Arte Magazine n°2018-07 10 fév 2018
Arte Magazine n°2018-07 10 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-07 de 10 fév 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : occupied, saison 2.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 FÉVRIER 2018 6 Thriller politique vertigineux mettant en scène l’occupation « douce » de la Norvège par une Russie qui entend accaparer ses ressources pétrolières, Occupied fait son retour à partir du 15 février. Décryptage des enjeux de cette deuxième saison avec Erik Skjoldbjærg *, le showrunner de la série imaginée par Jo Nesbo. « Je crois aux antihéros » Jeudi 15 février à 20.55 Série Occupied (1-4) Saison 2 Lire page 22 Erik Skjoldbjærg Quels sont les enjeux de cette nouvelle saison ? Erik Skjoldbjærg  : Elle se situe dans la continuité de la première saison. Occupied traite de personnages qui décident de « s’arranger » avec l’occupation, plutôt que de prendre les armes. L’histoire montre que dans de telles situations c’est ce que fait plus de 90% de la population. La saison 1 s’achevait sur la menace d’un conflit. Celui-ci s’est effectivement déroulé, sous forme de guerre éclair, dans l’intervalle qui sépare la saison 1 de la 2. Nous ne voulions pas nous attarder sur cet épisode, car il ne nous semblait pas intéressant sur le plan des personnages, ni pertinent par rapport aux problématiques d’aujourd’hui. Dans notre monde occidental, ce ne sont pas les conflits armés qui nous font perdre le contrôle de la démocratie. C’est le sujet d’Occupied  : quels choix s’offrent à nous en tant que citoyens d’une démocratie ? Il s’agit de montrer un processus politique, et la manière dont il agit progressivement sur une population. Nous avons conservé la même structure que dans la première saison  : un épisode, un mois. Cela nous permet de voir, dans le temps, comment l’attitude des personnages évolue par rapport à la liberté. Dans cette deuxième saison, l’intrigue déborde le seul cadre de la Norvège. Qu’est-ce qui vous intéressait dans cet élargissement de perspectives ? Nous voulions montrer comment un conflit local peut s’étendre et influencer les nations voisines. L’ex- Premier ministre Jesper Berg est en exil et cherche désespérément des soutiens pour libérer le pays. Son parcours nous permet de constater que les leaders européens ne sont pas très clairs sur les réponses à apporter au problème norvégien – qu’ils ont eux-mêmes créé. L’Europe ressemble à un vieux couple, formé par l’Allemagne et la France, avec plus de vingt enfants  : cette famille n’arrive à se mettre d’accord sur rien, à moins que l’Allemagne ne paie les frais. Pour obtenir un soutien de la communauté internationale, Jesper Berg doit soit rassembler cette famille, soit provoquer un divorce en son sein. Vous ne transigez pas avec l’immoralité de vos personnages. Il n’y a pas de héros dans Occupied ? Les héros sont ennuyeux ! Je crois davantage aux antihéros. Beaucoup de personnages, en effet, it..31..i"IIM. 7
YELLOWBIRD NORGE deviennent plus durs dans la saison 2. Mais cette évolution concorde avec l’univers que nous avons créé  : c’est une conséquence de l’occupation. Jesper Berg, par exemple, a été en partie inspiré par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair – un homme qui portait une vision enthousiaste et progressiste de la société quand il a été élu et qui, six ans plus tard, a envahi l’Irak sur de fausses hypothèses ! Comment l’exercice du pouvoir a-t-il agi sur lui ? Si les hommes politiques commencent à se comporter cyniquement, il faut s’attendre à ce que cette logique gagne aussi la population. Dans une situation devenue imprévisible, les personnages sont contraints de modifier leur échelle de valeurs. C’est vrai pour Hans Martin Djupvik, le chef de la police, ou la femme d’affaires Bente Norum. Cela dit, tout n’est pas noir dans cette saison 2. On assiste à l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle Première ministre, Anita Rygg, qui doit gouverner le pays avec l’ambassadrice russe Irina Sidorova. Les femmes se montrent souvent plus constructives que les hommes dans la gestion des tensions politiques. Est-ce que l’actualité de ces deux dernières années vous a influencé ? Avec Occupied, je suis devenu accro aux actualités et vraiment curieux de la manière dont le pouvoir s’exerce dans le monde moderne. Le postulat de la série, cette occupation douce de la Norvège par la Russie, pouvait sembler au départ un peu « gonflé ». Nous avons donc toujours eu à cœur de le rendre crédible, par des recherches sur le fonctionnement des institutions, en mettant à l’épreuve du réel nos hypothèses de fiction. Je dois dire que pour traiter de l’Union européenne, cela s’est avéré difficile, car c’est une organisation complexe ! Néanmoins, nous essayons de concevoir l’univers d’Occupied comme un monde parallèle à ce que nous vivons actuellement dans nos contrées. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène * Erik Skjoldbjærg a réalisé plusieurs longs métrages, dont Insomnia, qui a fait l’objet d’un remake signé Christopher Nolan, Prozac Nation, Pioneer ou Pyromaniac, diffusé par ARTE jeudi 22 février à 0.00. Des Français au générique Aux côtés d’Hippolyte Girardot, dont le personnage de commissaire européen prend de l’ampleur, Mehdi Nebbou rejoint le casting international de la série, dans le rôle d’un avocat ambitieux. La Franco-Suédoise Charlotte Brandström (Disparue, Grey’s Anatomy…) a par ailleurs réalisé deux épisodes de cette deuxième saison. ÉDITIONS La saison 2 d’Occupied, également proposée en VOD, sort en DVD et Blu-ray le 15 février. 4 7ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 FÉVRIER 2018



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