Arte Magazine n°2018-52 22 déc 2018
Arte Magazine n°2018-52 22 déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-52 de 22 déc 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes enchantées.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°52. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 DÉCEMBRE 2018 6 Mardi 25 décembre à 22.50 Documentaire Michel Legrand Sans demi-mesure précédé par Les demoiselles de Rochefort Lire page 19 L’oreille « Mon père, qui était un musicien, a quitté ma mère quand j’avais 3 ans. Heureusement, il a oublié d’emporter un vieux piano. Ma mère a été obligée de travailler. […] J’étais seul chez moi. Je mettais la radio. J’écoutais une chanson. Je trouvais sur mon piano la mélodie, do, la…, et après je cherchais les harmonies. Quand j’avais refait la chanson au piano, toc !, je reprenais ma radio, j’écoutais, et j’en apprenais une nouvelle. C’est comme cela que je suis venu à la musique  : par la chanson. » Michel Legrand Le jazz « En 1948, un copain me dit un jour  : ‘Tiens, j’ai un billet pour un concert. À Pleyel, il y a un orchestre américain qui joue, vas-y à ma place.’Sur scène, je vois un orchestre, entièrement noir. C’était celui de Dizzy Gillespie. Je ne comprenais rien ! Alors comme il faisait deux concerts à la file, je suis resté pour le deuxième, même si je n’avais pas de Infiniment Legrand billet. Ça a changé ma vie. Tout à coup, le jazz est rentré dans ma famille, dans mon domaine, dans mon répertoire… » « Déjà au conservatoire [il agite ses doigts], je jouais du jazz pour mes petits copains, et hop, dès que le professeur arrivait, j’arrêtais. Parce qu’ils détestaient ça. Nadia Boulanger me disait  : ‘Arrête de jouer cette musique à trois accords. Faisons des choses sérieuses.’ » Michel Legrand À l’américaine « Michel Legrand m’a toujours rappelé cette passion française pour les arts, les styles américains, avec cette question  : comment en arrive-t-on à faire une traduction, un mélange culturel entre l’Amérique et la France ? Il s’est emparé de ce langage et l’a très bien traduit. » Damien Chazelle, cinéaste « Il y a quelque chose d’un savoir-faire américain chez Michel Legrand  : le professionnalisme, la rigueur de l’orchestration. » Bertrand Tavernier, cinéaste Prolixe au piano comme devant un micro, Michel Legrand se raconte avec sensibilité dans le beau portrait documentaire de Gregory Monro. Compilation des propos tenus dans le film par l’intéressé, son biographe et des cinéastes sous le charme. L’éclectisme « Cela peut être une symphonie, un oratorio, du jazz, de la musique de film, de pub, de dessin animé. Le style Legrand, c’est la musique ! » Xavier Beauvois, cinéaste L’harmonie avec Jacques Demy « C’est la fusion de deux poètes, parce que Demy est un des cinéastes de la Nouvelle Vague qui a le plus grand sens pictural. Il se préoccupe du découpage, de la lumière, de la couleur et de sa fonction dramatique. La musique de Legrand transporte et fait monter tout cela d’un, voire de deux crans supplémentaires. » Stéphane Lerouge, biographe de Michel Legrand * Noémi Constans * Il a coécrit avec le compositeur une autobiographie dont le deuxième tome, J’ai le regret de vous dire oui, est sorti en 2018 chez Fayard. MICHAEL OCHS ARCHIVES/GETTY IMAGES
SCHUCH PRODUCTIONS Dans la touchante série documentaire Graines d’étoiles... cinq ans après, la réalisatrice Françoise Marie retrouve les élèves de l’école de danse de l’Opéra de Paris aux portes de la cour des grands. Entretien. La métamorphose des corps Dimanche 23 décembre à 19.15 Série documentaire Graines d’étoiles... cinq ans après (1) Danser classique Lire page 13 ÉDITIONS Les saisons 1 & 2 de Graines d’étoiles seront disponibles en coffret DVD à partir du 9 décembre. Françoise Marie Quand a émergé l’idée de donner une suite à la série Graines d’étoiles ? Françoise Marie  : Un an ou deux après le tournage, j’éprouvais déjà le désir de suivre l’évolution de ces enfants au choix de vie si précoce. Dans la première saison, les plus jeunes avaient à peine 11 ans. Aujourd’hui en dernière année, ils sont prêts à tenter le concours d’entrée dans le corps de ballet. Ceux âgés de 17 ou 18 ans ont désormais plus de cinq ans de vie professionnelle derrière eux. Partagentils toujours les mêmes envies ? N’éprouvent-ils pas la sensation d’être passés à côté de leur adolescence ? Montrer la façon dont les êtres se développent, mûrissent et s’affirment dans le temps, c’est une chance et presque un rêve de documentariste. Comment décririez-vous cette deuxième saison ? Elle se déploie comme une série de portraits, permettant de révéler les différentes trajectoires de vie propres à chacun, à la différence de la première saison qui s’attachait plutôt à suivre l’individu à travers le collectif. En recherchant des extraits d’entretiens réalisés avec les jeunes lors du premier tournage, j’ai été stupéfaite de l’incroyable résonance entre leurs paroles d’hier et leurs métamorphoses d’aujourd’hui. Leur passion, visible depuis leur plus jeune âge, questionne notre intériorité  : qu’avons-nous au plus profond de nous-mêmes, d’intact depuis l’enfance ? Ces danseurs font preuve d’une maturité déconcertante. Diriezvous que ce sont des adolescents comme les autres ? Ce sont tout d’abord des jeunes « overbookés » ! Entre les cours particuliers, les répétitions, les spectacles, les voyages à l’étranger..., ils n’ont pas une minute à eux. Depuis l’enfance, ils grandissent au milieu de nombreuses contraintes et goûtent en contrepartie à des moments de bonheur intense. Comme pour tous les sportifs de haut niveau, la discipline s’impose à eux comme un sésame vers le sommet de leur art, mais l’entraînement quotidien de leur corps avec les progrès et les satisfactions qu’il apporte les pousse à renouveler leurs efforts chaque jour. C’est en ça qu’ils sortent de l’ordinaire, car n’oublions pas qu’ils vivent les mêmes réalités que les jeunes de notre époque  : les histoires d’amour, l’amitié mais également les doutes, les injustices et la délicate insertion sur le marché du travail. Pour ceux qui ont réussi à intégrer le corps de ballet de l’Opéra, la carrière semble pourtant toute tracée... C’est toute la question de la réussite posée en filigrane dans cette saison. Sur cent cinquante danseurs de la compagnie, une douzaine à peu près accédera au firmament des danseurs étoiles, les autres atteignant au mieux le statut de premier danseur. Finalement, l’Opéra se révèle pour beaucoup une cage dorée. Ils obtiennent la stabilité mais à quel prix ? Le cadre peut se révéler tellement contraignant... Il s’agit de réflexions que tous partagent, sans pour autant oser les formuler, tant ils restent enviés d’avoir été engagés au sein d’une institution aussi prestigieuse. Cette nouvelle saison montre également que les danseurs peuvent faire carrière dans d’autres compagnies en France ou à l’étranger, et que le désir de danse est aussi puissant que mystérieux. Propos recueillis par Clara Le Quellec 7ARTE MAG N°52. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 DÉCEMBRE 2018



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