Arte Magazine n°2018-13 24 mar 2018
Arte Magazine n°2018-13 24 mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-13 de 24 mar 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Kupka, la révolution abstraite.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 MARS 2018 8 Itinéraire d’un enfant placé suit le parcours chaotique de Yanie, 14 ans, au moment où il est arraché à sa famille d’accueil. Rencontre avec la productrice Mélissa Theuriau, à l’initiative de ce documentaire d’une rare intensité. Mélissa Theuriau f Mardi 27 mars à 23.45 Documentaire Itinéraire d’un enfant placé Lire page 19 Nouveau départ Quelle a été la genèse de ce documentaire ? Mélissa Theuriau  : Ce film me tient à cœur depuis longtemps. J’ai rencontré Yanie lorsqu’il avait 10 ans et rendait visite à sa maman incarcérée à Rennes. Je produisais un documentaire consacré aux relations mère/enfant, pendant et après une période d’incarcération (L’absente, maman est en prison, réalisé par Hélène Lam Trong). En grandissant, Yanie souhaitait à nouveau exprimer son vécu mais sans apparaître flouté comme dans le précédent film. En parallèle, la réalisatrice Ketty Rios Palma projetait de réaliser un documentaire sur les familles d’accueil en s’inspirant de l’histoire de son père, un ancien enfant de la Ddass. Le film est né de ces deux désirs. Yanie a vécu plus de douze ans dans sa famille d’accueil. Est-ce une situation exceptionnelle ? Oui, cela arrive rarement. Selon les critères de l’Aide sociale à l’enfance, la durée de l’accueil ne dépasse pas cinq ans, afin de favoriser le retour de l’enfant chez ses parents. Dans le film, la séparation avec Myriam et Jacques s’avère violente car Yanie vit dans ce foyer depuis qu’il est bébé. C’est un arrachement pour lui. Mais leur départ à la retraite rappelle qu’ils sont d’abord des tuteurs, et Yanie n’oublie jamais qu’ils exercent un métier. Dans son carnet de bord, il écrit – comme pour ne pas confondre – qu’ils ne sont pas ses parents, qu’ils sont payés pour s’occuper de lui et qu’un jour il devra retrouver sa mère. Pourquoi avoir choisi de confier une caméra à Yanie ? Juste avant de quitter sa famille d’accueil, il écrivait beaucoup et nous montrait ses carnets. Nous étions impressionnées par sa capacité à formuler à l’écrit ce qu’il ressentait, alors qu’il n’y parvenait pas toujours à l’oral. Avec Ketty Rios Palma, nous avons eu l’idée de lui prêter une petite caméra pour qu’il puisse lire son journal quand il en avait envie. Par ce biais, nous suivions à hauteur d’enfant ce qui le touchait lors de cette étape décisive. Le film aborde des thèmes variés comme l’incarcération, l’insertion d’une mère, le rôle des familles d’accueil. Comment le résumeriez-vous ? C’est avant tout le récit d’émancipation d’un adolescent en pleine résilience. La réalisatrice pose cette question  : à quel moment commence-t-on à décider pour soi-même ? Yanie se voit confronté depuis son enfance à une foule d’adultes qui choisissent à sa place. Dans la scène d’ouverture, par exemple, il rencontre sa nouvelle famille d’accueil en présence de son ancienne famille d’accueil, de sa mère, de son éducateur et de la directrice du centre, mais il ne prend jamais la parole, alors que se joue un moment capital pour lui. Propos recueillis par Hélène Porret 416PROD
EFFIGIE/LEEMAGE À la fin des seventies, le pape de la chanson contestataire ne jure plus que par Jésus. Immersion dans l’une des pages les plus déroutantes de la saga Bob Dylan, à l’occasion d’un coffret live édité par Sony Music et d’un documentaire sur ARTE. L’évangile selon Dylan À l’époque, ce qu’il préférait faire, c’était chausser des lunettes noires, prendre sa voiture et embarquer un auto-stoppeur au hasard pour lui parler de Jésus. En 1979, le chanteur révèle à la stupéfaction générale sa conversion au christianisme. L’auteur de l’album Slow Train Coming, qui sort cette année-là, s’est laissé envoûter dans une chambre d’hôtel par le prêche télévisé d’un pasteur. Le chantre de la contestation se rend à l’église et se fait baptiser par immersion. Pour les fans, c’est un choc, comme pour une partie de sa communauté d’origine  : Bob Dylan, de son vrai nom Robert Zimmerman, a grandi dans une famille juive du Minnesota. Devenu le héraut de la protest song, il a souvent été pris pour un prophète, rôle qu’il a toujours refusé d’endosser. Mais Bob Dylan n’est jamais là où on l’attend. « SERVIR » Quatorze ans après avoir pris de court son auditoire, avec le virage électrique de l’album Bringing it All Back Home, l’ex-ange du folk clame son amour de Dieu au son des guitares de Mark Knopfler, leader du groupe de rock FM Dire Straits. Car chacun, clame-t-il en ouverture de Slow Train Coming, qu’il soit « accro au rock’n’roll […], homme d’affaires ou braqueur de haut vol », se doit de « servir » (« Gotta Serve Somebody »). Première pierre d’une trilogie chrétienne, l’album sera suivi de Saved, en 1980, et, en 1981, de Shot of Love, aux airs gospel. Paru à l’automne chez Sony Music et composé d’enregistrements live pirates et inédits, Bob Dylan, Trouble No More – The Bootleg Series Vol. 13 1979‐1981, un pavé de huit CD et d’un DVD – le documentaire que diffuse ARTE – permet de se plonger dans la tournée mémorable qui a accompagné ces opus inspirés par la grâce. Le film ressuscite la ferveur talentueuse du récent converti, flanqué de son chœur gospel, mais aussi les réactions désappointées d’une partie de son public. En 1983, toujours accompagné des riffs de Mark Knopfler, Bob Dylan s’extrait de sa bulle chrétienne avec l’album Infidels, mais ne se rallie pas moins, deux ans plus tard, à l’hymne œcuménique « We Are the World », destiné à lever des fonds pour soulager la famine en Éthiopie. Enfin en 2016, lorsqu’il boude la cérémonie qui, à Stockholm, lui décerne le prix Nobel de littérature, il se montre fidèle à son credo de toujours  : éviter, quoi qu’il arrive, de se prendre pour le Messie. Ludovic Perrin Vendredi 30 mars à 23.25 Documentaire Bob Dylan  : Trouble No More Lire page 25 ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 MARS 2018 9



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