Arte Magazine n°2019-08 16 fév 2019
Arte Magazine n°2019-08 16 fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-08 de 16 fév 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Claude Chabrol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°8. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 FÉVRIER 2019 6 Auteur de films noirs à l’humour grinçant, Claude Chabrol a laissé une œuvre unique. Sa fille adoptive, Cécile Maistre- Chabrol, qui fut aussi sa proche collaboratrice, brosse le portrait affectueux d’un cinéaste truculent et libre-penseur. Savoureux Chabrol Dimanche 17 février à 22.40 Chabrol, l’anticonformiste Lire page 14 En replay jusqu’au 17 avril Cycle Claude Chabrol Dimanche 17 février La cérémonie à 20.50 Chabrol, l’anticonformiste à 22.40 Lundi 18 février Le boucher à 20.55 Juste avant la nuit à 22.25 Claude Chabrol et Cécile Maistre-Chabrol Beaucoup a été dit et écrit sur Claude Chabrol. Quelle était pour vous la raison d’être de ce portrait ? Cécile Maistre-Chabrol  : Je voulais raconter l’homme que j’ai connu. J’ai souvent entendu dire à son propos qu’il portait des masques. Comme si la bonhomie d’un homme qui a fait tant de films sur l’abjection était nécessairement feinte. Or j’ai toujours eu le sentiment que, dans son cas, il n’y avait pas de différence entre l’homme public et l’homme privé. Je n’ai pas voulu réaliser un film d’analyse cinéphilique  : au-delà de l’art du metteur en scène, mon idée était de transmettre un certain état d’esprit, une vision du monde. Je suis un peu comme un maître d’hôtel, qui inviterait le spectateur à passer une heure au restaurant avec Chabrol. Le film fait d’ailleurs la part belle aux scènes de repas ! C’est un clin d’œil, bien sûr. Chabrol adorait mettre en scène les repas. D’abord parce qu’il aimait la bonne chère, mais aussi parce qu’il disait que, quand ils mangent, les gens ne mentent pas – ou mentent moins ! La scène qui réunit ses techniciens les plus fidèles sur notre cantine de tournage favorite a d’ailleurs été la matrice de ce film. Tout comme le repas entre les critiques François Guérif et Jean- François Rauger, c’était une façon pour moi de sortir du principe de l’interview face caméra, de rendre ce portrait vivant. Plutôt que de faire un récit linéaire, j’ai essayé d’ouvrir des boîtes. Il y a aussi la parole d’Isabelle Huppert, qui à partir d’un certain moment se substitue à mon commentaire. Je lui cède la place en quelque sorte. Elle n’a pas eu souvent l’occasion de parler de Claude, et elle se livre ici d’une très jolie manière. Qu’avez-vous envie de dire avec ce film ? Il n’y a pas encore eu de portrait de Claude Chabrol aussi riche en images, extraits de films et archives. Je souhaite que ce soit l’occasion de redécouvrir son œuvre, de donner envie de l’explorer encore. Car il s’agit véritablement d’une œuvre, éclectique, étonnante, unique en son genre. À mon sens, la plupart des films de Chabrol ne vieillissent pas car leurs sujets restent toujours d’actualité. C’était le plus important  : garder vivant cet esprit d’anticonformisme, qui, je trouve, manque beaucoup aujourd’hui. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène ETIENNE CHOGNARD/SYGMA VIA GETTY IMAGES
Jeux avec l’infini Jeu de réflexion et d’énigmes en réalité virtuelle, A Fisherman’s Tale propose une expérience de mise en abyme, au gré d’une navigation dans un espace à plusieurs échelles. Virtuose. Disponible depuis le 22 janvier A Fisherman’s Tale Pour les casques VR Oculus, HTC Vive, Windows Mixed Reality et PSVR. Équipé d’un casque de réalité virtuelle, le joueur est placé dans la peau de Bob, un marin installé dans un phare, et écrasé par la routine. Lorsqu’il se réveille un matin, tout a changé  : dans la peau de sa propre marionnette de bois, il est enfermé dans sa cabane dont portes et fenêtres sont étrangement verrouillées. C’est alors qu’entendant une alerte de tempête il réalise qu’il doit parvenir à allumer le fanal afin d’empêcher le naufrage des bateaux pris dans la tourmente. Commence un jeu de casse-tête dans lequel le joueur découvre qu’il n’est pas vraiment maître de ses mouvements pour évoluer en 360 ° dans ce qui s’apparente à un « escape game » virtuel. Le narrateur, guide parfois espiègle, l’engage alors dans un diabolique scénario à plusieurs étapes. Bob doit ainsi s’emparer d’un tisonnier pour gagner une fenêtre obturée par des planches. Les retours font parfaitement ressentir au joueur la prise de l’outil de fortune sur les clous, et leur résistance quand il tente de les arracher. Il lui faut encore ouvrir des portes solidement closes, résoudre une série d’énigmes et assembler des puzzles pour émerger enfin du logis du gardien de phare et échapper à sa terrible condition de marionnette... VERTIGES Comme dans un conte surréaliste, plus rien ne semble avoir de sens. Le phare de Bob n’est autre que la maquette miniature mais identique du phare de Bob, qui n’est lui-même que la maquette… La découverte de ces vertigineuses images gigognes, dont la qualité graphique constitue l’un des grands plaisirs du jeu, achève de faire perdre tout repère, à l’exception d’un seul, essentiel  : quelle que soit l’échelle dans laquelle le joueur se trouve et évolue, ses actions sont répercutées dans les répliques supérieures et inférieures, à l’infini. « Le principe de la mise en abyme accentue cette étrangeté de la perception de l’espace inhérent à la réalité virtuelle, explique Balthazar Auxietre, créateur du jeu et directeur artistique du studio Innerspace. D’un point de vue philosophique, ce voyage que le joueur entreprend au sein d’un environnement infini l’amène à s’interroger sur sa position dans le monde  : est-il le pantin de bois, ou la personne qui tire les fils ? » Embarqué par un scénario particulièrement efficace, on navigue entre des espaces identiques, mais de tailles différentes, pour tenter de retrouver le « vrai » pêcheur qui a fabriqué Bob. Si on y parvient, on verra celui-ci émerger d’un rêve dans lequel il jouait, lui aussi, à un jeu visiblement sans fin. « Reste à ôter le casque, ultime matriochka vous séparant de la vraie vie », conclut Balthazar Auxietre. Maria Angelo Au jeu vidéo s’ajoute un court métrage de 5mn en 360 °. Introduisant l’histoire du jeu, une expérience à part entière disponible gratuitement sur l’application ARTE 360 et sur Youtube. 7ARTE MAG N°8. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 FÉVRIER 2019



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