Arte Magazine n°2018-01 30 déc 2017
Arte Magazine n°2018-01 30 déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-01 de 30 déc 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : 2018, en roue libre avec les temps modernes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°1. LE PROGRAMME DU 30 DÉCEMBRE 2017 AU 5 JANVIER 2018 8 Aux sources de la pop Blues, gospel, country, folk…  : le documentaire American Epic revient sur le boom des musiques rurales du Sud dans les années 1920-1930. Un âge d’or fondateur pour le mythe de l’unité américaine, l’industrie du disque et la pop music. Lundi 1er janvier à 23.20 Documentaire American Epic Aux racines de la musique populaire Lire page 17 Régulièrement, l’Amérique éprouve le besoin de retrouver ses racines musicales multiples. En janvier 2009, deux jours avant l’investiture de Barack Obama à la présidence, Bruce Springsteen et Pete Seeger chantaient à Washington « This Land Is Your Land », une chanson enregistrée par Woody Guthrie en 1944 et devenue une sorte d’hymne américain alternatif. Comme une bonne partie de la musique d'avant 1950, elle représente dans l’histoire des États-Unis la nécessité d’un mythe national unificateur. L’HISTOIRE SANS FIN Dans les années 1920 -1930, les fabricants de phonographes et de disques, concentrés dans les grandes villes du Nord, arpentent le Sud pour enregistrer des musiciens ruraux amateurs, dont l’audience se limite jusque-là à l’église et au public local. L’objectif est d’abord économique  : les industriels cherchent à développer les marchés créés par l’essor de la radio et de nouvelles techniques d’enregistrement. Ce passage d’une pratique artistique artisanale à une production industrielle entraîne la révélation, la valorisation et la sauvegarde d’un patrimoine fondateur de la musique pop américaine, la Carter Family, Jimmie Rodgers, Mississippi John Hurt (photo) ou Charley Patton accédant au statut d’icônes. Dans les années 1940 et 1950, l’exode vers le nord des Noirs du Sud, en quête de travail et de liberté, va permettre à de nombreux musiciens comme John Lee Hooker ou Muddy Waters de connaître une carrière internationale. Au début des années 1960, Bob Dylan incarne le revival folk, la redécouverte et la transformation des musiques rurales oubliées en culture pop, tandis qu’en 1999 le musicien électro Moby crée un tube mondial, « Natural Blues », qui figure sur un album recyclant des chants enregistrés dans les années 1930 par l’ethnomusicologue Alan Lomax. Un éternel retour aux sources  : élaborée sur plus de dix ans, American Epic, une monumentale série documentaire de cinq épisodes, produite notamment par Jack White, des White Stripes, et Robert Redford, a donné lieu en mai dernier au double CD (ou triple vinyle) American Epic – The Sessions, paru chez Sony Music. Avec du matériel d’époque, des musiciens de tous horizons (voir ci-dessous) ont ainsi réenregistré d’anciennes chansons blues, country, folk et gospel. La célébration d’une épopée américaine. Stéphane Deschamps EXCLUSIVITÉ NUMÉRIQUE Si ARTE diffuse une version courte du documentaire (1h30mn), on peut retrouver sur arte.tv les vidéos des enregistrements réalisés pour l’album American Epic – The Sessions, avec les hommages, entre autres, d’Alabama Shakes, sir Elton John, Taj Mahal, Willie Nelson, Bettye LaVette, Beck, Nas ou Rhiannon Giddens à leurs illustres anciens. LO-MAX RECORDS/GETTY IMAGES
SK MEDIA/BRUNO KLEIN « Une nostalgie de l’innocence » Reine éphémère d’Albanie, chassée par les fascistes italiens à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, la Hongroise Géraldine Apponyi a été contrainte à l’exil pendant plus d’un demi-siècle. Entretien avec Frédéric Mitterrand, qui lui consacre un portrait. Après votre documentaire sur le cheikh Zayed, pourquoi ce portrait de Géraldine d’Albanie, elle qui fut reine moins d’un an ? Frédéric Mitterrand  : Je l’ai rencontrée en 1989, pour l’émission Du côté de chez Fred. Elle m’intriguait  : comment expliquer qu’une femme qui n’avait été reine qu’une petite année puisse garder, cinquante ans après sa chute, un si grand prestige auprès des autres familles royales ? Durant notre rencontre, elle avait été absolument délicieuse. C’était l’ancien monde, mais avec tout son charme et sa gentillesse. Par ailleurs, j’ai une relation très particulière avec l’Albanie, dont plusieurs de mes proches sont originaires. Je me sens solidaire de ce pays, et donc de son histoire. Son mariage avec le roi Zog I er, en avril 1938, a passionné les foules. Pourquoi ? Il s’agit en quelque sorte du dernier sourire de l’Europe avant la catastrophe. C’était aussi le début de la presse people en France  : le numéro de Match, qui venait d’être créé, avait été tiré à plus d’un million d’exemplaires. Ce mariage était en fait une répétition générale de celui de l’actrice Grace Kelly avec le prince Rainier de Monaco. Et pourtant, onze mois plus tard, le couple royal, renversé par les fascistes, doit fuir le pays… Ce sont les proscrits de la vieille Europe. Poursuivis par des hommes de main du comte Ciano, le gendre de Mussolini, ils ont dû prendre la fuite, multiplier les points de chute. On les retrouve en Grèce, en Turquie, en Roumanie, en Norvège, aux Pays-Bas, en Angleterre et en Espagne. Après la guerre, ils sont accueillis par le roi Farouk en Égypte, mais Nasser confisque leurs biens et les chasse. Ils trouveront en France une existence un peu plus paisible. Vous dites que les Albanais lui vouent presque un culte aujourd’hui. Comment l’expliquez-vous ? C’est effectivement assez surprenant. Mais comme toujours chez les gens qui ont vécu sous un régime abominable pendant des décennies, en l’occurrence une dictature communiste féroce, il y a une nostalgie de l’innocence. Or, Géraldine était précisément l’image de l’innocence. Durant son exil, elle a aussi été très solidaire des Albanais ; elle s’est occupée d’eux. Ici en obtenant des cartes de séjour, là en aidant les familles dans la gêne. Les gens l’ont su. Lorsqu’elle est rentrée en Albanie en 2002, six mois avant sa mort, son retour a été un moment de catharsis nationale. Propos recueillis par Raphaël Badache Mardi 2 janvier à 22.55 Documentaire La rose de Tirana Lire page 19 ARTE MAG N°1. LE PROGRAMME DU 30 DÉCEMBRE 2017 AU 5 JANVIER 2018 9



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