Arte Magazine n°2017-42 14 oct 2017
Arte Magazine n°2017-42 14 oct 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-42 de 14 oct 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : roundup, l'herbicide à pulvériser.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°42. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 OCTOBRE 2017 6 En 2016, victimes et scientifiques dénonçaient, devant le Tribunal international Monsanto, le désastre sanitaire de l’herbicide Roundup. Entretien avec Marie-Monique Robin, qui a filmé ce procès pionnier. « Un énorme enjeu de santé publique » Marie-Monique Robin Mardi 17 octobre à 20.50 Documentaire Le Roundup face à ses juges Lire page 18 Pourquoi revenez-vous à la charge contre Monsanto, presque dix ans après votre enquête événement * ? Marie-Monique Robin  : En 2014, deux citoyens suisses m’ont proposé de parrainer cette idée d’un Tribunal international Monsanto. J’ai accepté, à condition qu’au-delà de la dimension symbolique il s’agisse d’un vrai tribunal, avec des juges professionnels et d’authentiques victimes. Lequel émettrait des avis juridiques d’autorité, utiles à des avocats lors d’éventuels procès contre la firme. J’ai ensuite identifié des victimes avec des dossiers sérieux aux quatre coins du monde, et je les ai filmées chez elles, avant qu’elles ne témoignent. L’objectif était aussi de progresser sur la reconnaissance du crime d’écocide par le droit international et de l’inclure – comme le génocide ou le crime contre l’humanité – dans le statut de Rome qui fonde la Cour pénale internationale de La Haye. Quels sont les dangers du glyphosate ? Il y a dix ans, quand j’enquêtais sur Monsanto, il existait peu d’études scientifiques publiées sur les dégâts de son herbicide phare, le Roundup, et de sa molécule active, le glyphosate. Mais depuis, celles-ci se sont multipliées. Elles ont non seulement révélé que, comme l’a déclaré en mars dernier le Circ (Centre international de recherche sur le cancer), il est cancérigène, mais aussi que c’est un perturbateur endocrinien, à l’origine de malformations congénitales, un chélateur de métaux, qui prive de minéraux les plantes et les mammifères, et enfin un puissant antibiotique, qui détruit les bonnes bactéries et accroît la résistance des mauvaises. Cette molécule de l’herbicide le plus vendu au monde est l’une des plus toxiques de l’histoire industrielle, et chacun en a des résidus dans son organisme  : il s’agit d’un énorme enjeu de santé publique ! Le film intervient au moment où l’Europe et les États-Unis s’interrogent sur le renouvellement de l’homologation du glyphosate... Ces renouvellements tous les dix ans sont quasi automatiques. Aux États-Unis comme en Europe, les agences de santé trichent voire falsifient les rapports au profit de Monsanto, alors que des documents récemment déclassifiés de la firme attestent qu’elle en connaît les dangers. Mais l’avis du Circ a changé la donne, à la grande fureur de Monsanto. Je suis heureuse de savoir que Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, a décidé de s'opposer au renouvellement de l'homologation du glyphosate, comme l'avait fait Ségolène Royal en 2016. La décision de l’UE est attendue les 5-6 octobre prochains. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier * Le monde selon Monsanto EDITIONS Disponible en livre et coffret DVD M2R FILMS
(C) CHRISTIAN LEIBER - OPÉRA NATIONAL DE PARIS/(C) PHILIPPE GONTIER/BARTEK WARZECHA Grand spectacle ARTE retransmet en quasi-direct de l’opéra Bastille l’un des spectacles phares de la rentrée lyrique, une version rare du Don Carlos de Verdi. Promenade en coulisses. « Ça cogne, hein ! » Tels des écoliers à la sortie des classes, 96 choristes s’égaillent dans un brouhaha joyeux, prenant d’assaut les ascenseurs de l’opéra Bastille ou se hâtant vers la sortie en fredonnant, à l’issue d’une heure de « répétition piano » réglée comme du papier à musique. Ça a « cogné », en effet. Trente jours avant la première des représentations de Don Carlos, le 10 octobre, le « grand finale » de l’acte III a fait vibrer avec une puissance impressionnante les cintres de la salle, jouxtant le plateau scénique, qui abrite la première phase du travail. Autour du metteur en scène Krzysztof Warlikowski, il s’agit de mettre en place scène par scène le déroulé de l’œuvre. Au terme de cette ébauche générale, celle-ci sera peaufinée en détail avec les interprètes, qui, comme le chef d’orchestre Philippe Jordan, ont auparavant travaillé toute une année sur la partition. Ce n’est que dans la dernière ligne droite des répétitions que celui-ci réunira sous sa baguette l’énorme effectif de cette superproduction lyrique, instruments et chanteurs confondus. VERSIONS ORIGINALES Planifiée à la minute près, dans une répartition complexe des salles et des artistes que peut compromettre le moindre quart d’heure de retard, la séance présente, pour le profane, un déconcertant mélange de décontraction et de précision. Du pianiste flegmatique qui se promène à la demande dans la partition verdienne aux bavardages polyglottes ponctuant chacun des airs au programme, l’ambiance est étonnamment légère, au regard de l’enjeu colossal des onze représentations à guichets fermés qui se profilent. Seul le metteur en scène polonais, qui doit hausser la voix pour se faire entendre, en français ou en anglais, de la masse des chanteurs qui lui font face, semble tenaillé par l’urgence. Entre deux arias impeccables, le baryton Ludovic Tézier (Rodrigue) et la basse Ildar Abdrazakov (le roi Philippe II) ont l’air de se raconter des histoires drôles ; et le ténor tchèque Pavel Cernoch, qui partage le rôle-titre avec Jonas Kaufmann, papote en russe avec une assistante de la soprano Ekaterina Gubanova (la princesse Eboli, qu’interprétera d’abord Elina Garanca). Pourtant, que Philippe II s’avance en titubant, brandissant une bouteille, que l’infant Carlos surgisse devant son père, épée à la main, que le chœur célèbre ou conspue les députés flamands venus supplier l’oppresseur espagnol (« Ce Philippe Jordan jour est un jour de colère, un jour de deuil et d’effroi... ») , chacun des tableaux à peine esquissé – musicalement aussi, pour épargner les voix – fait surgir, comme par surprise, une intense émotion. Au-delà du drame historique, Krzysztof Warlikowski, qui a le don de susciter l’extase ou la fureur des aficionados, veut mettre à nu la tragédie intime de personnages prisonniers de l’étiquette et du pouvoir. Si le temps lui est compté pour faire advenir cette alchimie, le prestige de l’affiche comme la rareté de la version originale française de l’œuvre, présentée qui plus est dans sa quasi-intégralité, cent cinquante ans après sa création à Paris par Verdi, font d’ores et déjà de Don Carlos l’événement de la rentrée lyrique. Irène Berelowitch Jeudi 19 octobre à 20.55 Opéra « Don Carlos » à l'Opéra de Paris Lire page 23 ES  : 1-1075037, 1-1075038, 2-1075039, 3-1075040 DIRECTION MUSICALE PHILIPPE JORDAN MISE EN SCÈNE KRZYSZTOF WARLIKOWSKI CHEF DES CHŒURS JOSÉ LUIS BASSO Giuseppe Verdi OPÉRA BASTILLE DU 10 OCTOBRE AU 11 NOVEMBRE 2017 Krzysztof Warlikowski 7ARTE MAG N°42. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 OCTOBRE 2017 OPERADEPARIS.FR 08 92 89 90 90 (0,35 € TTC/MIN)



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