, c’est parfois la vie qui l’impose. Dans un moment très triste de ma vie, quand Jacques Demy était malade, il écrivait les souvenirs d’une enfance qu’il avait beaucoup aimée. Il avait été élevé à Nantes, dans le garage où son père travaillait. Tous les deuxtrois jours, il me montrait ses notes. Je lui dis  : ‘Mais ce serait un scénario formidable. Tu ne veux pas le faire ?’Il m’a dit  : ‘Non, je suis trop fatigué, fais-le.’[…] J’ai traité le film de trois manières  : une partie en noir et blanc qui racontait cette enfance, des extraits en couleur de films de Jacques Demy inspirés par celle-ci. Et puis il y avait comme un troisième film, parce que Jacques était vivant mais il était La vie, le cinéma, l’argent et comment s’en passer…  : dans Varda par Agnès, une exaltante causerie documentaire, Agnès Varda se confie avec une grande liberté. Morceaux choisis. très malade. Comme on fait quand on aime, je voulais être au plus près de lui, l’aider au plus près. En termes de cinéma, cela donne des plans extrêmement rapprochés. » Les petites caméras « En ce début de siècle, il y avait du nouveau dans ma vie de cinéaste  : les petites caméras numériques, qui étaient pour moi une occasion de faire autrement. J’allais pouvoir faire des choses plus personnelles, peut-être intimes, en tout cas faire du documentaire librement. » La cinéaste a reçu le prix Berlinale Kamera à Berlin le 13 février 2019. Varda par Agnès est projeté en avant-première le 18 mars au Forum des images, en partenariat avec le festival Cinéma du réel. Lundi 18 mars à 22.40 Documentaire Varda par Agnès (1 & 2) Lire page 16 En replay jusqu’au 17 mai POOL CATARINA/VANDEVILLE/GAMMA - RAPHO/GETTY IMAGES
L’épopée John Ford Si l’Amérique est le pays du cinéma, John Ford en est le metteur en scène. Ses films dessinent l’identité d’un peuple, façonnant ses mythes, ses utopies et ses désillusions. Trois étapes dans une œuvre fondatrice, à laquelle ARTE rend hommage. Naissance du mythe « Je m’appelle John Ford et je fais des westerns »  : la phrase, mélange de modestie et d’insolence caractéristique de son auteur, est restée célèbre. Ford n’a pas fait que des westerns, loin de là, mais il semblait assumer qu’au regard du public il incarnerait le genre pour toujours. L’histoire commence vraiment avec La chevauchée fantastique. Réalisé en 1939, ce film signe le retour de Ford au western, qu’il n’a plus approché depuis l’époque du muet. Ces secondes noces vont graver dans l’inconscient collectif des images aujourd’hui indissociables du mythe de l’Ouest américain. Diligence où se côtoient des personnages archétypiques, mais intensément incarnés, cavalcades épiques, grands espaces, Indiens menaçants  : ces clichés en devenir, Ford les invente sous nos yeux. C’est aussi la première fois qu’il filme John Wayne et les paysages de Monument Valley, deux repères incontournables de son œuvre. Les illusions perdues Un quart de siècle et dix westerns plus tard, il tourne L’homme qui tua Liberty Valance (1962). John Wayne est encore là, mais cette fois, loin des paysages spectaculaires qui ont vu émerger sa figure héroïque. Le jeune premier a vieilli, et doit composer avec un avocat idéaliste venu de la côte Est, incarné par James Stewart. Leur association conflictuelle face à un bandit local permet à Ford de méditer sur l’illusion qu’il a contribué à créer, et de faire entendre une autre musique  : celle du désenchantement. À l’aube des années 1960, on ne peut plus raconter la conquête de l’Ouest comme au temps de l’âge d’or hollywoodien. L’artisan par excellence du western américain annonce lui-même son crépuscule. Une autre histoire Dans ses derniers films, Ford s’est intéressé à ceux dont on a malmené et oublié l’histoire. Le sergent noir (1960) retrace le procès d’un soldat victime d’une injustice suscitée par le racisme. Les Cheyennes (1964) suit le périple d’une tribu qui fuit la réserve où le gouvernement l’a cantonnée pour rejoindre sa terre d’origine. C’est l’ultime western de Ford. Il y retrouve le désert de Monument Valley et les Indiens qui le peuplent, mais alors que dans La chevauchée fantastique ceux-ci n’incarnaient qu’une présence hostile et silencieuse, ils deviennent ici les nobles figures d’une communauté spoliée. Ford, homme et artiste aux multiples facettes, a su faire évoluer son regard sur une histoire dont il a été le conteur et le pionnier. Tout au long du parcours, tour à tour innocent, lucide et mélancolique, il sera demeuré un poète. Jonathan Lennuyeux-Comnène Dimanche 17 mars à 20.50 Film L’homme qui tua Liberty Valance suivi du documentaire John Ford L’homme qui inventa l’Amérique Lire pages 13-14 En replay jusqu’au 16 mai 7ARTE MAG N°12. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 MARS 2019



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