Arte Magazine n°2017-41 7 oct 2017
Arte Magazine n°2017-41 7 oct 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-41 de 7 oct 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : invitation au voyage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°41. LE PROGRAMME DU 7 AU 13 OCTOBRE 2017 8 Goscinny L’imagination au pouvoir Créateur d’Astérix, de Lucky Luke, d’Iznogoud, René Goscinny disparaissait il y a quarante ans. Dans un documentaire truculent, Guillaume Podrovnik, par ailleurs dessinateur, lui rend hommage. Il dévoile ici quatre facettes du père de la BD moderne. Guillaume Podrovnik par lui-même Dimanche 8 octobre à partir de 17.35 Documentaire Goscinny, notre oncle d’Armorique Lire page 14 Le globe-trotteur « Né à Paris en 1926, René Goscinny a grandi à Buenos Aires, considéré à l’époque comme le New York du Sud. Il fréquente le lycée français et la communauté juive. Enfant, il est marqué par le personnage du dessin animé argentin Patoruzú, un Indien à la force extraordinaire, et par celui d’Upa, son jeune frère. Ils lui ont sans doute inspiré les personnages d’Astérix et Obélix. À Paris, où il rend régulièrement visite à sa famille maternelle, il découvre Les pieds nickelés, la seule bande dessinée française subversive de l’époque. À 19 ans, il part vivre sept ans à New York et y rencontre la future équipe du magazine satirique Mad, qui l’a influencé pour la création de Pilote. » Le cinéphile « Avec son père, passionné de cinéma, il va voir toutes les comédies et adore Buster Keaton et Laurel et Hardy. Il se nourrit aussi des westerns de John Ford et des films d’animation de Walt Disney. La force de Goscinny réside dans la puissance de ses structures narratives, une qualité très anglo-saxonne. » L’incompris « En 1968, toutes les autorités sont contestées, y compris celle de Goscinny, alors rédacteur en chef de Pilote. Selon Mézières, le créateur de Valérian et Laureline, que Goscinny a pris sous son aile comme tant d’autres, les dessinateurs revendiquaient aussi de prendre la main sur la direction artistique du journal, dont la mise en page leur déplaisait. Parce qu’au même moment arrive Mai-1968, la contestation prend une forme virulente et Goscinny se retrouve seul face au belliqueux syndicat des dessinateurs. C’est totalement injuste et il ne s’en remettra jamais. » L’antiprocrastinateur « Goscinny est un bourreau de travail, à l’image des dessinateurs américains qu’il a rencontrés à New York. Du lundi au vendredi midi, il travaille à Pilote. Le soir, il écrit des scénarios pour des BD dans des journaux, des chroniques et des articles pour la presse. Le vendredi midi, il va au cinéma. Tout le week-end, il écrit les scénarios de ses propres BD  : Astérix, Lucky Luke, Iznogoud, etc. Il n’arrête jamais. Ce rythme de travail infernal, et son hygiène de vie assez churchillienne, sont sans doute la cause de sa mort prématurée, à 51 ans. » Propos recueillis par Laure Naimski Deux expositions marquent le 40 e anniversaire de la mort de René Goscinny  : Goscinny – Au-delà du rire au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à partir du 27 septembre, et, en partenariat avec ARTE, Goscinny et le cinéma à la Cinémathèque française à partir du 4 octobre. RENÉ GOSCINNY INSTITUT
RENEE KEITH-GETTY IMAGES Des films de George Romero à The Walking Dead, le zombie incarne la mauvaise conscience de l’homme moderne. Portrait d’un héros de la culture populaire avec Tous zombies, websérie incisive en ligne sur arte.tv. EXCLUSIVITÉ NUMÉRIQUE Websérie documentaire Tous zombies En ligne sur arte.tv/zombies Morts-vivants Un succès monstre Des foules habillées en haillons et fardées de faux sang  : organisées partout dans le monde, les marches zombies (zombie walks en anglais) montrent que le mort-vivant est devenu, en quelques décennies, le meilleur ami de l’homme. Coproduite par ARTE France et Bridges, la websérie Tous zombies raconte cet avènement et sa déflagration dans la culture populaire. En treize épisodes de cinq minutes, truffés d’images d’archives, le réalisateur Dimitri Kourtchine décrypte notre peur et notre goût du zombie. Du mythe vaudou haïtien à la déferlante macabre de la série The Walking Dead, il retrace avec maestria la généalogie d’un monstre qui intéresse autant les fans de jeux vidéo et les réalisateurs de séries B que le philosophe Gilles Deleuze. MIROIR DÉFORMANT Si le zombie existe depuis plusieurs siècles, il prend un nouveau départ avec La nuit des morts-vivants, sorti en 1968. Le film de George A. Romero met en scène un héros noir, dans une Amérique où le Black Panther Party lutte contre la discrimination raciale. Il n’en faut pas plus pour qu’en France le critique de cinéma Serge Daney ne décèle dans l’œuvre de Romero une critique politique... Par la suite, le mort-vivant deviendra peu à peu l’incarnation du doute existentiel de la société capitaliste. Il a engendré nombre d’avatars, ses codes esthétiques étant plus malléables que ceux du vampire. Tous zombies s’amuse ainsi à dénicher de truculentes apparitions du monstre sanguinolent dans le cinéma de série B des années 1970 (dont une scène gore tirée d’un film de l’Italien Lucio Fulci) ou dans les jeux vidéo édités deux décennies plus tard (notamment dans Resident Evil). Aux côtés de Romero, des spécialistes du zombie (Julien Bétan, Chera Kee…) ainsi que le journaliste Rafik Djoumi (aux manettes du webmagazine Bits sur ARTE) racontent la mutation du zombie en miroir déformant d’un homme moderne traînant de nombreuses casseroles  : consommation compulsive, glissement progressif dans le travail robotisé, indifférence au sort du monde… L’utilisation récurrente du mot « zombie » prouve que cette icône de la contre-culture a envahi la psyché collective, au point de servir parfois de bouc-émissaire. Ainsi Jared Kushner, le gendre et conseiller de Donald Trump, avait-il décidé durant la campagne présidentielle de placer des publicités antimigrants au beau milieu d’épisodes de The Walking Dead, la triste réalité rattrapant la fiction… Nicolas Bole En partenariat avec ARTE MAG N°41. LE PROGRAMME DU 7 AU 13 OCTOBRE 2017 Oécranlarge 9



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