Arte Magazine n°2018-44 27 oct 2018
Arte Magazine n°2018-44 27 oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-44 de 27 oct 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : cap sur le futur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
ARTE MAG N°44. LE PROGRAMME DU 27 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2018 8 Quand une jeune écrivaine de 18 ans imagine un conte gothique immortel qui met en scène le docteur Frankenstein et sa créature... Genèse du roman fondateur de la science-fiction moderne. Mercredi 31 octobre à 23.05 Documentaire Le funeste destin du docteur Frankenstein Lire page 21 Mary Shelley ou la création d’un genre Il n’y eut pas d’été en 1816. Suite à une gigantesque éruption volcanique à l’autre bout du monde, le ciel de l’Europe, considérablement obscurci, devint le théâtre de violentes tempêtes, comme celle durant laquelle Mary Shelley est mise au défi par Lord Byron de créer une histoire d’épouvante... Un cadre apocalyptique idéal. Publié deux ans plus tard, en 1818, le Frankenstein de Mary Shelley est nourri de cette ambiance gothique, tout comme du tragique de sa vie personnelle. L’écrivaine a perdu sa mère peu après sa naissance, avant de perdre sa fille, morte en 1815, quelques jours après sa venue au monde. Des deuils qui nourrissent une œuvre à lire intégralement sous le prisme de la filiation. LES FRONTIÈRES DE LA MORT Le siècle de Mary Shelley force au rapprochement entre le docteur Frankenstein et le mythe antique de Prométhée, très en vogue à l’époque, comme le signale son sous-titre oublié, Un Prométhée moderne. Le début du XIX e siècle voit émerger la médecine moderne. Le corps est envisagé comme une mécanique à déconstruire, et donc possiblement à créer de toutes pièces. À l’époque, les étudiants en médecine n’hésitent pas à visiter les cimetières voisins, déterrant des cadavres anonymes pour mener leurs expériences... Parallèlement, l’essor de l’électricité ouvre un nouveau champ d’exploration  : peut-on, comme tente de le prouver le scientifique Giovanni Galvani, animer un corps grâce à des impulsions électriques, et le ramener à la vie ? Nourri de ces influences, le docteur Frankenstein s’arroge par la science les pouvoirs du divin, causant sa propre perte et celle de sa créature. Si elle a, pour un temps seulement, repoussé les frontières de la mort, l’œuvre de Mary Shelley, elle, n’a pas pris une ride deux cents ans plus tard. François Pieretti Frankenstein, naissance d’un mythe Vivre les émotions de la créature imaginée par Mary Shelley pour voyager dans son univers, somptueusement recréé en animation, et lui forger un destin, telle est la proposition d'un nouveau jeu vidéo créatif coproduit par ARTE France et La Belle Games, et disponible en 2019. Dès le 24 octobre, ARTE vous invite en avant-première à découvrir en ligne son préquel, Frankenstein, naissance d'un mythe. Une expérience interactive de quinze à vingt minutes, qui met en scène la genèse du roman, dévoile l'univers visuel du jeu et permet de se glisser successivement dans la peau de la romancière et de son personnage. arte.tv/frankenstein RUE DES ARCHIVES/DILTZ
MORGANE PRODUCTION Dans Picasso, Braque & Cie – La révolution cubiste, Frédéric Ramade dévoile la fascinante histoire d’un mouvement qui a transformé l’art moderne. Entretien avec Ariane Coulondre, conservatrice et commissaire de l’exposition « Le cubisme » à Beaubourg. « Le cubisme a renouvelé notre vision du monde » Dimanche 28 octobre à 17.35 Documentaire Picasso, Braque & Cie La révolution cubiste Lire page 13 En partenariat avec BeauxAs m Ine L’exposition « Le cubisme » a lieu au Centre Pompidou du 17 octobre au 25 février 2019. MORGANE PRODUCTION En 1907, lorsque le cubisme émerge, quel est le mouvement dominant ? Ariane Coulondre  : Sans conteste l’impressionnisme qui, trente ans plus tôt, faisait scandale. De nombreux cubistes comme Georges Braque, Pablo Picasso, Fernand Léger ou Robert Delaunay passent d’abord par une phase néo- impressionniste. À partir de 1906-1907, les jeunes artistes cherchent des contre- modèles aux formes classiques qu’ils considèrent épuisées. Paul Cézanne, auquel le Salon d’automne consacre une rétrospective en 1907, montre une voie différente. Sa touche ne relève plus du divisionnisme de la couleur, comme pour l’impressionnisme, mais plutôt de la déconstruction du motif. Le travail se concentre sur la forme, sa simplification et sa géométrisation. Les artistes cubistes suivent aussi l’exemple de Paul Gauguin, et se passionnent pour les arts dits primitifs, en particulier les masques et statues d’Afrique et d’Océanie. L’exposition montre que le cubisme ne se limite pas à Braque et Picasso... Picasso et Braque sont à l’origine des inventions les plus radicales, en particulier le collage, les papiers collés et les constructions. Mais à l’époque, leurs œuvres sont pratiquement invisibles, connues uniquement par les artistes et poètes qui fréquentent la galerie de Daniel-Henry Kahnweiler. La première reconnaissance publique du cubisme a lieu au Salon des indépendants de 1911, avec des artistes comme Albert Gleizes, Jean Metzinger, Robert Delaunay, Fernand Léger ou Henri Le Fauconnier. Apollinaire les défend contre une critique majoritairement hostile. L’exposition montre que ces « cubistes des Salons », souvent qualifiés à tort de « suiveurs », sont en réalité des artistes majeurs du XX e siècle. Parmi ceux qui exposent dans ces salons figurent notamment Francis Picabia, Marcel Duchamp, Piet Mondrian, Kazimir Malevitch, Constantin Brancusi, Marc Chagall, etc. Ce foisonnement, parallèle aux inventions de Braque et de Picasso, explique la constitution du cubisme. C’est en réalité toute une génération d’artistes qui, en quelques années, réinvente la peinture et la sculpture. Qui sont les héritiers du cubisme ? Ce mouvement est la source de tout l’art moderne, comme le reflètent les œuvres de Mondrian et de Malevitch qui iront jusqu’à l’abstraction. Les ready-made de Duchamp et de nombreuses œuvres surréalistes montrent aussi la postérité de l’utilisation de l’objet dans la sculpture, dont la paternité revient à Picasso. Le cubisme a renouvelé notre perception du monde, car il a su traduire la fragmentation du visible liée à la vitesse des moyens de transport, au cinéma, à toutes ces sensations qui s’additionnent et qui font qu’il n’existe désormais plus de point fixe. Propos recueillis par Laure Naimski ARTE MAG N°44. LE PROGRAMME DU 27 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2018 9



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :