Arte Magazine n°2019-11 9 mar 2019
Arte Magazine n°2019-11 9 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-11 de 9 mar 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : Danielle Darrieux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°11. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 MARS 2019 6 L’Américaine Dès son premier film, Le bal, qu’elle tourne en 1931, à 14 ans, Danielle Darrieux impose un style de jeu impertinent, frais et fantasque. Qualifiée de « plus américaine des actrices françaises », elle accède au rang de star internationale avec le succès de mélodrames comme Mayerling (1936). Quatre ans plus tard, dans Battement de cœur, d’Henri Decoin (diffusé ce lundi par ARTE), elle fait preuve d’un abattage proche de celui de Katharine Hepburn. Bien plus tard, l’actrice reprendra d’ailleurs à Broadway en 1970 le rôle tenu par l’Américaine dans la comédie musicale Coco, inspirée de la vie de Coco Chanel, puis créera sur scène, en 1988, la pièce d’Ernest Thompson La maison du lac, l’un des derniers grands rôles de Hepburn au cinéma. Mais auparavant, elle aura eu l’audace de refuser les diktats hollywoodiens. Après La coqueluche de Paris, un premier film tourné aux États-Unis avec Douglas Fairbanks Jr., elle rompt son contrat avec Universal et retrouve Paris en 1939. Danielle et les garçons Dans Mauvaise graine (1934), premier film d’un débutant nommé Billy Wilder, mademoiselle Darrieux est l’unique membre féminin d’un gang de voleurs de voitures. Vingt-cinq ans plus tard, elle incarne le rôle-titre de Marie-Octobre, de Julien Duvivier, seule femme d’un groupe d’anciens résistants réunis pour démasquer le traître caché parmi eux. Pétillante et féminine, Danielle Darrieux ne se laisse pas réduire à un objet de désir masculin. Elle joue souvent les révoltées, les infidèles, les femmes de tête, voire les cyniques comme dans L’affaire Cicéron de Mankiewicz. Dirigeante de grand magasin dans Pot-Bouille en 1957, elle y toise Gérard Philipe, et fera de même, trois décennies plus tard, avec Daniel Auteuil dans Quelques jours avec moi de Claude Sautet. La muse Si elle tourne entre 1935 et 1941 six films sous la direction de son mari, Henri Decoin, Max Ophüls devient son mentor après la guerre et la dirige dans trois chefs-d’œuvre. Femme infidèle dans La ronde, touchante prostituée dans Le plaisir, Danielle Darrieux excelle de légèreté tragique dans Madame de…, également diffusé lundi par ARTE. Tout au long de sa carrière, l’actrice saura merveilleusement teinter la joie de Subtile Danielle Darrieux Disparue centenaire en 2017, Danielle Darrieux a traversé le siècle du cinéma avec un talent unique pour teinter la tristesse de légèreté. Retour, en trois temps, sur une carrière enchantée. mélancolie et inversement. Admirateur d’Ophüls et de son interprète d’élection, Jacques Demy la fera virevolter et chanter sans la faire doubler (soprano, « DD » a enregistré de nombreux disques) dans Les demoiselles de Rochefort en 1967, puis dans Une chambre en ville en 1982. Quant à François Ozon, il lui offrira dans 8 femmes le rôle d’une grand-mère indigne, avare, menteuse et meurtrière, qui clôt le film de façon bouleversante… en chantant. Marie Gérard Lundi 11 mars à 22.30 Documentaire Danielle Darrieux Il est poli d'être gai ! Lire page 13 En replay jusqu’au 11 mai JEAN-CLAUDE MOIREAU/RUE DES ARCHIVES
TCD Dimanche 10 mars à 22.40 Documentaire Un Américain nommé Kazan Lire page 11 En replay jusqu’au 16 mars Kazan, l’insoumis Plus de quatre-vingt-dix ans durant, Elia Kazan aura été guidé par une fureur sans repos, rarement apaisée par le succès et les honneurs. Porteur dès sa prime enfance d’une ébullition intime, nourrie des peurs d’une famille persécutée en raison de ses origines grecques dans l’Empire ottoman, il hérite de ce qu’il appelait « le sourire d’Anatolie », fausse marque de déférence en réaction aux humiliations infligées à l’immigré qu’il fut, décidé à se faire un nom aux États-Unis, où il arrive à 4 ans. Cette rage et cette insoumission constitutives guideront ses pas, de son refus de reprendre l’affaire paternelle à son entrée au Group Theatre, un collectif théâtral marqué à gauche et au projet iconoclaste  : détruire le star-system. PRODIGE Pourtant, celui qui voulait abattre le vedettariat sera vite adoubé jeune prodige de Broadway grâce à ses créations de textes majeurs du répertoire américain. Une fois ouvertes les portes de Hollywood, le cinéaste révélera après la Seconde Guerre mondiale quelques-unes des plus grandes idoles du cinéma américain, toutes passées par l’Actors Studio, l’école qu’il a cofondée. De James Dean (À l’est d’Éden) à Warren Beatty (La fièvre dans le sang), de Robert De Niro (Le dernier nabab) à Marlon Brando, qu’il Découvreur de talents à la réputation entachée lors de la chasse aux sorcières, Elia Kazan a fait de sa colère d’exilé le terreau d’une œuvre flamboyante. Portrait d’un cinéaste pour toujours intranquille. dirige dans Un tramway nommé désir et Sur les quais, tous ont appris à son contact à puiser dans leurs émotions les plus enfouies, et ont révolutionné le jeu d’acteur. À sa colère féconde, Kazan doit aussi d’avoir pu rester en phase avec l’insolente jeunesse de ses cadets, d’en comprendre les espoirs et les frustrations pour mieux les sublimer. Dans un effet d’entraînement, il a aussi inspiré la génération suivante de réalisateurs, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Brian De Palma ne cessant de rappeler ce que le Nouvel Hollywood des seventies devait à cet illustre mentor. Auréolé de succès, le bouillonnant créateur, qui fut brièvement encarté au PC au milieu des années 1930, flanchera pourtant devant les membres de la Commission des activités antiaméricaines, leur livrant les noms d’une poignée d’anciens militants communistes, dont certains faisaient partie de ses amis. Comme si la colère et la révolte de celui qui portait au pinacle l’insoumission avaient cédé pour la première fois face à la peur de l’autorité de son pays d’adoption. Une tache indélébile qu’il surmonta à sa façon, fière et controversée, en refusant jusqu’à sa mort, en 2003, de s’en excuser. Augustin Faure 7ARTE MAG N°11. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 MARS 2019



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