Arte Magazine n°2018-45 3 nov 2018
Arte Magazine n°2018-45 3 nov 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-45 de 3 nov 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : ad vitam.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°45. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 NOVEMBRE 2018 6 Thomas Cailley a été révélé par Les combattants, premier film couronné par un succès critique et public. Avec Ad vitam, série en forme de polar métaphysique aux envolées oniriques, il réaffirme son goût pour le mélange des genres et poursuit une réflexion sur la place de la jeunesse dans notre société. Entretien. Thomas Cailley, sur le tournage d’Ad vitam. Jeudi 8 novembre à 20.55 Série Ad vitam Lire page 22 Une vie sans fin Le monde d’Ad vitam n’a pas de fin, mais peutêtre pouvez-vous décrire sa naissance ? Thomas Cailley  : L’espérance de vie en France est de quatre-vingt-deux ans, bien au-delà de la limite biologique qu’on pensait infranchissable il y a quelques décennies. Avec mon coauteur Sébastien Mounier, nous nous sommes intéressés à cet allongement de la vie et aux promesses parfois déraisonnées qu’il suscite, jusqu’aux prophéties effrayantes du courant transhumaniste qui considère la mort comme une anomalie, une maladie à vaincre… Nous nous sommes posé cette question simple  : si demain il existait une solution pour repousser la mort, en vente libre en pharmacie, qui la refuserait ? Nous voulions que la régénération devienne pour chacun un choix moral, personnel et libre, qui débouche sur des enjeux vertigineux  : un homme qui ne vieillit pas est-il encore humain ? La vie sans fin a-t-elle un sens ? La question qui nous intéressait le plus était celle de la transmission  : quelle place donner aux jeunes générations dans un monde où l’on ne meurt plus ? En ce sens, Ad vitam parle aussi du monde d’aujourd’hui  : une société qui essaie de faire de la jeunesse sa priorité, sans parvenir à lui donner sa place. La série s’apparente à un voyage… Nous sommes partis des personnages. Qui est Darius ? En quoi a-t-il besoin de Christa ? Sont-ils capables de se transmettre quelque chose ? L’intrigue policière est venue s’enrouler autour de leurs trajectoires. C’est la raison pour laquelle toutes les « règles » de ce nouveau monde ne sont pas données d’emblée. Nous voulions que l’aventure soit immersive  : un mal est tapi au creux de cet environnement, mais il met longtemps à montrer son vrai visage. Darius et Christa avancent dans l’inconnu, traversent des univers inquiétants, parfois décalés... Leur enquête prend la forme d’une quête initiatique, à la fois viscérale et existentielle. Au fil de leur parcours, le récit IVAN MATHIE
IVAN MATHIE policier s’hybride avec d’autres genres  : le thriller, le fantastique, le road-movie, le récit d’aventure... Pourquoi avoir confié à Yvan Attal le rôle de Darius ? À 119 ans, Darius est à un moment charnière de sa vie  : il est flic depuis trop longtemps, il va se reconvertir mais sans réelle conviction. Il commence à s’interroger sur les bienfaits de l’immortalité… On sent qu’il attend quelque chose, une histoire qui donne un sens à sa vie. Pour l’incarner, il fallait quelqu’un qui porte la trace des expériences vécues, mais aussi une forme de candeur, qui suggère la possibilité d’un recommencement. Yvan a tout cela. C’est aussi un acteur physique d’une grande précision. C’est important dans une histoire où beaucoup de choses passent par le regard du personnage. Pendant l’écriture, j’avais en tête le personnage de Scottie dans Vertigo. Darius perd progressivement prise sur le réel, et fait l’expérience d’un gouffre existentiel. Yvan donne à cet abandon une grâce et une intensité qui m’ont impressionné. Le personnage de Garance Marillier est un peu comme une cousine de l’héroïne de votre précédent film, Les combattants. Oui, son rapport au monde est plutôt radical ! Dans Les combattants, Madeleine (Adèle Haenel) essaie de survivre à une planète qui court à sa perte. Là, c’est l’inverse  : l’humanité a trouvé le secret de l’éternité et Christa n’aspire qu’à mourir. Garance s’est imposée dès qu’on l’a vue. Ce que je trouve beau chez elle, c’est son instinct, sa détermination. Son jeu est très « engagé » et elle est capable de passer du tragique au burlesque, de la grâce à la maladresse ou à la brutalité avec une facilité désarmante. La caméra capte immédiatement la force de son regard. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène Yvan Attal « Une enquête policière existentielle » « Le polar est un genre que j’affectionne, car dans toute enquête policière, il y a une quête de sens. J’aime la force dramatique, le suspense que portent ces histoires. Derrière cette intensité, il y a toujours une part de l’âme humaine qui se révèle. Le sujet d’Ad vitam est intemporel. Le conflit des nouveaux avec les anciens a lieu à toutes les générations. À 15 ans, à 20 ans, quand on devient soi-même parent… on se bagarre pour trouver sa place. Vivre l’éternité ? C’est là où je ne rejoins pas mon personnage ! Rester plus de quatre-vingt-dix ans dans un commissariat de police, ça ne me ressemble pas trop. Dans le monde d’Ad vitam, j’aurais probablement connu plusieurs reconversions. Je ne crois pas que je serais resté acteur ou réalisateur pendant un siècle… En même temps, ce serait l’occasion de voir à quel point j’aime mon métier. » 7ARTE MAG N°45. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 NOVEMBRE 2018



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