Arte Magazine n°2018-09 24 fév 2018
Arte Magazine n°2018-09 24 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-09 de 24 fév 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : sister Marianne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°9. LE PROGRAMME DU 24 FÉVRIER AU 2 MARS 2018 Jean-Marie Périer 6 Vendredi 2 mars à 23.15 Marianne Faithfull Fleur d’âme Lire page 25 « Je ne crois pas aux regrets » Dans le beau portrait que lui consacre Sandrine Bonnaire, la chanteuse Marianne Faithfull se confie avec une honnêteté d’autant plus remarquable que la dame ne raffole pas de l’introspection. Avec la même liberté de ton, elle revient ici sur ce projet, sa carrière, ses soucis de santé et son nouvel album.
ERIC GUILLEMAIN Comment allez-vous ? Marianne Faithfull  : Je suis dans le même état que quand j’ai fait le documentaire avec Sandrine Bonnaire. J’ai eu trois graves accidents  : l’un m’a abîmé le dos, les deux autres les hanches. J’ai eu aussi une infection des os. Je me suis remise de tout cela. Je pensais que tout allait bien, et j’ai eu de l’arthrite ! Ma mère en a eu aussi et maintenant je comprends pourquoi elle buvait autant ! L’alcool est l’ancêtre des antidouleurs, n’est-ce pas ? Malgré tout, je me sens bien. Je suis heureuse d’aller en studio, en région parisienne, enregistrer mon prochain album *. J’ai écrit tous les titres, en collaboration avec des gens merveilleux. Si je n’avais pas eu ces soucis de santé, je serais dans une forme olympique ! J’ai eu 71 ans le 29 décembre. On ne peut pas arriver totalement indemne à cet âge. Vous vous livrez beaucoup dans le documentaire. Était-ce difficile ? J’aime le film. Je trouve le montage des archives excellent. Mais, oui, cette introspection était parfois douloureuse. J’apprécie beaucoup Sandrine et plus le tournage avançait, plus ce sentiment grandissait. Mais ce que nous faisions était dur, car je n’aime pas parler de moi ou du passé. Je ne vois pas l’intérêt de regarder en arrière. Je me vois plus écrire une chanson sur le sujet. Néanmoins, j’ai accepté de me confier parce que je crois en l’amour, que j’aime ma musique et que je pensais que ce film donnerait envie de l’écouter. Pour cela, il fallait que les gens me connaissent mieux et que je me livre un peu. Et là, Sandrine est arrivée avec ses horribles questions personnelles ! [Elle rit.] Vous avez démarré votre carrière très jeune, en 1964... Oui, je n’avais pas la moindre idée de ce qui m’attendait. Mais pour moi, c’était l’occasion de quitter la maison, d’arrêter l’école. L’histoire est archiconnue. Je suis allée à une fête avec mon petit ami John... Et Andrew Loog Oldham, le manager des Stones, était là. J’imagine qu’on m’a trouvée très jolie. C’est ainsi que j’ai été « découverte ». Pourquoi avoir arrêté la chanson durant le temps qu’a duré votre histoire avec Mick Jagger ? Je lui ai fait cadeau de mon talent, parce que je trouvais que c’était un immense artiste, qu’il était brillant. Je ne me sentais pas intimidée. Je jugeais ce que faisaient les Stones plus intéressant que mes modestes disques pour le label Decca. J’ai mis toute mon énergie dans leur travail et je ne pense pas que c’était un mauvais choix. Comme il fallait que j’exprime ma créativité, je me suis mise à faire du théâtre. Comme cela, il n’existait aucune compétition. Et j’ai adoré cela. J’ai aussi écrit une chanson avec Mick Jagger, « Sister Morphine ». Il avait composé une mélodie magnifique et personne n’en faisait rien. Je lui ai proposé d’écrire des paroles sur cette musique et il a accepté. Cela a été une première étape dans ma carrière de « songwriteuse ». J’en ai franchi une autre, énorme, quand j’ai sorti mon album Broken English, en 1979. Je n’étais plus avec Mick alors – je ne suis pas restée avec lui très longtemps. Il était merveilleux mais j’ai eu le sentiment que je ne pourrais pas m’accomplir artistiquement si je restais avec lui. Beaucoup de femmes sacrifient leurs rêves et leurs espoirs aux hommes. Moi, je ne le souhaitais pas. Vous définissez-vous comme une féministe ? Ma mère l’était. Je ne l’étais pas consciemment mais ma vie était en accord avec ces idéaux. Je suivais mon étoile, curieuse de voir où elle allait m’emmener. D’une certaine manière, j’étais féministe, oui. Dans le film, vous déclarez avoir joué un personnage toute votre vie et en avoir assez... C’était sans doute pour me protéger. Je gardais un masque parce que je ne me sentais pas en sécurité. Maintenant, je ne me soucie plus de ce que les gens pensent de moi. Ce qui m’importe aujourd’hui, ce sont mes amis, ma famille et ma musique. Et c’est tout. Des regrets ? Je ne crois pas aux regrets ! Propos recueillis par Lydia Evers * Au moment où l’interview a été réalisée, l’enregistrement du nouvel album, aujourd’hui terminé, n’avait pas démarré. 7ARTE MAG N°9. LE PROGRAMME DU 24 FÉVRIER AU 2 MARS 2018



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