Arte Magazine n°2018-12 17 mar 2018
Arte Magazine n°2018-12 17 mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-12 de 17 mar 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : j'ai 2 amours.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°12. LE PROGRAMME DU 17 AU 23 MARS 2018. 8 L’histoire indisciplinée Médiéviste et professeur au Collège de France, Patrick Boucheron s’empare des dates ancrées dans la mémoire collective pour raconter l’histoire au travers d’une collection documentaire exigeante et vivante. Entretien. Samedi 17 mars à 16.30 Collection documentaire Quand l’histoire fait dates (1 & 2) Lire page 10 ÉDITIONS Disponible en coffret 2 DVD le 11 avril. Vous prenez comme points de départ les grandes dates. Pourquoi ? Patrick Boucheron  : Nous avons voulu partir de ce qu’il y a de plus familier, de plus enfantin même, dans notre rapport à l’histoire  : les dates que nous apprenons à l’école, parfois de manière rébarbative. Ainsi, le leitmotiv visuel de la série est une frise chronologique multicolore que nous nous proposons de désorganiser, d’« indiscipliner », en révélant des choses surprenantes sur des événements qu’on croit connaître. Mais au fond, il s’agit peut-être moins de raconter ces événements que de montrer la manière dont ils se construisent par la mémoire, et comment les historiens en relèvent les traces pour construire leurs intrigues. Chaque épisode s’apparente donc à une enquête et déploie la même grammaire  : nous convoquons un second historien pour porter une parole plus précise et documentée ; nous allons sur les lieux de l’événement et faisons un pas de côté pour mieux comprendre ; nous étudions un document, une source historique déterminants ; nous finissons par un tour du monde synchronique, dans une séquence appelée « Et pendant ce temps-là... » Comment avez-vous sélectionné les dix dates évoquées ? Nous tenions à ce que toutes les périodes soient visitées, de la plus ancienne, la mort d’Alexandre le Grand en 323 avant J.-C., à la plus récente, la libération, en 1990, de Nelson Mandela. Nous voulions aussi que ces dates embrassent la gamme des problèmes visuels et narratifs que la série peut susciter  : alors que la libération du leader sud-africain est documentée par des images d’archives, y compris télévisées, nous disposons à peine d’une iconographie pour reconstituer la crucifixion de Jésus. Y a-t-il, derrière ce projet, une volonté de lutter contre une instrumentalisation de l’histoire ? Dans chaque épisode, le narrateur − en l’occurrence, moi-même − fait part de ses doutes. À l’heure où sévissent les mésusages de l’histoire, des risques d’instrumentalisation, on pourrait trouver paradoxal de pointer ainsi la fragilité de l’opération historiographique. Je pense au contraire qu’on ne s’affaiblit pas en donnant à voir la méthode. L’attrait du public pour l’Histoire mondiale de la France * montre qu’il est possible d’exercer une pensée critique sans renoncer à l’allure entraînante des récits. Comment avez-vous abordé cette expérience télévisuelle ? La télévision peut être frustrante pour les historiens lorsqu’ils endossent le statut d’interviewé ou de conseiller historique. Ils viennent alors, à leur corps défendant si j’ose dire, apporter soit une caution, soit une voix à un chœur qu’ils n’orchestrent pas. Je tenais à être auteur de la série pour en maîtriser la narration. Même si ce n’était pas une volonté de ma part, j’apparais à l’écran parce que le téléspectateur a besoin de savoir qui lui parle, et parce que l’histoire relève de la science sans être dépourvue de point de vue. Pour la partie visuelle, j’ai fait confiance aux réalisateurs, et en premier lieu à Denis van Waerebeke. J’y ai appris que le sens pouvait s’exprimer autrement que par le texte  : par l’image, l’animation, le montage. Nous espérons que la collection, à la fois exigeante et ludique, donnera lieu à des déclinaisons pédagogiques. Propos recueillis par Manon Dampierre * Paru en janvier 2017 au Seuil, cet ouvrage collectif dirigé par Patrick Boucheron est un succès de librairie. LES FILMS D’IC COLLÈGE DE FRANCE
MARIAN ADREANI-LIGHT Réputé pour ses adaptations iconoclastes de Shakespeare et l’audace de ses mises en scène, Peter Brook a profondément renouvelé le genre théâtral. Retour sur le parcours d’un maître auquel ARTE rend hommage à l’antenne et sur le Web. Peter Brook Grand sorcier de la scène La vocation précoce, Peter Brook signe à 17 ans, en 1942, sa première mise en scène, The Tragical History of Doctor Faustus, de Christopher Marlowe, à Londres. Le début d’une carrière prolifique – une centaine de pièces et d’opéras – marquée par l’obsession de la rupture et l’exigence du renouveau. Grand prêtre de Shakespeare, qu’il définit comme un « gratte-ciel », Peter Brook ne cessera de revisiter le répertoire du plus célèbre dramaturge, imposant une vision stylisée de pièces auparavant jouées en pourpoints élisabéthains. Dans les années 1970, ce diplômé d’Oxford s’installe à Paris et fonde le Centre international de recherches théâtrales (CIRT), avant de racheter le bâtiment délabré des Bouffes du Nord. Un tapis et quelques coussins…  : ce partisan d’un plateau nu et sans décor – « l’espace vide » – épure à l’extrême ses créations pour y placer au centre le jeu des acteurs et laisser libre cours à l’imagination du public. BRASSAGE CULTUREL Adaptant les grands classiques (de Roméo et Juliette à La Cerisaie) comme les textes d’auteurs contemporains (de Jean-Paul Sartre à Arthur Miller), le metteur en scène britannique, qui a le goût du brassage culturel, multiplie notamment les collaborations avec des acteurs africains, dont le Burkinabé Sotigui Kouyaté, l’un de ses comédiens fétiches, auquel il confie les rôles de Polonius dans Hamlet ou de Prospero dans La tempête. Point d’acmé de son parcours  : le 7 juillet 1985, au 39 e Festival d’Avignon, il présente l’un de ses spectacles les plus emblématiques  : Le Mahabharata, véritable synthèse de son œuvre et fruit d’une décennie de travail. Adaptée par Jean-Claude Carrière, cette pièce de neuf heures réunit des interprètes de quinze pays. Trente-trois ans après son épopée indienne, le sorcier Brook n’a toujours pas dit son dernier mot. « Pour qu’un point de vue soit d’une quelconque utilité, il faut s’y consacrer totalement, [...] le défendre jusqu’à la mort », écrit-il dans son livre Points de suspension en 1992. En mars prochain, ce jusqu’au-boutiste présentera, dans son cher théâtre des Bouffes du Nord, sa nouvelle création, The Prisoner *, une manière de fêter ses 93 printemps. Laetitia Møller * À partir du 6 mars aux Bouffes du Nord. Dimanche 18 mars à 0.00 Spectacle Beckett by Brook Lire page 15 Trois temps sur le Web I— fv LM Ln  : z Q. h n r Aux Bouffes du Nord, les murs parlent Un condensé de trois jours de débats et de projections durant lesquels, en 2016, Peter Brook et sa complice Marie-Hélène Estienne, entourés de leurs compagnons de route, ont fait revivre avec le public la longue aventure artistique abritée par les Bouffes du Nord depuis la réouverture du théâtre, en 1974. Un webdocumentaire de Gabrielle et Mikaël Lubtchansky. The Tragedy of « Hamlet » Une adaptation magistrale de Hamlet. Cette version filmée a été spécialement réalisée par Peter Brook pour ARTE en 2001. Beckett by Brook Le formidable Fragments commenté par les metteurs en scène et les acteurs. En ligne à partir du 9 mars arte.tv/peterbrook ARTE MAG N°12. LE PROGRAMME DU 17 AU 23 MARS 2018 9



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