Arte Magazine n°2018-14 31 mar 2018
Arte Magazine n°2018-14 31 mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-14 de 31 mar 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Jeanne Moreau, l'affranchie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 31 MARS AU 6 AVRIL 2018 6 Incarnation de la femme libre et anticonformiste à l’écran comme dans la vie, Jeanne Moreau a fait tourner la tête de nombreux réalisateurs. Retour sur trois rencontres déterminantes pour l’actrice. Troublante égérie Lundi 2 avril à 22.30 Documentaire Jeanne Moreau L’affranchie Lire page 16 Louis Malle À 25 ans, ce jeune homme prometteur a déjà coréalisé le documentaire Le monde du silence avec le commandant Cousteau. Après dix ans de carrière au théâtre et au cinéma, Jeanne Moreau, 29 ans, ne se reconnaît pas dans le cinéma français traditionnel des années 1950. Louis Malle la filme déambulant dans les rues de Paris sur une partition de Miles Davis, le visage et les émotions à nu, dans un film noir mythique, Ascenseur pour l’échafaud (1958). Entre l’actrice et le cinéaste naît une passion qui irrigue leur film suivant, Les amants, objet de scandale. «C’est le premier film qui a été fait pour moi», dira Jeanne Moreau. Mais Louis Malle la quitte en 1958. Il lui offrira néanmoins un petit rôle dans son chefd’œuvre, Le feu follet, puis orchestrera son duo avec l’autre grande star française de l’époque, Brigitte Bardot, dans l’explosive comédie Viva Maria ! en 1965. François Truffaut Admirateur déclaré, le jeune critique écrivait en 1957 dans Les cahiers du cinéma qu’elle était «la plus grande amoureuse du cinéma français». Ils deviennent amis intimes, Jeanne fait notamment une apparition dans Les quatre cents coups et le cinéaste ne voit qu’elle pour jouer Catherine, une femme amoureuse de deux amis, dans Jules et Jim en 1962. L’actrice s’y montre éblouissante  : à la fois légère, drôle, fatale et tragique. Elle débute aussi une fructueuse carrière de chanteuse grâce au succès de la chanson Le tourbillon, de son ami Serge Rezvani, qu’elle interprète dans le film de Truffaut. Ce dernier vit une brève histoire d’amour avec son égérie quelques années plus tard avant de lui confier un rôle hitchcockien dans La mariée était en noir en 1967. Ils resteront proches, François se réfugiant souvent dans la maison de Jeanne à La Garde-Freinet. Orson Welles La toute jeune pensionnaire de la Comédie-Française y rencontre le réalisateur démiurge de Citizen Kane en 1951. S’ensuivra une amitié d’une fidélité sans faille jusqu’au décès de Welles en 1985. L’Américain en exil lui propose un petit rôle dans Le procès, d’après Kafka, en 1962, puis une partition shakespearienne dans son Falstaff (1965), où elle démontre sa parfaite maîtrise de l’anglais, la langue de sa mère, une danseuse britannique. Jeanne Moreau est surtout la troublante héroïne d’Une histoire immortelle, tiré d’un récit de Karen Blixen, que Welles tourne en couleur pour la télévision française en 1967. La star française joue aussi dans The Deep, un des nombreux films inachevés du génie mal-aimé d’Hollywood, dont elle louait la démesure créatrice, elle qui aura traversé plus d’un demi-siècle de cinéma éprise d’absolu et de liberté. Marie Gérard KEYSTONE-FRANCE
HERITAGE IMAGES - GETTY IMAGES Delacroix au Maghreb Diffusé à l’occasion de l’exposition Eugène Delacroix (1798-1863), qui se tient au musée du Louvre à partir du 29 mars, le film d’Arnaud Xainte témoigne de l’éblouissement du peintre face à cet Orient qu’il découvre. La fin d’un monde En 1832, deux ans après le début de la conquête française de l’Algérie, le roi Louis-Philippe charge le comte Charles-Edgar de Mornay d’une mission diplomatique auprès du sultan du Maroc Moulay Abderrahmane, pour obtenir le retrait des troupes marocaines soutenant la résistance algérienne. La mission, à laquelle le jeune émissaire convie Eugène Delacroix, sera couronnée de succès. Au retour, en escale à Alger, le peintre est confronté à la brutalité et aux ravages perpétrés par l’armée française. Dans son journal, il condamne ce qu’il nomme une barbarie. On peut aussi voir dans l’exceptionnel tableau Femmes d’Alger (1841), sous une nonchalance et une douceur trompeuses, la volonté de Delacroix de dénoncer les bouleversements imposés à une culture et à un mode de vie qui l’ont entièrement conquis. Beautés «antiques» Âgé de 34 ans en 1832, Eugène Delacroix a, selon sa propre expression, «du mal à secouer sa fiole». Sédentaire, il n’a pas voulu réaliser le «Grand Tour», ce voyage initiatique obligé qui permet aux jeunes esprits de son temps de découvrir les antiquités grecques et romaines. Son refus tient aussi à sa soif de nouvelles sources d’inspiration. C’est pourquoi il accepte de se rendre au Maroc, pays encore méconnu susceptible de les lui procurer. D’abord frappé par la simplicité et la noblesse des costumes, il est aussi ébloui par les couleurs, la beauté de l’architecture, le spectacle harmonieux de la vie quotidienne ou les pur-sang arabes, qui le fascinent tout autant que la fantasia. Il écrit dans son journal  : «Je suis dans ce moment comme un homme qui rêve et qui voit des choses qu’il craint de voir lui échapper.» Et évoquant «les Maures» qu’il dessine sans relâche  : «C’est en eux que j’ai vraiment retrouvé la beauté antique.» Pièces maîtresses Le voyage au Maroc de Delacroix représente une étape essentielle dans l’histoire de l’orientalisme alors naissant. Les croquis, aquarelles et dessins que le peintre exécute au vol et avec frénésie dans ses carnets sont les premières images – la photographie est encore balbutiante – à refléter fidèlement la vie locale. Ce travail d’ethnologue nourrira ensuite ses œuvres les plus remarquables, comme La noce juive (1841), scène humble et intimiste qui préfigure l’impressionnisme. Quelques jours avant sa mort, en 1863, le peintre achève Combat d’Arabes dans les montagnes, autre pièce maîtresse sur les quatre-vingts tableaux que lui inspirera au total sa découverte du Maghreb. Laure Naimski Femmes d’Alger, 1841. Dimanche 1er avril à 16.20 Documentaire Eugène Delacroix, d’Orient et d’Occident Lire page 13 7ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 31 MARS AU 6 AVRIL 2018



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