Arte Magazine n°2018-50 8 déc 2018
Arte Magazine n°2018-50 8 déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-50 de 8 déc 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : experts à la carte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°50. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 DÉCEMBRE 2018 10 La paix en partage Le 5 octobre 2018, le prix Nobel de la paix a récompensé deux personnalités pour leur vigoureux combat contre les violences sexuelles utilisées comme armes de guerre  : un médecin qui, depuis trente ans, « répare » les victimes de viols, et une femme yézidie martyrisée par Daech, qui témoigne des horreurs subies par son peuple. Portraits de Denis Mukwege et Nadia Murad. Denis Mukwege Si l’expression « arme de destruction massive » a, depuis l’invasion de l’Irak en 2003, été entachée d’une suspicion tenace sur la légitimité de son utilisation, cet homme a, bien malgré lui, su rendre à ce terme sa terrible signification. À chacune des tribunes qui lui sont offertes depuis plus de dix ans, le docteur Denis Mukwege n’a de cesse de dénoncer sous ce terme les viols de guerre systématisés et planifiés dans la région des Grands Lacs africains, entre Rwanda, Burundi et son Congo natal. Face à cette « stratégie bon marché mais terriblement efficace » de destruction des familles, des communautés, et donc, de tout un peuple, ce gynécologue s’est donné pour mission de « réparer » les victimes de ces atrocités « auxquelles aucun chirurgien ne s’habitue ». Un sacerdoce né de la constatation, à l’orée des années 1990, de l’absence de médecin dans sa province instable du Kivu, où il s’installe immédiatement après l’obtention de son diplôme en France. Il y fonde l’hôpital de Panzi, où il a survécu au massacre par l’armée congolaise d’une partie de ses patients et de son équipe en 1996. C’est à Panzi que sa réputation grandit, tant parmi les victimes, qui l’adulent, que chez ses puissants ennemis, qui tenteront de l’assassiner en 2012 devant son domicile. Le chirurgien ne doit la vie qu’à son gardien, tué pour s’être interposé, et à ses voisins qui ont mis en fuite les miliciens. Ce sauvetage miraculeux l’oblige à un court exil en Belgique, avant un retour triomphal sur ses terres, après la mobilisation des femmes de la région. Aujourd’hui protégé dans son activité par une escorte des Nations unies, ce fils de pasteur évangélique, devenu médecin pour compléter l’assistance spirituelle qu’apportait son père aux populations, n’abandonne cette zone de guerre que pour recevoir les distinctions internationales les plus prestigieuses, telles que le prix Sakharov en 2014, préfigurant le Nobel de la paix 2018, et s’en servir de porte-voix pour livrer des témoignages vibrants d’humanité et d’une colère jamais tarie. THIERRY MICHEL
RYOT FILMS Nadia Murad Nadia Murad, 25 ans à peine, est la seconde plus jeune nobélisée de l’histoire de l’institution. Aujourd’hui délivrée d’un calvaire de plusieurs mois – elle fut réduite en esclavage sexuel par Daech – grâce à sa courageuse évasion, son long chemin clandestin vers la liberté et l’asile politique qu’elle a trouvé en Allemagne, la jeune yézidie née dans le nord de l’Irak, qui rêvait d’ouvrir un institut de beauté dans son village désormais détruit, a fait une force de sa blessure. Depuis plus de trois ans, elle prend la parole sur les scènes diplomatiques les plus influentes pour interpeller le monde sur le sort de la minorité chrétienne massacrée à laquelle elle appartient. Son but  : faire reconnaître officiellement l’extermination de son peuple comme un génocide et, à terme, permettre le jugement de ce crime contre l’humanité. Avec l’aide de la médiatique avocate libano-américaine Amal Clooney (épouse du non moins célèbre George), qui la soutient dans son combat, elle a tenu un puissant discours à la table du Conseil de sécurité des Nations unies en décembre 2016, avant d’être nommée ambassadrice de bonne volonté de l’institution. Un poste honorifique de vigie d’une tragédie, au cours de laquelle certains de ses frères et sa mère ont été assassinés, tandis que trois autres frères et une sœur sont encore retenus dans un camp de réfugiés. Dans un étonnant parallélisme des destins, Nadia Murad a reçu aussi le prix Sakharov, deux ans après Denis Mukwege, avant ce double prix Nobel de la paix. Cet honneur peut paraître dérisoire au vu des épreuves traversées. C’est néanmoins une étape cruciale dans sa reconstruction, qui peu à peu prend forme, à travers l’écriture d’un livre sur son parcours tragique (Pour que je sois la dernière, paru chez Fayard), ainsi que l’annonce il y a quelques mois de ses fiançailles avec un jeune militant de la cause yézidie. Augustin Faure Dimanche 9 décembre à 23.00 et 23.55 L’homme qui répare les femmes Le combat de Nadia Murad Lire page 15 Ce double prix Nobel sera remis aux lauréats, à Oslo, le 10 décembre le lendemain de la diffusion des deux documentaires. ARTE MAG N°50. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 DÉCEMBRE 2018 11



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