Arte Magazine n°2018-13 24 mar 2018
Arte Magazine n°2018-13 24 mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-13 de 24 mar 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Kupka, la révolution abstraite.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 MARS 2018 6 « Étude pour Amorpha, fugue à deux couleurs » (1911-1912) En 1908, Kupka réalise diverses études d’après son propre tableau La petite fille au ballon, dans lesquelles il amorce ses recherches sur la décomposition du mouvement. Ballon, corps et visage disparaissent au profit des courbes et des trajectoires  : la figuration s’efface, la force circulaire devient un motif primitif qui va se répandre sous différentes formes. Le peintre veut composer son tableau comme Bach, pour lui un absolu artistique, écrivit ses fugues. Le bleu et le rouge s’imposent en tant que notes dominantes de ce faisceau de lignes, aboutissant en 1912 au premier tableau abstrait exposé dans l’histoire de la peinture  : Amorpha, fugue à deux couleurs. Dimanche 25 mars à 17.35 Documentaire Kupka Pionnier de l’art abstrait Lire page 13 « Plans par couleurs (Femme dans les triangles) » (1910-1911) À la croisée de la figuration et de l’abstraction, le modèle féminin semble dans cette œuvre à la fois s’estomper et se révéler. Les effets de transparence et la gradation des couleurs lui donnent une présence spectrale, accentuée par le tavelé de la toile. À l’époque où chronophotographie et rayons X se développent, Kupka invente un nouveau regard, sur un réel plus composite. Inspirés de l’Art nouveau découvert au sein de l’École de Vienne, qu’il a fréquentée, les plans verticaux rythment la lecture horizontale du tableau, marquant le passage du temps et de la lumière, de la pénombre à la clarté. Magique. Kupka l’inventeur À l’occasion d’une rétrospective au Grand Palais, un documentaire retrace l’œuvre étourdissante et tout en ruptures du peintre Frantisek Kupka, pionnier méconnu de l’abstraction. Retour en trois tableaux sur cette révolution artistique du XX e siècle. NIIIF47 -MF « Conte de pistils et d’étamines n°1 » (1919-1920) La nature, mais aussi le cosmos et les nouveaux mondes sont, pour cet amateur de spiritisme, des sources d’inspiration fondamentales. Synthèse ébouriffante et perspective vertigineuse marquent cette série de peintures évoquant la sexualité par le biais de la fécondation florale. Des formes féminines plus ou moins esquissées selon les toiles sont inséminées par un bourgeonnement de couleurs et des tourbillons de courbes. « Je peins des concepts, des synthèses et des accords », répétait celui qui revendiquait la liberté d’inventer des formes. Ici, la peinture s’émancipe des carcans classiques par la jouissance des couleurs et du mouvement. Pascal Mouneyres artPEDITIONS Kupka – Pionnier de l’art abstrait paraît en DVD le 3 avril. L’exposition Kupka, pionnier de l’abstraction s’ouvre le 21 mars au Grand Palais, à Paris. JEAN-CLAUDE PLANCHET/BERTRAND PRÉVOST/PHILIPPE MIGEAT/RMN-GP
HANI MOHAMMED/AP/SIPA/LUCAS RYBOJAD Dans Yémen, le chaos et le silence, le réalisateur et journaliste François- Xavier Trégan (Ashbal – Les lionceaux du califat, Les déserteurs de Daech) livre un témoignage exceptionnel sur une tragédie qui se joue pratiquement à huis clos. Yémen, la révolution confisquée François-Xavier Trégan Mardi 27 mars à 21.45 Documentaire Yémen, le chaos et le silence Lire page 18 Après deux films sur Daech, pourquoi avez-vous décidé de vous intéresser au Yémen ? François-Xavier Trégan  : Ce projet me tenait à cœur depuis longtemps. J’ai découvert le Yémen en 2007 et j’y ai vécu cinq ans en tant qu’envoyé spécial pour le journal Le Monde. J’ai pu assister en direct aux grandes étapes politiques qui ont eu lieu dans le pays, notamment le printemps arabe en 2011. On l’a oublié, mais cette révolution a d’abord bien fonctionné, avec la mise en œuvre d’une transition politique et de profondes réformes démocratiques. Ces idéaux n’ont pas survécu au début de la guerre civile, en mars 2015. Le pays se divise désormais en deux zones  : le Nord, tenu par les rebelles houthis, et le Sud, contrôlé par les forces gouvernementales. Avec, en coulisses, l’Iran et l’Arabie saoudite qui ont fait du Yémen une zone d’affrontement régional. La première intention de ce film était de raconter cette désillusion. Le pays est difficile d’accès pour les journalistes. Comment avez-vous procédé ? Il y a en effet un black-out sur la situation politique et humaine du Yémen dans la presse occidentale, car les deux forces principales verrouillent le pays. J’avais vraiment à cœur de pouvoir circuler dans les deux zones du conflit, ce qui était difficile en termes d’autorisation. On a finalement eu une opportunité inespérée  : celle de suivre Peter Maurer, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui traversait le pays pour une mission exceptionnelle. Nous avons dû respecter les contraintes sécuritaires liées au déplacement de cette personnalité de haut rang mais cela nous a permis de rencontrer les habitants, de filmer les destructions, d’aller dans des hôpitaux comme sur la ligne de front. Vous montrez l’impact très fort de ce conflit sur les civils… Ce road-movie, d’Aden à Sanaa, révèle un pays exsangue où les populations paient le prix fort, avec 1 million de personnes affectées par le choléra, 3 millions de déplacés et 70% des Yéménites menacés par la famine. Selon les Nations unies, il s’agit de la pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les quartiers résidentiels, les hôpitaux, les écoles, subissent régulièrement des bombardements, engendrant des dégâts civils colossaux. Aujourd’hui, le conflit s’enlise. Les Yéménites ne sont plus maîtres du jeu, et même s’ils voulaient en sortir, ils ne pourraient plus le faire seuls. La seule perspective est un engagement sérieux de la communauté internationale, qui manque pour l’instant. Propos recueillis par Laetitia Møller 7ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 24 AU 30 MARS 2018



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :