Arte Magazine n°2019-10 2 mar 2019
Arte Magazine n°2019-10 2 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-10 de 2 mar 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'autre scandale de l'Eglise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°10. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 MARS 2019 8 Mademoiselle en clairobscur À l’occasion de la diffusion du portrait documentaire de Jean Lauritano, retour sur le parcours de Coco Chanel, icône du XX e siècle, qui libéra la femme du corset mais se fourvoiera grandement sous l’Occupation. Avec l’opiniâtreté qui l’habitait, elle a forgé sa légende, éreintant les biographes qui s’échinaient à reconstituer le puzzle de sa vie. Autre figure impérieuse du siècle dernier, Edmonde Charles-Roux, dans son livre L’irrégulière – L’itinéraire de Coco Chanel, n’osa en révéler les pans les plus sombres qu’après sa mort en 1971. Car « Mademoiselle », icône d’élégance régnant sur un empire de mode, s’est redessiné un passé sur mesure, coupant et retaillant les épisodes troubles ou peu glorieux de son parcours. Orpheline abandonnée par un père volage, qu’elle a parfois réinventé en aventurier du Nouveau Monde, la romanesque Coco Chanel prétendait avoir puisé son inspiration – et celle de son emblématique logo – dans l’architecture cistercienne de l’abbaye d’Aubazine, où elle aurait été placée enfant. En réalité, la petite Gabrielle a travaillé à 12 ans comme bonne d’enfants chez une cousine à Thiers, avant de fuir un mariage arrangé. À 20 ans, l’instinct de survie chevillé à l’âme, elle flirte avec la prostitution, croisant à Moulins son premier mécène, Étienne Balsan, éleveur de chevaux qui l’introduit dans le demi-monde et qu’elle refuse d’épouser, comme d’autres conquêtes après lui. ÉGAREMENTS Mue par un désir viscéral de revanche sociale, la fière marginale trace sa route en solitaire, déshabillant de son regard noir et vif la société de la Belle Époque, avant d’imposer son style de garçonne en pionnière des Années folles. En libérant le corps de la femme – et en le parfumant –, l’insoumise de la rue Cambon, amie de Stravinski, Picasso et Diaghilev, gagne une fortune qui lui offre son indépendance. Mais à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, la créatrice qui avait su flairer l’air du temps s’égare, aveuglée par son conservatisme et par une fascination pour Hitler, qu’elle perçoit comme un rempart au communisme. Animée d’un antisémitisme larvé, elle ne s’émeut nullement des lois antijuives qui poussent son associé, l’industriel Pierre Wertheimer, à l’exil aux États-Unis. Coupable de « collaboration horizontale » avec le diplomate espion Hans Günther von Dincklage, elle se charge aussi d’une mission de médiation entre la Grande- Bretagne et l’Allemagne, en s’appuyant sur son entente cordiale avec Churchill, qui lui évitera à la Libération une condamnation pour intelligence avec l’ennemi. Sa griffe imprimant d’autres icônes – du N°5 qui « habillait » Marilyn la nuit au tailleur rose maculé de sang de Jackie Kennedy –, la vieille dame, au crépuscule de sa vie, ruminait succès et aigreurs dans sa suite du Ritz  : « Mourir, c’est ce qui peut m’arriver de plus passionnant. » L’épilogue du destin hors norme d’une femme libre qui a traversé le siècle le cœur aussi sec que vaillant. Sylvie Dauvillier Dimanche 3 mars à 17.30 et 22.40 Documentaire Les guerres de Coco Chanel Lire page 14 En replay jusqu’au 3 mai EMMANUEL VALENTIN/ONLYFRANCE/MAN RAY 2015 TRUST/ADAGP, PARIS 2019
MAJESTIC/WALTER WEHNER Journée internationale des femmes 2019 Dimanche 3 mars Femmes artistes – Les coups de cœur de Tatiana Trouvé à 19.15 Coco avant Chanel à 20.50 Les guerres de Coco Chanel à 17.30 et 22.40 Cecilia Bartoli & Friends à 23.40 Hommage aux grandes divas orientales à 0.35 Lundi 4 mars Débuts derrière les barreaux à 0.05 Mardi 5 mars Esclaves de Daech – Le destin des femmes yézidies à 22.35 Golda Meir – Premier ministre à 23.35 Sonita ou la valeur d’une vie à 0.30 Mercredi 6 mars Fleur du désert à 20.55 Viva la vulva à 23.00 Kreatur – Cachez ce sexe que je ne saurais voir ! à 23.55 Le chemin rêvé à 0.35 Vendredi 8 mars La débutante à 20.55 Trop jeune pour mourir – Karen Carpenter, vivre à côté de sa vie à 22.30 Juliette Armanet à la Gaîté lyrique 2018 à 0.10 Mercredi 13 mars Kreatur – Les femmes à la conquête du terrain ! à 0.00 Vendredi 15 mars Maman aussi ! à 20.55 Son prénom, Waris, signifie « fleur du désert » en somali. Ce surnom deviendra le titre d’un bestseller – son autobiographie publiée en 1997 –, et d’un succès au box-office, un film réalisé par Sherry Hormannen 2009 et diffusé par ARTE cette semaine. Le destin de Waris Dirie est en effet de ceux qui inspirent les scénaristes  : l’histoire d’une femme qui s’est dressée contre la tradition. Tout commence en Somalie, dans un désert rouge. Waris y naît en 1965, et grandit dans une famille nomade éleveuse de chèvres. Entourée de ses frères et sœurs, elle y coule des jours heureux. Jusqu’au jour où, à 13 ans, elle apprend que son père a prévu de la marier à un vieil homme. L’adolescente le sait, elle ne pourra pas s’y opposer. Elle décide de fuir, en pleine nuit et en plein désert, loin des siens et de tous ses repères. Plusieurs jours de marche, à se blesser les pieds et se nourrir de racines, la mènent à Mogadiscio, où sa grand-mère parvient à l’envoyer en Angleterre. D’abord exploitée par une famille de diplomates somaliens, Waris y croise un homme qui va changer sa vie. Terence Donovan, un célèbre photographe de mode, la repère dans le fast-food où elle travaille. Elle a désormais la vingtaine et une beauté à couper le souffle. Il lance sa carrière de top model. Elle défile dans le monde entier. « DIRE ET REDIRE » L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais ce que découvre également avec stupeur la jeune Somalienne lorsqu’elle arrive à Londres, c’est que les filles n’y sont pas excisées, comme elle Waris Dirie L’indomptable Désormais militante contre l’excision, cette ex-top model a vécu plusieurs vies. Du désert somalien aux Nations unies, portrait d’une insoumise, alors qu’ARTE diffuse l’émouvant biopic inspiré de sa vie. l’a été à l’âge de 5 ans, à l’instar de ses sœurs, de sa mère et de 200 millions de femmes dans le monde au total *. Elle décide de témoigner publiquement en 1997. « Ce qui m’est arrivé quand j’avais 5 ans en Somalie était si intime que je l’ai gardé secret pendant de longues années, racontet-elle dans une interview au magazine L’Express un an plus tard. Aujourd’hui, je dois en parler chaque jour, souvent à des gens que je ne connais pas. C’est une épreuve difficile. Mais je sais qu’il faut dire et redire ce que les femmes qui ont vécu l’excision n’osent pas exprimer. » Abandonnant la mode, Waris Dirie met toute son énergie dans cette cause. Ambassadrice aux Nations unies dans la lutte contre les mutilations génitales pendant deux ans, elle crée sa propre fondation, Fleur du désert, en 2002. Après l’ouverture d’un centre pour les victimes d’excision en 2013 à Berlin, elle inaugurait, en janvier dernier, la construction d’une école en Sierra Leone. Désormais loin des projecteurs, Waris Dirie poursuit son combat. Laetitia Moller * Chiffres Unicef 2016. Mercredi 6 mars à 20.55 Film Fleur du désert Lire page 20 En replay jusqu’au 20 mars ARTE MAG N°10. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 MARS 2019 9



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