Arte Magazine n°2018-19 5 mai 2018
Arte Magazine n°2018-19 5 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-19 de 5 mai 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : le festival de Cate.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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lundi 7 mai ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 MAI 2018 16 20.55 Cinéma Cannes 2018 Blue Jasmine Après le suicide de son mari, Jasmine tente vainement de repartir de zéro à San Francisco. L’un des portraits de femme les plus sombres de Woody Allen, marqué par l’inoubliable composition de Cate Blanchett. TF1 INTERNATIONAL Tout s’écroule dans la vie de Jasmine. Son riche époux, un escroc à la Madoff, s’est pendu dans sa cellule. Humiliée et ruinée, elle quitte New York et se réfugie chez sa sœur Ginger, à San Francisco. Mais elle se sent à l’étroit dans son petit appartement, et lui reproche de n’aimer que les losers. Le nouveau petit ami de Ginger, Chili, un homme ombrageux et fou amoureux, ne fait que la conforter dans cette idée. Perturbée, Jasmine ressasse jusqu’à l’hébétude des souvenirs à la fois exaltants et traumatisants  : ses grandioses réceptions, son mari qui la couvrait de cadeaux, mais aussi les infidélités et les affaires louches sur lesquelles elle fermait les yeux... Malgré tout, elle caresse le vague rêve de devenir décoratrice d’intérieur. Elle finit par rencontrer un éblouissant diplomate, à qui elle préfère ne pas dévoiler son passé. GRANDE HÉROÏNE NÉVROSÉE Librement inspiré d’Un tramway nommé désir de Tennessee Williams, pièce à laquelle Woody Allen rendra un autre hommage dans Wonder Wheel, son dernier film en date, Blue Jasmine raconte l’inéluctable glissement dans la folie d’une femme brillante mais en plein déni, et esclave de la comédie sociale. Le personnage de Jasmine se situe dans la lignée des grandes héroïnes névrosées qu’affectionne le cinéaste – Charlotte Rampling dans Stardust Memories, Diane Keaton dans Annie Hall, Penélope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona... Sauf qu’à la différence de ses consœurs l’aliénation de cette femme solitaire, rétrogradée au bas de l’échelle après une existence de luxe, apparaît de façon crue, quasi scabreuse, sans le filtre romanesque d’un regard amoureux. Récompensée à plusieurs reprises pour ce rôle, Cate Blanchett, que la caméra ne lâche pas d’une semelle, livre une prestation stupéfiante  : perpétuellement sous tension, elle passe en un tournemain d’une aisance altière de femme du monde à la fébrilité la plus inquiétante. Meilleure actrice (Cate Blanchett), Oscars et Golden Globes 2014 Lire page 6 Film de Woody Allen (États-Unis, 2013, 1h32mn, VF/VOSTF) - Scénario  : Woody Allen, d’après Un tramway nommé désir de Tennessee Williams Avec  : Cate Blanchett (Jasmine), Alec Baldwin (Hal), Sally Hawkins (Ginger), Bobby Cannavale (Chili), Peter Sarsgaard (Dwight), LouisC. K. (Al), Charlie Tahan (Danny) - Production  : Gravier Productions, Perdido Productions
GIANNI FIORITO 22.35 Cinéma Cannes 2018 La grande bellezza Les déambulations d’un écrivain frivole dans une Rome à la fois décadente et d’une immortelle beauté. Après Il divo, une autre satire baroque de Paolo Sorrentino, teintée cette fois de mélancolie. Un splendide été à Rome. Jep Gambardella, 65 ans, continue de séduire. Son unique roman, L’appareil humain, a marqué les milieux intellectuels, mais il n’a plus rien écrit depuis. Devenu un journaliste en vue, il assiste distraitement à un tourbillon de mondanités dont il est la principale attraction. Seul le souvenir de son amour de jeunesse parvient encore à toucher son âme désabusée. INEPTIE ET INCANDESCENCE Bien sûr, on pense à la Dolce vita de Fellini, même si Paolo Sorrentino a prudemment refusé cette comparaison écrasante. Mais ce film à tiroirs, qui est aussi une déclaration d’amour à Rome et la satire d’une société italienne bouffie de berlusconisme, multiplie les références au maître, à commencer par la scène où Fanny Ardant enjoint au héros d’aller se coucher, comme Anna Magnani dans Fellini Roma. Cinq ans après l’éblouissant Il divo, prix du jury à Cannes en 2008 et mise en scène baroque d’un austère sujet – l’imperturbable et crapuleux sénateur Andreotti –, le réalisateur napolitain plonge avec le même brio et le même acteur, l’excellent Toni Servillo, au cœur de la frivolité romaine. Histoire d’un écrivain stérile qui renoue peu à peu avec l’inspiration sans renoncer à la débauche, La grande bellezza dérive avec art d’une fête inepte, mais incandescente, à une déambulation poétique sous l’ombre intimidante des édifices romains. Sélection officielle, Cannes 2013 – Meilleur film étranger, Oscars et Golden Globes 2014 Film de Paolo Sorrentino (Italie/France, 2013, 2h21mn, VF/VOSTF) - Scénario  : Paolo Sorrentino - Avec  : Toni Servillo (Jep Gambardella), Carlo Verdone (Romano), Sabrina Ferrili (Ramona), Carlo Buccirosso (Lello Cava), Iaia Forte (Trumeau) - Production  : Indigo Film, Medusa Film, Babe Film, Pathé, France 2 Cinéma 0.15 La lucarne La supplication Une transposition inspirée et poignante du livre écrit par Svetlana Alexievitch à partir des récits de victimes de la catastrophe de Tchernobyl. L’accident de la centrale soviétique Lénine, survenu il y a plus de trente ans, le 26 avril 1986, à Tchernobyl, en Ukraine, a été classé au niveau 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires, comme Fukushima en 2011. Il a fallu dix-huit jours pour éteindre le cœur du réacteur en fusion. Après les pompiers dépêchés sur le site, quelque 240 000 ouvriers « liquidateurs » venus de toute l’URSS ont travaillé sans protection adéquate à la décontamination des terrains. Des dizaines de milliers en sont morts, ou sont restés gravement handicapés. Les voix que l’on entend ici sont plurielles. Une femme pleure à jamais son époux, emporté par un cancer atroce. Un garçonnet leucémique se demande s’il va vivre, et comment. Un ancien responsable de la filière nucléaire soviétique est hanté par le « crime » commis par sa hiérarchie, qu’il a appelée en vain à protéger la population. D’autres ont perdu une petite fille, un père, ou élèvent un enfant lourdement handicapé... C’est à partir de leurs témoignages et de dizaines d’autres, recueillis dix ans après la catastrophe, que l’écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015, a composé une bouleversante méditation sur la souffrance, la dignité, la résistance humaines. RÉSONANCES Dans les paysages, urbains et bucoliques, qui entourent la centrale à l’arrêt, filmés dans la pleine lumière de l’été, le cinéaste Pol Cruchten fait résonner la beauté et l’universalité de leurs mots, grâce au concours de très nombreux acteurs, professionnels ou non, que l’on n’entend qu’en voix off. La paix intemporelle des images adoucit et amplifie à la fois la douleur de ce récit polyphonique en une puissante évocation non seulement de la tragédie intime et collective que représente Tchernobyl, mais aussi de notre lien à la nature, de la peur ou de la foi en l’avenir, de la croyance et de l’amour. Grand prix, Festival du film d’environnement 2016 Documentaire de Pol Cruchten (Luxembourg/Autriche, 2015, 1h23mn), d’après le livre éponyme de Svetlana Alexievitch - Avec  : Dinara Drourakova, Irina Volochina, Vitalyi Matvienko - Production  : Red Lion, KGP - (R. du 20/9/2016) LA HUIT PRODUCTION/JERZY PALACZ lundi 7 mai ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 MAI 2018 17



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