Arte Magazine n°2019-01 29 déc 2018
Arte Magazine n°2019-01 29 déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-01 de 29 déc 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°1. LE PROGRAMME DU 29 DÉCEMBRE 2018 AU 4 JANVIER 2019 8 Charme mutin, élégance intemporelle  : en peu de films, Audrey Hepburn a marqué le cinéma en imposant un style nouveau, dans un parfum de légèreté et de mélancolie. Esquisse en trois temps, en marge d’un beau portrait documentaire. The Fair Lady Drôle de frimousse À l’origine, elle se rêvait danseuse. Grâce, expressivité, goût précocement affirmé pour le travail, l’apprentie prometteuse continue de fréquenter assidûment le conservatoire même pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’avec sa mère elle a fui les bombardements londoniens en Hollande. Mais cette vocation tenace se heurte à l’obstacle du corps, celui d’une longue brindille (1,70 mètre) que les privations ont rendue trop fragile. Sa silhouette atypique s’imposera comme un atout pour jouer la comédie, tout comme son maintien exemplaire. Le charme et l’intelligence font le reste, sa délicate présence définissant un nouveau canon de beauté. À l’écran, Audrey Hepburn n’a dansé qu’une seule fois, dans Drôle de frimousse. Face au grand Fred Astaire, et loin des entrechats de son enfance, elle relève le défi avec panache – la scène du cabaret, où elle livre une irrésistible performance de pantin désarticulé. Affaire de style Allure gracile et androgyne aux antipodes de la pulpeuse Marilyn, danseuse autant que comédienne, Audrey Hepburn possède aussi ce qui ne relève d’aucun apprentissage  : le style. Parvenue au sommet, elle acquiert les moyens d’affirmer ce don en toute liberté. L’icône de la mode trouve en Hubert de Givenchy – que Billy Wilder l’a encouragée à rencontrer à Paris lors du tournage de Sabrina – l’allié idéal. Ami cher jusqu’à la mort de l’actrice en 1993, le couturier dessine ses petites robes noires et ses pantalons « feu de plancher » sur de nombreux films. À deux, ils créent un style qui révolutionne l’image de la femme  : une élégance irréprochable aux lignes modernes, subtil dosage de naturel, d’émancipation et de sophistication, à l’image de l’héroïne de Diamants sur canapé. Citoyenne du monde Star discrète, Audrey Hepburn innove aussi en s’engageant, à une époque où les étoiles d’Hollywood préfèrent animer la chronique mondaine. Cet autre trait marquant de sa modernité est lié à son histoire personnelle. Née à Bruxelles d’une mère aristocrate hollandaise et d’un père anglais qui l’abandonne, cette polyglotte s’est précocement frottée à d’autres cultures. Mais au-delà de son cosmopolitisme, c’est dans son expérience de la guerre qu’elle a forgé une sensibilité humanitaire affirmée dès la fin des années 1960. En 1988, quand elle commence à sillonner l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud comme ambassadrice de l’Unicef, elle se souvient d’avoir elle-même échappé à la famine de 1944 grâce à la Croix-Rouge. L’âme et la manière. Jonathan Lennuyeux-Comnène Dimanche 30 décembre à 17.10 et 20.55 Audrey Hepburn, le choix de l’élégance suivi de Guerre et paix Lire pages 12 et 14 DONALDSON COLLECTION/MICHAEL OCHS ARCHIVES/GETTY IMAGES
WICHITA FILMS À l’ombre des légendes vivaces d’un Charlie Chaplin ou d’un Buster Keaton, gros plan sur une étoile oubliée qui, comme eux, contribua à inventer Hollywood et forger une part de la culture populaire moderne  : Douglas Fairbanks. La première Avec comme signatures sa moustache frisottante, son sourire radieux, sa musculature affûtée et son hyperactivité athlétique, Douglas Fairbanks fut le premier prince d’un Hollywood encore naissant, construisant son royaume sur les pentes d’une colline alors vierge de ses iconiques lettres blanches. Pourtant, bien des spectateurs ignorent son apport inestimable à la culture de masse, et son influence palpable chez certaines des stars actuelles les plus en vue. Acteur jugé médiocre, y compris par lui-même, mais sportif hors pair, Fairbanks se spécialise dans les rôles de voltigeurs flamboyants et pose les bases esthétiques de l’héroïsme naïf des premiers temps du cinématographe. L’ACROBATE Il incarne des personnages aussi emblématiques que Zorro ou Robin des Bois, façonnant luimême l’aspect de ce dernier. Le costume sera repris à la pièce d’étoffe près en 1938 par Errol Flynn, autre grand interprète du rôle  : petit chapeau à plume, collant dont les super-héros sauront se souvenir et incontournable moustache, popularisée grâce à un précédent rôle, celui de d’Artagnan. Longtemps imité, cet attribut pileux traversera le siècle jusqu’à Jean Dujardin qui, en 2011, rend un hommage explicite à son illustre prédécesseur dans The Artist. Star du muet sombrant dans l’oubli à l’avènement du parlant, le personnage imaginé, avec le succès que l’on sait, par Michel Hazanavicius se confond avec celui du modèle. À noter également que dans OSS 117– Rio ne répond plus, réalisé deux ans plus tôt par et avec les mêmes, Dujardin se déguise déjà en parfaite imitation de… Robin des Bois. C’est peut-être en tant que cascadeur que le pionnier Fairbanks a eu la plus grande influence, inaugurant la figure de la star qui mouille sa chemise et gravit les échelons du divertissement grâce à ses exploits physiques. Son parcours atypique star Mercredi 2 janvier à 20.55 et 22.35 The Artist suivi de Douglas Fairbanks Je suis une légende Lire pages 20-21 vers le succès a ainsi inspiré, en 1952, le prologue du classique de la comédie musicale Chantons sous la pluie, avec un Gene Kelly qui enchaîne les gadins tous plus spectaculaires les uns que les autres. Aussi spontané que professionnel, l’incroyable abattage dont a fait preuve Douglas Fairbanks durant plus de vingt ans annonçait les pitreries joviales d’un Jean-Paul Belmondo et les acrobaties suicidaires d’un Tom Cruise. Avec un sourire non moins inaltérable et un goût égal pour le risque, leur glorieux aîné fut aussi le premier, avec sa femme Mary Pickford, à imprimer sa trace dans le ciment du mythique Walk of Fame de Los Angeles. Augustin Faure ARTE MAG N°1. LE PROGRAMME DU 29 DÉCEMBRE 2018 AU 4 JANVIER 2019 9



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