Arte Magazine n°2018-06 3 fév 2018
Arte Magazine n°2018-06 3 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-06 de 3 fév 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : folle journée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°6. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 FÉVRIER 2018 8 Quand Ingmar rencontre Liv Pour Ingmar Bergman, le tournage de Persona fut le cadre d’une renaissance, artistique autant que personnelle, et de sa rencontre décisive avec Liv Ullmann. Retour sur une relation habitée par la création. Mercredi 7 février à 22.50 Soirée Ingmar Bergman Lire page 21 En cette année 1965, Ingmar Bergman, 47 ans, metteur en scène reconnu au théâtre comme au cinéma avec des films aussi marquants que Monika ou Le septième sceau, traverse une violente crise professionnelle et tombe gravement malade. De l’étrange ressemblance qu’il relève sur des photos entre Bibi Andersson, l’une de ses précédentes égéries, et une jeune comédienne norvégienne de 27 ans à l’intense regard bleu, Liv Ullmann, naît le scénario de Persona, véritable film-somme bergmanien. Le cinéaste emmène son équipe sur un lumineux petit pan de terre battu par les vents de la mer Baltique, l’île de Farö, qui deviendra son point d’ancrage. Là, il revit, son inspiration s’épanouit et, comme il l’écrit dans son autobiographie Laterna magica  : « Pendant le tournage, la passion nous frappa, Liv et moi. » Durant cinq années, le couple va vivre à Farö, dans la maison que fait construire Bergman. Ils y tournent quatre autres films ensemble  : L’heure du loup (1968), où le personnage joué par l’actrice est enceinte, comme l’est Liv dans la réalité, qui donne naissance à leur fille, Linn. Puis La honte (1968) et Une passion (1969), où le réalisateur laisse libre cours, comme dans les deux opus précédents, à ses audaces formelles et narratives ainsi qu’à son côté le plus sombre. Et enfin Scènes de la vie conjugale en 1973, inspiré de leur séparation trois ans plus tôt et grand succès public pour le cinéaste. EXPLORATION DE L’ÂME FÉMININE Amis après avoir été amants, Ingmar et Liv poursuivent une fructueuse collaboration, de Cris et chuchotements (1972), autre chefd’œuvre autour de la mort, dans lequel l’actrice joue deux rôles, jusqu’à Sarabande, le tout dernier film du réalisateur en 2003, en passant par Face à face (1976), L’œuf du serpent (1977) et Sonate d’automne (1978), où elle est la fille aigrie et enlaidie de la diva Ingrid Bergman. Tour à tour manipulatrice, survivante, menteuse, victime, femme forte ou névrosée puérile, Liv Ullmannrappelle que si, à travers elle, Bergman a poussé de plus en plus loin son exploration de l’âme féminine, elle a aussi été, dès Persona, son porte-parole  : le personnage d’Élisabeth Vogler, actrice mutique soignée par la volubile Bibi Andersson, n’était autre qu’Ingmar Bergman lui-même. Et lorsque la comédienne passera à la réalisation, ce sera avec l’adaptation de scénarios que lui a confiés Bergman, dont Infidèle en 2000, nouvelle variation autour du couple, de la passion et de la trahison. Marie Gérard GETTY IMAGES
MICHELINE PELLETIER/GAMMA-RAPHO Figure et corps incontournables du cinéma français des années 1960 et 1970, Lino Ventura n’a cessé d’incarner des hommes de parole mais de peu de mots. Retour sur la carrière d’un acteur immensément populaire, disparu il y a trente ans. Dimanche 4 février à 20.55 Soirée Lino Ventura Lire pages 13-14 La soif du bien « Je crois pouvoir sans honte serrer la main de tous mes personnages », s’enorgueillissait Lino Ventura. À l’affiche de plus de soixantedix films, l’immigré italien, dans lequel la France des années 1960-1970 et des DS noires se mirait pour mieux se rassurer, en a refusé autant (dont Apocalypse Now) au nom d’une éthique toute personnelle, empreinte d’un conservatisme humaniste tendance gaullienne. C’est que cet acteur tardif – un premier rôle à 34 ans dans Touchez pas au grisbi de Jacques Becker – a résolument limité son registre pour creuser, sans lasser, toujours le même sillon. Celui du roc taiseux et digne, à la colère contenue − mais prête à exploser quand, tête inclinée, il haussait un sourcil pour foudroyer son interlocuteur. Silhouette carrée familière, en imperméable ou en veston, Lino Ventura aimait être filmé de dos, conscient que sa présence physique suffisait à remplir l’écran. Surtout, l’ancien lutteur-catcheur, qui avait abandonné les rings après une fracture, contrôlait sa car- rière avec une intransigeante rigueur, comme il s’employait à corriger inlassablement ses dialogues, mis à part peut-être ceux de Michel Audiard – le patrimonial Les tontons flingueurs de Georges Lautner (« Les cons, ça ose tout... ») ou encore l’oubliable Ne nous fâchons pas, comédie policière du même réalisateur avec Jean Lefebvre et Mireille Darc. CODE DE L’HONNEUR Incarnation d’un flegme viril, partiellement hérité de son parrain de cinéma Gabin – « mon exemple, mon maître, mon ami » –, ce comédien instinctif, au sourire aussi rare que ravageur, se souciait peu de jouer les flics ou les voyous, tant qu’il s’agissait d’hommes d’honneur. De fait, il excellait dans les rôles de justiciers solitaires  : Le clan des Siciliens d’Henri Verneuil, Le silencieux de Claude Pinoteau et bien d’autres. Des personnages « en conformité avec une certaine philosophie qu’il [avait] lui-même de sa vie », selon Jean- Pierre Melville. S’il regrettait chez lui cette forme d’autocensure, le maître du film noir lui a offert certains de ses plus beaux rôles, dont celui du résistant à l’épaisse moustache Philippe Gerbier dans L’armée des ombres. Pourtant, les codes old school du père rigide d’Adjani dans La gifle, qui nourrissait aussi une passion pour les films d’aventure, ravi d’embarquer dans Un taxi pour Tobrouk ou d’emprunter, auprès de Bardot, le Boulevard du rhum, s’accorderont moins aux années 1980, malgré le remarquable Garde à vue où, une ultime fois, Lino défend le bien face au mal absolu. Sylvie Dauvillier ARTE MAG N°6. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 FÉVRIER 2018 9



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