Arte Magazine n°2018-35 25 aoû 2018
Arte Magazine n°2018-35 25 aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-35 de 25 aoû 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Starbucks sans filtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 25 AU 31 AOÛT 2018 8 Coup de projecteur sur l’incroyable destinée posthume de l’œuvre photographique d’une inconnue, devenue célèbre grâce au brillant documentaire des réalisateurs Charlie Siskel et John Maloof, acclamé à la Berlinale en 2014. L’énigme Vivian Maier Dimanche 26 août à 23.35 Documentaire À la recherche de Vivian Maier Lire page 14 Lorsque John Maloof, jeune agent immobilier reconverti en historien de la ville de Chicago, achète en 2007 lors d’une vente aux enchères un lot de plusieurs boîtes de négatifs, il n’a aucune idée de l’ampleur de la découverte artistique qu’il vient de faire. Ces clichés d’hommes, de femmes et d’enfants saisis dans des univers urbains révèlent un sens du cadrage digne des plus grands noms de la street photography, comme Helen Levitt, Lisette Model ou Robert Frank. Ils ont été réalisés par une inconnue du nom de Vivian Maier, qui exerça pendant plus de trente ans le métier de nounou, de New York à Chicago, avant de mourir en 2009 dans la précarité, à l’âge de 83 ans. On ne lui connaît ni famille ni amis. John Maloof se lance alors dans d’ambitieuses recherches sur cette femme-mystère, auquel il a consacré, avec Charlie Siskel, en 2014, un passionnant documentaire plébiscité à la Berlinale et couvert de récompenses. Maloof acquiert d’innombrables clichés et pellicules couleur ou noir et blanc non développées, qui constituent aujourd’hui le Fonds Maloof, associé avec la galerie new-yorkaise Howard-Greenberg afin de financer le développement de nouveaux tirages, après le refus du MoMA. Car si collectionneurs et galeristes s’arrachent aujourd’hui les photographies de Vivian Maier, qui se vendent entre 1000 et 10 000 euros, les institutions publiques se montrent réticentes face à une œuvre qui ne comprend quasiment pas de tirages d’époque et dans laquelle l’artiste n’a pas effectué de tri. DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE Déterminé à valoriser le travail de Vivian Maier, John Maloof a créé une bourse d’études à son nom et publié trois livres sur le sujet. En 2017, un quatrième ouvrage, une biographie signée AnnMarks, éclaire l’enfance chaotique de la nounou-photographe. Née à New York d’un père autrichien, alcoolique et absent, dotée d’un frère schizophrène et criminel, elle grandit ballotée auprès d’une mère française, originaire de la vallée du Champsaur dans les Hautes-Alpes, où mère et fille iront vivre entre 1932 et 1938. En France, l’association « Vivian Maier et le Champsaur » contribue depuis 2011 à la reconnaissance posthume de la photographe dans l’Hexagone, proposant des circuits autour des lieux immortalisés par la petite-cousine d’Amérique dans les années 1950. Les scènes de rue ou les autoportraits malicieux de la Mary Poppins au Rolleiflex attirent un public croissant lors d’expositions qui se multiplient de par le monde, faisant grimper la cote de l’artiste. Les héritiers se bousculent, tels que Francis Baille, retraité de Gap, auteur d’une action en justice en 2014 à Chicago pour faire reconnaître ses droits sur cet héritage miraculeux. Des recherches généalogiques poussées dénombraient en juin 2018 pas moins de dix donataires potentiels. Ironique postérité que celle des photographies prises par cette femme solitaire, qui n’aura pas cherché de son vivant à faire connaître la valeur de son regard, pourtant aussi singulier que celui de sa contemporaine Diane Arbus. Marie Gérard VIVIAN MAIER COLLECTION JOHN MALOOF COURTESY HOWARD GREENBERG GALLERY, NEW YORK/
MTPTBC De gauche à droite  : Stewart Copeland, Sting, Henry Padovani Vendredi 31 août à 22.25 Documentaire Rock’n’Roll of... Corse ! Lire page 25 « Un Corse tombé du ciel » « Quel autre guitariste français a joué avec The Police, The Blockheads (le groupe de Ian Dury) et The Clash ? », remarque Topper Headon, le batteur des Clash, à propos de son ami Henry Padovani. En 1977, dans le Londres bouillonnant du punk, ce fils de pieds-noirs venu de Corse fut l’homme le mieux renseigné de la scène émergente, au point que le magazine City Limits l’avait élu « meilleur fixeur de la ville ». Baragouinant à peine trois mots d’anglais, Henry Padovani deviendra pourtant vite un indispensable compagnon de route, autant qu’un excellent rabatteur – on loue son charme irrésistible. Quinze jours après avoir débarqué à King’s Cross, le 16 décembre 1976, le guitariste se lie avec un batteur américain nommé Stewart Copeland. C’est là, sur le toit de son squat, au 26 Green Street, que sera bientôt réalisée la toute première photo officielle du groupe The Police, pour le 45 tours Fall Out. On connaît la suite. À la demande de Sting, Andy Summers, un autre guitariste plus expérimenté, sera engagé. « Il fallait que je quitte le groupe pour qu’ils puissent continuer », relate Henry Padovani dans le documentaire qui lui est consacré, Rock’n’Roll of… Corse !. « Sur le moment, c’est comme en amour, on se dit qu’on va trouver mieux. » CAMÉLÉON Même si aujourd’hui Henry Padovani reste lié à la genèse du groupe mythique – qui l’invita à le rejoindre sur scène en 2007, au Stade de France –, le Corse a par la suite multiplié les casquettes. Après l’épisode The Police, on le retrouve dans le groupe Wayne County and the Electric Chairs, qui engage à l’époque Sting et ses amis pour ses premières parties. Il accompagne ensuite une jeune bombe prête à exploser, la chanteuse Kim Wilde, avant de fonder en tant que leader un Le cofondateur du groupe The Police, Henry Padovani, a été de toutes les aventures musicales, à Londres comme ailleurs. Portrait d’une référence du punk rock des années 1980, racontée dans un passionnant documentaire. groupe avec, entre autres, d’anciens membres des Sex Pistols. Sur les conseils du manager de The Police, Miles Copeland, l’ancien fixeur des clubs de Londres devient aussi dénicheur de talents au sein du label naissant IRS. Les années 1980 lui doivent énormément  : Fine Young Cannibals, REM, Bangles… Et quand Zucchero aura besoin d’un manager, c’est vers Henry Padovani que le chanteur italien se tournera. Après s’être occupé des autres pendant de longues années, l’artiste enregistre en 2006 son premier album solo. Trente ans après, tous ses anciens copains, de Sting à Stewart Copeland, répondent présents à l’invitation. Personne n’avait oublié ce que chacun devait à ce « Corse tombé du ciel », qui avait, comme tant d’autres, répondu au London calling. Ludovic Perrin ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 25 AU 31 AOÛT 2018 9



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