Arte Magazine n°2018-07 10 fév 2018
Arte Magazine n°2018-07 10 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-07 de 10 fév 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : occupied, saison 2.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 FÉVRIER 2018 8 La hiérarchie des festivals de cinéma semble, depuis une dizaine d’années, s’être stabilisée autour d’un solide trio de tête  : derrière l’inamovible Cannes suivent ainsi Berlin et Toronto, la manifestation canadienne ayant profité du déclin progressif de la Mostra de Venise. Si Cannes constitue l’un des événements culturels les plus médiatisés au monde, le Festival international du film de Berlin se tient plus en retrait dans l’imaginaire collectif français. Une discrétion somme toute paradoxale, car, à l’inverse du rendez-vous cannois, la Berlinale est largement ouverte au public, ce qui explique son envergure. Comme le souligne Andreas Schreitmüller, directeur de l’unité cinéma et fiction d’ARTE, « quatre cents films environ y sont présentés, soit cinq fois plus qu’à Cannes. Il y a beaucoup plus de lieux de projections et de sections ». Ce foisonnement permet aux spectateurs de découvrir des œuvres issues de pays peu représentés le reste de l’année dans les salles allemandes. Un festival populaire donc, mais qui n’a jamais renié son identité initiale, à savoir sa dimension politique, héritée de sa création en pleine guerre froide, en 1951, par les Alliés qui voulaient en faire « une vitrine du monde libre ». « Ce festival représentait alors une sorte d’îlot au milieu du bloc communiste », rappelle Andreas Schreitmüller. « Aujourd’hui encore, il se concentre sur de grandes Si Cannes demeure sans conteste l’étoile la plus brillante de la constellation des festivals de cinéma, la Berlinale, relativement méconnue en France, en est sa voisine la plus lumineuse. Plongée dans ses palpitantes coulisses. La Berlinale Populaire inconnue questions politiques et sociales. » Si la Berlinale a orchestré en 2014 l’avant-première mondiale du blockbuster Cinquante nuances de Grey, elle reste le lieu où des œuvres engagées ont pu remporter de prestigieuses récompenses, à l’instar du contestataire Taxi Téhéran de l’Iranien Jafar Panahi, Ours d’or en 2015, ou de l’avant-gardiste A Lullaby to the Sorrowful Mystery, film fleuve du Philippin Lav Diaz, couronné du prix Alfred-Bauer en 2016. FRISSONS CINÉMATOGRAPHIQUES L’autre spécificité du festival tient à son déroulement en plein hiver, début février, loin de la chaleur printanière de la Côte d’Azur. Il n’est pas rare d’y subir, entre deux projections, des températures négatives ainsi que des tempêtes de neige. Si ce rude climat fait partie du folklore, les plus frileux des festivaliers doivent maudire Cannes et Venise. Ce choix de date a en effet été entériné vingt-cinq ans après la création de la Berlinale. Celle-ci se déroulait alors en juillet, prise en tenaille entre ses deux concurrents, ce qui la pénalisait dans sa quête de films attrayants. Une audace payante qui démontre le pouvoir d’adaptation de ce rendez-vous unique, bientôt septuagénaire. Augustin Faure Spécial Berlinale Mercredi 14 février Taxi Téhéran à 20.55 Une blessure ouverte – Une autre histoire du cinéma allemand à 22.15 Le temps des rêves à 23.45 Pays calme à 1.35 Lire pages 20-21 Jeudi 15 février L’homme qui voulait se souvenir à 23.55 Lire page 23 Dimanche 18 février Ça s’est passé en plein jour à 22.30 Lundi 19 février Cloud Atlas à 20.50 L’évasion de Baruch à 0.30 Mercredi 21 février Les adieux à la reine à 20.55 CinéKino (1 & 2) à 22.25 La chasse aux fantômes à 23.25 Avarie à 0.55 Lundi 26 février Elser, un héros ordinaire à 20.50 Mercredi 28 février CinéKino (3-6) à 22.10 Et aussi  : des éditions spéciales de Metropolis, les 18 et 25 février, et de Court-circuit le 24.
LES FILMS D'ICI/LES DOCS DU NORD « À la recherche d’un monde perdu » Après son portrait de Leone Ginzburg, Florence Mauro adapte pour ARTE son roman L’amour éperdu, consacré à ses grands-parents. Mêlant images d’hier et d’aujourd’hui, le film offre une poignante exploration sensorielle du temps qui passe. Entretien. Lundi 12 février à 1.05 Documentaire Clémence et Ferdinand Lire page 15 Florence Mauro 4. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un roman sur vos grands-parents, Clémence et Ferdinand ? Florence Mauro  : Leur histoire est celle d’un homme et d’une femme qui se sont aimés toute leur vie. Ils viennent de paysages totalement différents. Elle, du nord de la France, avec son aspect dénudé et son rude climat. Lui, du sud, de la Méditerranée et du soleil. À travers leur histoire, j’ai aussi cherché à ramener mon père sur les traces de son enfance. Ensemble, nous sommes retournés deux fois à Dunkerque, où mon grand-père exerçait son métier d’ingénieur des Ponts et Chaussées. Au cours du second voyage, mon père, atteint de la maladie d’Alzheimer, a commencé à perdre la mémoire. C’est le courant du souvenir et de la mémoire qui disparaissaient que j’ai voulu remonter dans ce livre, à la recherche d’un monde perdu. Pourquoi avez-vous souhaité adapter ce roman ? C’était une manière d’approfondir ces deux personnages forts. J’avais aussi envie de montrer les paysages et leur lumière. Ceux-ci les ont « élevés », au sens où les parents élèvent leurs enfants. Les rapports entre les paysages et les corps me passionnent. À travers les lieux que je filme, ce sont les corps disparus de mes grands-parents que je retrouve. Comment avez-vous construit votre film ? J’avais terminé l’adaptation lorsque, dans la maison familiale de Roquebrune-Cap-Martin, en ouvrant une armoire fermée depuis longtemps, trois cartons me sont tombés sur la tête. Ils contenaient des photos de famille, mais aussi les clichés et les films du chantier du port de Dunkerque sur lequel Ferdinand a travaillé. Alors que je m’étais d’abord orientée vers une fiction, j’ai ressenti le besoin d’utiliser ce matériau documentaire. Il donnait soudain tout son sens à ce projet et me permettait de retrouver la présence physique de Clémence et Ferdinand. Je souhaitais que mes grands-parents n’apparaissent qu’à travers ces archives et les voix off des deux formidables comédiens que sont Marie-Sophie Ferdane et Xavier Gallais. Ce film a-t-il fait évoluer votre rapport au temps ? J’accepte mieux qu’il s’écoule. Le temps présent, aussi concret soit-il, aussi vécu soit-il, devient inévitablement du passé, produit du souvenir. J’ai aussi pris conscience que, même s’il s’agit d’un monde perdu, la transmission s’opère. Ma mère, âgée de 93 ans, mon neveu Louis Arnavon et mes deux enfants, Romane et Gabriel, m’ont d’ailleurs aidée à réaliser ce film. Propos recueillis par Laure Naimski ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 FÉVRIER 2018 9



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