Arte Magazine n°2018-48 24 nov 2018
Arte Magazine n°2018-48 24 nov 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-48 de 24 nov 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : au nom du père.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°48. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 NOVEMBRE 2018 6 Talentueux scénariste danois, Adam Price (Borgen) revient avec Au nom du père, une série qui questionne la spiritualité et la transmission à travers une famille de pasteurs. Il était une foi Jeudi 29 novembre à 20.55 Série Au nom du père (1-3) Saison 1 Lire page 22 Adam Price Quelle a été l’origine de ce projet ? Adam Price  : Alors que j’écrivais la dernière saison de Borgen, la chaîne de télévision DR m’a demandé une nouvelle série. Borgen fut une expérience incroyable, car nous avions réellement l’impression de participer au débat politique en cours dans la société danoise. En tant que télévision de service public, DR attend des récits complexes sur des sujets d’envergure et j’ai immédiatement pensé à la religion, thème qui m’a toujours intéressé. Je crois que la religion est redevenue un facteur politique important ces vingt dernières années, avec la place qu’elle occupe, y compris en France. Au nom du père essaie d’élargir la question en examinant le pouvoir de la foi dans nos vies. Grand théologien danois du XX e siècle, Hal Koch, qui a été une de nos sources d’inspiration, disait que « la démocratie est une conversation entre les gens ». Avec cette série, nous souhaitons inciter les spectateurs à débattre de la religion, car nous devrions être fiers de pouvoir aborder les sujets les plus épineux dans nos démocraties, quand dans bien des pays, on ne peut exprimer ses opinions sans se retrouver en prison. Êtes-vous croyant ? Non, je me considère plutôt comme un athée avec une forte curiosité et je voulais essayer de comprendre ce qu’est la foi religieuse, sans être dans le jugement. J’ai monté une équipe de scénaristes de croyances différentes. Celle qui m’a suivi tout au long de l’écriture des deux saisons, Karina Dam, est par exemple une fervente chrétienne. Il était très important pour moi de dresser un portrait nuancé des croyants et du monde de la foi dans lequel ils évoluent. Je ne pense pas que ce portrait aurait été tout à fait conforme à la réalité si l’équipe n’avait été constituée que d’athées. Quel est le rapport à sa foi de votre personnage principal, un pasteur ? Créer le personnage de Johannes a été le fruit d’une formidable collaboration entre l’équipe de scénaristes, l’acteur Lars Mikkelsen, le réalisateur principal Kaspar Munk et les monteurs. Nous souhaitions emmener Johannes vers les extrêmes, tout en préservant son humanité. La télévision TINE HARDEN/AGNETE SCHLICTKRULL
d’il y a vingt ou trente ans présentait des profils plus conventionnels que les séries d’aujourd’hui, qui n’ont quasiment plus de barrières quand il s’agit de créer un personnage monstrueux. Johannes est maniaco-dépressif, alcoolique, infidèle, il se bat en permanence contre ses propres démons, il refuse d’être un monstre, mais ne cesse de reproduire les mêmes erreurs, ce qui le frustre. Pourquoi Dieu ne l’aide-t-il pas à devenir meilleur ? Il se débat avec son surmoi, qui est peut-être bien Dieu, en fait. C’est en tout cas une façon d’interpréter la présence de Dieu dans sa vie. L’autre sujet de votre série, c’est la famille, l’histoire d’un père, d’une mère, de leurs fils, et la trajectoire d’un couple... Après Borgen, qui était d’une certaine façon un projet féministe, j’avais envie d’aborder la relation père-fils, le versant masculin de la famille. Souhaitant dans le même temps écrire sur la religion, j’ai réalisé que ces deux ambitions se rejoignaient parfaitement. Les religions monothéistes ont en commun d’être patriarcales et il y a beaucoup de pères et de fils dans la Bible. Les deux thèmes s’entrecroisent. Nous nous sommes inspirés de nombreux récits bibliques tout au long de l’écriture ; les plus présents dans la série sont probablement celui de Caïn et Abel, ainsi que celui d’Abraham et de son fils Isaac  : est-il prêt à sacrifier son propre enfant pour plaire à son Dieu ? Ce n’est pas tout à fait le cas de Johannes, mais on peut se demander jusqu’où ce dernier est prêt à aller pour préserver la longue lignée – dix générations ! – de pasteurs dont il est issu. Si cela signifie que ses fils vont devoir souffrir autant qu’il a souffert, il en sera ainsi. Quels sont vos projets ? Borgen était une série sur les femmes et leur accès au pouvoir. Au nom du père traite du déclin du pouvoir masculin. Voyons si je parviens à faire quelque chose de plus égalitaire dans ma prochaine série. Propos recueillis par Marie Gérard Lars Mikkelsen « Un homme en colère » Comédien comme Mads, son frère cadet, Lars Mikkelsen s’est illustré dans les séries House of Cards, The Team et… Borgen. « Johannes est un personnage passionnant, d’une ambivalence très humaine, un excellent pasteur qui se comporte de façon lamentable dans sa vie privée. En tant que père, il est horrible. En tant qu’époux aussi. Je lui ai inventé un passé, celui d’un jeune homme artistiquement doué qui aurait souhaité devenir peintre, mais dont le père a étouffé le talent afin qu’il soit pasteur comme lui. Une frustration qui en a fait un homme en colère. Ce fut une chance unique de jouer un rôle aussi exigeant, une expérience totale, la plus proche de l’interprétation d’une pièce de Shakespeare qu’il m’ait été donnée de vivre, moi qui vénère le théâtre et dont la formation s’est faite sur les planches. On ne voit pas tous les jours une telle série ! » ÉDITIONS La série sera disponible en coffret DVD/Blu-ray et VOD à partir du 26 novembre. 7ARTE MAG N°48. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 NOVEMBRE 2018



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