Arte Magazine n°2018-10 3 mar 2018
Arte Magazine n°2018-10 3 mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-10 de 3 mar 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : place des grandes femmes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°10. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 MARS 2018 8 Louise Doughty Jeudi 8 mars à 20.55 Série Sous influence (1-4) Lire page 23 Quel a été l’élément déclencheur pour écrire cette histoire ? Louise Doughty  : Mon envie de parler de la justice et du traitement inégal que les tribunaux britanniques réservent aux femmes  : je voulais montrer combien, au fond, celles-ci, contrairement aux hommes, restent jugées sur leur moralité (ou leur supposée immoralité) sexuelle. Ce que raconte la série, de manière très fidèle au livre, c’est la manière dont une femme ayant été toute sa vie extrêmement conventionnelle se laisse happer par une pulsion et va le payer très cher. On peut interpréter cette punition dans un sens fort peu féministe… Ce n’est pas moi qui punis Yvonne, c’est le regard impitoyable qu’on continue de poser sur la vie sexuelle des femmes. Donc je revendique sans hésitation d’avoir écrit un roman féministe, et son adaptation l’est tout autant. En revanche, ce qui est vrai, c’est que le récit laisse planer l’ambiguïté sur l’héroïne et ses motivations. D’abord parce que cette ambiguïté ménage jusqu’au bout le suspense, mais surtout parce qu’elle renvoie les lecteurs, et les spectateurs, à leurs propres préjugés. Pourquoi estime-t-on si facilement qu’elle est en faute ? Peut-être aussi parce que, bien que narratrice, Yvonne ne dit pas toute la vérité ? Peut-on dire pour autant qu’elle ment ? L’une des choses qui me touchent, chez elle, c’est sa capacité, si humaine, à se tromper elle-même  : notamment le romantisme dont elle pare une liaison qui en est pourtant clairement dépourvue, parce qu’elle a besoin de croire que c’est ce qui l’attire chez son amant. Fidèlement porté à l’écran avec Emily Watson dans le rôle principal, le roman de Louise Doughty Portrait d’une femme sous influence * relate avec maestria la débâcle intérieure d’une épouse modèle tombée sous l’emprise d’un inconnu. Entretien avec l’écrivaine anglaise. Identification d’une femme L’interprétation d’Emily Watson a-t-elle changé la représentation que vous aviez du personnage ? À vrai dire, même physiquement, c’est comme cela que j’imaginais Yvonne  : une femme à la fois jolie et pas très sûre de sa propre séduction, qui ne cherche pas à cacher son âge, et à qui beaucoup d’entre nous peuvent s’identifier. Elle est absolument parfaite dans le rôle. Le mouvement #MeToo confère à l’histoire d’Yvonne une actualité brûlante… Malheureusement, elle était déjà d’actualité avant. Mais ce mouvement oblige l’ensemble de la société à regarder en face ce qui relevait de l’évidence pour les femmes  : la violence sexuelle exercée par les hommes reste dans l’ordre des choses. On verra si le fait que ces agressions soient désormais rendues publiques peut changer la donne. Propos recueillis par Irène Berelowitch * Éditions Belfond. Publié en 2014 au Royaume-Uni, le roman y est un best-seller. GETTY - FRANÇOIS BERTHIER/DR
Ses amies les bêtes Hippos judokas, autruche gymnaste, éléphants basketteurs…  : la série animée Athleticus déroule trente pastilles animalières absurdes et poétiques. Entretien avec Nicolas Deveaux, qui l’a rêvée et réalisée. Quelle place les animaux tiennentils dans votre imaginaire ? Nicolas Deveaux  : Ils me passionnent depuis l’enfance. Je passe beaucoup de temps à les observer, dans la nature, au zoo ou en vidéo, mais ce qui m’intéresse, c’est de les recréer et de les mettre en scène. Travailler leur modélisation en image de synthèse requiert une connaissance très minutieuse de ce qui les constitue visuellement  : plumage et pelage, squelette, anatomie, déplacements, rythme... La vie animale a constitué pour moi une porte d’entrée vers la réalisation, en me permettant de tester différentes écritures. Il faut chercher l’influence de mes films du côté de Jacques Tati ou du peintre Magritte, pour une forme de surréalisme. Je m’inspire aussi des dessins animaliers naturalistes du XIX e siècle, avec leurs décors épurés et leurs fonds presque blancs. En 2004, votre court métrage 7 tonnes 2 vous propulse sur le devant de la scène… Je l’ai réalisé au sein du studio dans lequel je travaille toujours, Cube Creative Computer Company, mais je l’ai fait en grande partie seul, ce qui m’a permis de produire quelque chose de vraiment personnel, et de commencer à creuser mon sillon. J’ai ensuite réalisé 5 mètres 80 sur des girafes plongeuses, et je suis en train de finir un troisième court métrage, 1 mètre/heure  : il s’agit d’une chorégraphie d’escargots sur une aile d’avion en time-lapse (effet d’accéléré démultiplié réalisé image par image, NDLR). Ce dernier projet, pour moi le plus ambitieux, va plus loin sur la question du réalisme, et j’ai eu la chance de travailler avec Philippe Decouflé pour la chorégraphie. Comment faites-vous pour insuffler une personnalité aux animaux ? Je veux éviter l’anthropomorphisme, alors j’essaie d’imaginer comment ces bêtes sauvages se réapproprieraient nos comportements humains. Je cherche à conserver à l’animal son caractère « iconique », en restant aussi près que possible de sa nature. C’est la source de ce que j’appelle « surréalisme ». Par exemple, j’évite au maximum l’accessoire, aussi l’animal doit-il se débrouiller avec ce qu’il a  : son anatomie et son caractère. L’hippopotame ouvre la gueule à 120 °, la forme de sa tête évoque une raquette  : il est fait pour le smash ! Son côté « grande gueule » m’aide aussi à lui dessiner un profil psychologique pour la série. Ainsi, chacun devient un personnage à part entière. Et dans un environnement très humain, comme un stade, leurs comportements nous rappellent inévitablement nos travers et nos grandeurs. Propos recueillis par Augustin Faure À partir de lundi 5 mars à 20.45 Athleticus Lire page 15 ARTE MAG N°10. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 MARS 2018 9



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