Arte Magazine n°2017-48 25 nov 2017
Arte Magazine n°2017-48 25 nov 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-48 de 25 nov 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : traversée fantastique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°48. LE PROGRAMME DU 25 NOVEMBRE AU 1 ER DÉCEMBRE 2017 8 Inspirée de l’œuvre d’un des maîtres du polar scandinave, Leif G. W. Persson, la minisérie suédoise Le quatrième homme apporte un éclairage troublant sur les ramifications d’une prise d’otages survenue à Stockholm dans les années 1970. Retour sur les faits. Jeudi 30 novembre à 20.55 Minisérie Le quatrième homme (1-3) Lire page 22 Les mystères de Stockholm Au printemps 1975, la violence des années de plomballemandes gagne la Suède, pourtant réputée pacifique. Le 24 avril, un commando de la RAF, la Fraction armée rouge, composé de cinq hommes et une femme, pénètre dans l’ambassade d’Allemagne de l’Ouest à Stockholm et y prend en otage les douze fonctionnaires présents. Le commando « Holger Meins », du nom d’un des leaders de l’organisation terroriste allemande d’extrême gauche, mort en prison le 9 novembre 1974 au terme d’une grève de la faim, réclame la libération de vingt-six membres de la RAF incarcérés, en particulier le groupe Baader- Meinhof, ou « bande à Baader », qui réunit Andreas Baader, Ulrike Meinhof, Gudrun Ensslin et Jan- CarlRaspe. La police suédoise et le gouvernement d’Olof Palme souhaitent entamer des négociations, mais le chancelier allemand Helmut Schmidt se montre intransigeant. En réponse, l’un des terroristes abat un premier otage, l’attaché militaire Andreas von Mirbach, puis un second, l’attaché au commerce Heinz Hillegaart, et menace de tuer un otage toutes les heures. C’est l’explosion accidentelle d’une charge de TNT qui met fin à la prise d’otages, enflammant le bâtiment et blessant grièvement deux des terroristes  : Ulrich Wessel, qui meurt peu après, et Siegfried Hausner, extradé avec ses complices en Allemagne, où il décède un mois après. Une dizaine d’années plus tard, le 28 février 1986, la Suède subit un autre choc  : l’assassinat du Premier ministre Olof Palme, qui ne sera jamais clairement élucidé. UTOPIE MEURTRIÈRE De ces deux drames qui résonnent de façon particulièrement traumatisante pour les Suédois, le criminologue et écrivain Leif G. W. Persson a tiré une succession de passionnants romans policiers, adaptés en miniséries par la SVT, la télévision suédoise. Dans Le quatrième homme, tiré d’Autre temps, autre vie, le chef de la police de sécurité Lars Martin Johansson et l’inspectrice Jeanette Eriksson mènent une enquête vertigineuse, de 1989 à 2011, sur les probables complicités suédoises du commando Holger Meins, et leur implication dans le présent. D’après deux autres romans de Persson, Entre le désir de l’été et le froid de l’hiver et Comme dans un rêve, la série Death of a Pilgrim, tournée en 2013 par la même équipe de réalisateur et d’interprètes, lance Johansson et Eriksson sur l’affaire Olof Palme, énigme politique et criminelle qui n’en finit pas de hanter la psyché du royaume scandinave, telle une blessure toujours ouverte. Marie Gérard ZDF/PETER CEDERLING
MARIO TAMA/GETTY IMAGES Mardi 28 novembre à 22.35 Documentaire Colombie, le silence des armes Lire page 18 Natalia Orozco Une paix fragile Justice « C’est la question qui a divisé et divise encore aujourd’hui l’opinion publique  : comment admettre que les Farc, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, qui ont commis des crimes injustifiables, n’aillent pas en prison ? C’est très difficile à supporter, même pour moi qui crois profondément à la négociation comme seul chemin pour arriver à la paix, mais il n’y avait pas d’autre choix. Les commandants de la guérilla n’auraient jamais accepté de négocier pour finir leurs jours en prison, après cinquante ans de lutte. Comme dans tous les processus de paix à travers le monde, les deux parties se sont accordées sur une justice spéciale. Les guérilleros comparaîtront devant un tribunal et devront dire la vérité. En échange, ils recevront des peines alternatives à la prison. Dans le cas où un tribunal prouve qu’ils mentent et cachent des informations importantes, ils perdront automatiquement ces privilèges et comparaîtront en justice traditionnelle. » Vérité « Les victimes veulent savoir où sont les disparus, où sont enterrés les corps. Ce processus devra également mettre au jour les routes de la drogue, révéler à qui appartenaient les cultures illicites et si les Farc ont encore de l’argent ou des armes cachées. Mais surtout – et c’est la vérité la plus importante –, la Colombie a besoin de savoir avec quelles forces au sein des institutions, du gouvernement, de l’armée et de la police, les Farc et les forces paramilitaires Dans Colombie, le silence des armes, la réalisatrice Natalia Orozco retrace, de l’intérieur, les étapes du processus de paix entre les Farc et le gouvernement. Un an après la signature de l’accord, elle éclaire les défis que doit aujourd’hui relever son pays. ont travaillé. Qui les a financés ? Si les militaires et les élites colombiennes ne parlent pas, si seule la guérilla le fait, le processus de paix ne sera qu’une illusion. Des générations continueront à croire que le pays se divise entre les bons et les mauvais, et que les guérilleros sont les seuls mauvais. Or, il n’y a rien de moins vrai. » Divisions « Si je dis toujours que je n’ai jamais connu un seul jour de paix dans ma vie, aujourd’hui, je peux affirmer que je n’ai jamais vu la Colombie aussi divisée. Au-delà de la difficulté à pardonner, je pense que l’opposition aux accords est liée à deux autres raisons. D’abord, le processus de paix oblige les grands propriétaires terriens à rendre une partie de leurs terres aux paysans. Or ceux-ci ne veulent pas perdre leurs privilèges. Ensuite, les élites colombiennes, les propriétaires terriens, les industriels, les multinationales ont peur que les Farc parlent et que l’opinion publique apprenne la vérité, à savoir leur rôle dans le financement de la guérilla et des paramilitaires, et leur implication dans le déplacement des populations les plus vulnérables. Je ne justifierai jamais les excès commis par les Farc, mais eux sont en train de demander pardon, presque toutes les semaines, dans tous les coins de la Colombie. On attend que les autres, l’armée, les élites, les grands médias, l’Église fassent de même. » Propos recueillis par Laetitia Møller ARTE MAG N°48. LE PROGRAMME DU 25 NOVEMBRE AU 1 ER DÉCEMBRE 2017 9



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