Arte Magazine n°2018-20 12 mai 2018
Arte Magazine n°2018-20 12 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-20 de 12 mai 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Mustang.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°20. LE PROGRAMME DU 12 AU 18 MAI 2018 8 Anjelica Huston, l’Irlandaise Actrice dans Gens de Dublin (1987),l’ultime et magnifique film de son père John, adapté du livre éponyme de James Joyce, Anjelica Huston « raconte » le grand homme des lettres irlandaises dans un documentaire. Entretien. Dimanche 13 mai à 22.55 Documentaire Anjelica Huston raconte James Joyce Lire page 13 Anjelica Huston Avez-vous lu intégralement l’Ulysse de Joyce, ce fameux et scandaleux monument de la littérature mondiale ? Anjelica Huston  : Je dois dire que ça m’a pris un certain temps d’en venir à bout, et en fin de compte, oui, j’y suis arrivée. Mais il y a longtemps de cela ! C’est un livre très difficile à lire d’une traite. Certains passages s’apparentent à de la poésie. Il faut accepter de se laisser submerger par ces vagues de mots sans toujours en comprendre le sens. Née en Californie, vous avez grandi à Galway en Irlande, comme la Molly Bloom d’Ulysse et la Gretta des Morts, la nouvelle de Gens de Dublin que votre père a adaptée... James Joyce était un homme de la ville. C’est par sa femme Nora que ces « filles de Galway » ont trouvé place dans son œuvre. Mais le monde qu’il évoque, essentiellement le Dublin du début du XX e siècle, a peu en commun avec ma propre expérience de l’Irlande, provinciale et campagnarde, même si certains traits de discours, de caractères, restent universellement irlandais. Quand votre père vous a demandé d’interpréter Gretta, était-ce votre premier contact avec Joyce ? Je l’ai connu bien avant l’âge adulte, en raison du grand respect et de l’admiration de mon père pour Ulysse. Mais j’ai lu Les morts pour la première fois au travers du scénario de mon frère Tony. Mon père venait de se faire opérer des yeux et à l’hôpital, il m’a demandé de le lui lire à haute voix. Il adorait la nouvelle, qu’il jugeait l’une des plus extraordinaires de la littérature anglophone, et je suis d’accord avec lui. Le récit semble très simple, mais il procède d’une observation absolument brillante de la réalité humaine. Le basculement des dernières pages est incroyable  : l’histoire se transforme subitement et vous prenez conscience, comme le héros, des lignes de fuite de l’existence, de la place de chacun dans l’univers. Le microcosme de cette fête de Noël dublinoise devient l’outil d’une révélation universelle. C’est bouleversant. Vous dites dans le documentaire que ce film a représenté pour John Huston un acte d’amour total... En tout cas, il ne l’a pas fait pour l’argent ! Et il y a mis beaucoup de passion. Je ne peux dire si c’est parce qu’il se trouvait à la fin de sa vie ou parce qu’il avait nourri ce projet durant de longues années. Joyce a dû quitter sa terre natale pour la recréer dans ses livres. Est-ce que l’Irlande vous manque, à vous ? Mon cœur est irlandais pour toujours. Ma part la plus intime, mes premiers souvenirs, la couleur que je vois quand je ferme les yeux, la musique que j’aime sont irlandais. Et c’est là-bas que je voudrais être enterrée. Mais cela implique une forme de mélancolie profonde liée, je pense, à ce qu’est l’Irlande elle-même. L’aimer, c’est toujours aussi être un peu en deuil de ce pays. Propos recueillis par Lydia Evers RUE DES ARCHIVES
ARTLINE FILMS Dans son documentaire Iran, rêves d’empire ?, Vincent de Cointet enquête sur la montée en puissance de la république islamique au Moyen-Orient. Et montre pourquoi il est urgent de mieux comprendre ce qui s’y joue. Entretien. Iran, puissance paradoxale Mardi 15 mai à 20.50 Documentaire Iran, rêves d’empire ? Lire page 18 Vincent de Cointet Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la politique extérieure de l’Iran ? Vincent de Cointet  : Concernant ce régime très polarisant, il existe deux écoles de pensée politique. La première – celle des conservateurs américains – estime qu’il représente le mal absolu, et doit donc tomber. La seconde reconnaît que l’Iran joue un rôle perturbant dans l’équilibre des relations internationales, mais veut essayer de le comprendre et de travailler avec lui. Je ne prétends pas dire où se situe la bonne option, mais plutôt que de mettre ce pays en accusation, j’ai cherché à analyser les raisons qui font de lui un acteur si important au Moyen-Orient aujourd’hui. À mon sens, si ses dirigeants estiment que le Liban, la Syrie ou l’Irak représentent des intérêts stratégiques, c’est au nom de la survie de leur régime théocratique, soutenu par une frange minoritaire de la population. Avez-vous éprouvé des difficultés à tourner sur place ? Paradoxalement, il existe en Iran une scène politique assez variée, avec des débats par médias interposés. Le système politique iranien est clos, fermé sur lui-même, mais en son sein, les journaux d’opinion peuvent critiquer le président Rohani. Cela donne parfois lieu à des échanges très violents, comme lors des débats sur l’accord du nucléaire, où les gens se sont physiquement bagarrés en plein Parlement ! Même s'il n’est pas toujours simple de tourner dans un régime autoritaire comme celui-ci, où les médias, surtout occidentaux, ne sont pas forcément bien vus, nous avons pu interviewer aussi bien des universitaires et des journalistes que des politiques. Les Iraniens ont compris qu’ils avaient intérêt à exister dans la société médiatique d’aujourd’hui. Avant de partir, j’ai néanmoins attendu plusieurs mois mon visa, et sur place, notre équipe a été encadrée par un fixeur officiel, faisant office de guide, d’interprète et de... surveillant. Les manifestations qui ont éclaté en décembre dernier avaient-elles un lien avec la politique extérieure de l’Iran ? Les slogans portaient d’abord sur la corruption et la crise économique mais aussi, effectivement, sur la politique étrangère. Les Iraniens acceptent mal que le régime dépense tant d’argent en Syrie, au Yémen ou en Irak et si peu pour moderniser leur pays ou augmenter leurs salaires. Ils ont avalisé cette politique le temps de combattre Daech, et ne la soutiennent plus vraiment aujourd’hui. Mais le mouvement a été réprimé avec brutalité, avec un bilan de 25 morts. En France, le système se serait effondré aussitôt. Pas en Iran... Propos recueillis par Pascal Mouneyres ARTE MAG N°20. LE PROGRAMME DU 12 AU 18 MAI 2018 9



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