Arte Magazine n°2017-38 16 sep 2017
Arte Magazine n°2017-38 16 sep 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-38 de 16 sep 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : Vietnam.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 SEPTEMBRE 2017 8 Science sans patience Pour la deuxième saison de Tu mourras moins bête, série animée de vulgarisation scientifico-trash, le prof Moustache continue de pulvériser les clichés de la pop culture et le bon goût. Entretien avec sa créatrice, Marion Montaigne. Dans cette deuxième saison, vous étrillez une fois encore la pop culture. Quel genre de spectatrice êtes-vous ? Marion Montaigne  : Je suis insupportable ! Dès que je regarde un film, je râle comme un pou à la moindre approximation scientifique. Mais la pop culture m’est très utile pour accrocher le spectateur, car qui se lève le matin en se disant  : « Tiens, aujourd’hui, je vais me passionner pour la génétique » ? Tout le monde a les mêmes stéréotypes en tête. Moi-même, lorsqu’on me propose d’aller dans un laboratoire pour y observer des lasers, je m’imagine toujours une grande pièce avec des faisceaux tueurs rouges qui quadrillent l’endroit. C’est bien sûr très loin de la réalité... Vous n’épargnez personne, pas même les héros de notre enfance... Je dois avouer que je suis un peu sadique, et la nostalgie très américaine de l’enfance m’agace énormément. J’ai, par exemple, tiré à boulets rouges sur Nemo, le dessin animé. J’aime bien massacrer les Pixar. Le monde de Nemo, je trouve ça niais, et en plus, après le film, les trois quarts des océans ont été vidés de leurs poissons-clowns ! Sur Internet, l’épisode Pourquoi les ados sont-ils mous ? totalise des centaines de milliers de vues. Comment l’expliquez-vous ? Les animateurs et les storyboarders qui travaillent sur la série ont fait un boulot formidable, en particulier sur cet épisode. Ce sujet nous concerne tous, Tous les jours à 20.45 Série d’animation Tu mourras moins bête Lire page 16 et j’imagine qu’on l’envoie à sa tante Germaine sur le mode  : « Regarde, c’est ton fils ! » Je me suis inspirée de L’ado (et le bonobo), le très bon livre de Natalie Levisalles, qui a compilé toutes les études sur le sujet pour apporter un éclairage scientifique à l’inertie adolescente. En fait, les pauvres en prennent plein la poire et ils n’y sont pour rien ! La communauté scientifique vous a-t-elle adoptée avec Tu mourras moins bête ? Certains scientifiques ne s’intéressent pas à la vulgarisation, mais la plupart restent ouverts. En laboratoire, ils répondent à mes questions stupides comme s’ils s’adressaient à leur grand-mère ! Grâce à eux, j’ai vécu des expériences extraordinaires qui m’ont passionnée  : j’ai tiré à l’arme à feu, suivi des chercheurs qui travaillaient sur les testicules des mouches et même effectué un vol à gravité zéro au côté d’un dramaturge en pyjama qui avait un carton sur la tête pour une « expérience corporelle »... Vous publiez à l’automne un livre * consacré à Thomas Pesquet... J’ai rencontré Thomas un an avant son départ dans l’espace. Il était alors inconnu du grand public. Dans ce livre, j’explore le métier d’astronaute à travers lui. Propos recueillis par François Pieretti * La bande dessinée Dans la combi de Thomas Pesquet (Éd. Dargaud) sera publiée le 24 novembre. WOLLMER/FOLIMAGE-EX NIHILO
DIDIER GOUPY/MONA LISA Comment définiriez-vous l’hypnose ? Jean-Marc Benhaiem  : L’hypnose recouvre deux phases  : la première plonge le patient dans la fascination et la confusion, afin de lui permettre, dans un second temps, d’accéder à la transformation. En quelque sorte, il s’agit de troubler pour réorganiser, un peu comme un puzzle dont on mélangerait les pièces pour le reconstruire de manière cohérente. L’objectif est d’aider une personne à se sentir plus à l’aise dans sa vie, dans son travail ou dans son corps, et à retrouver une harmonie pour mieux s’adapter à une situation. Que se passe-t-il alors sur le plan cérébral ? La première phase de confusion ressemble à un état de relaxation, mais c’est surtout la seconde étape qui est importante. L’imagerie cérébrale montre alors une augmentation de l’activité et des phénomènes attentionnels  : dans le cerveau, cela circule dans tous les sens. Tout le monde peut-il y être réceptif ? Chacun est sensible à la suggestion. Sinon, on ne pourrait ni apprendre à lire et à écrire ni ressentir d’émotions, artistiques notamment. Mais les gens le sont à des degrés divers. Les « peu suggestibles » se protègent, préfèrent éviter ce type d’expériences. Pourtant, eux aussi peuvent y devenir plus sensibles. Quels sont les usages médicaux de l’hypnose ? Le prisme est très large. Si elle ne traite pas les pathologies bactériennes, virales ou cancéreuses, elle soigne la relation d’une personne à son corps ou à son environnement. Migraines, colopathies, douleurs chroniques, dépressions, anxiété, phobies, insomnies, addictions...  : tout ce qu’on ne peut résoudre avec des médicaments. On l’utilise aussi pour des anesthésies locales ou avant une anesthésie générale, afin que la personne soit moins angoissée. Mais l’hypnose ne se substitue pas à l’anesthésie, elle en améliore les conditions et atténue les douleurs postopératoires. Elle est aussi très recommandée, par exemple, pour les accouchements avec ou sans péridurale. Le documentaire montre que l’Assistance publique en France s’y est convertie tardivement, en 2013. Ce sont des vagues. Du temps de Charcot, par exemple, l’hypnose était utilisée à la Salpêtrière par tous les médecins et les psychiatres, puis la mode est passée. Aujourd’hui, elle revient en Europe, mais décline aux États-Unis. Vous prônez la formation des médecins... C’est le grand chantier à mener. Il faut réintroduire l’hypnose dans le cursus médical, c’est-à-dire aussi cesser de percevoir le patient comme un objet qu’on répare, mais prendre davantage en compte les émotions de chacun et la dimension humaine. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier *Jean-Marc Benhaiem dirige les diplômes universitaires d’hypnose médicale à la Pitié- Salpêtrière. Samedi 16 septembre à 22.25 Documentaire Les fabuleux pouvoirs de l’hypnose Lire page 12 Efficace contre la douleur, l’hypnose peut aussi traiter les phobies, l’anxiété et les addictions. Précisions avec Jean-Marc Benhaiem*, médecin et hypnothérapeute, qui intervient dans le passionnant documentaire Les fabuleux pouvoirs de l’hypnose. « Réparer la relation au corps » Programmation spéciale Les pouvoirs de l’esprit sur le corps Samedi 16 septembre à 22.25 Les fabuleux pouvoirs de l’hypnose Samedi 23 septembre à 22.40 Les étonnantes vertus de la méditation Samedi 7 octobre à 22.30 L’effet placebo Disponible chez ARTE Éditions/Belin  : Les fabuleux pouvoirs de l’hypnose, de Betty Mamane. ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 16 AU 22 SEPTEMBRE 2017 9



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