Arte Magazine n°2017-37 9 sep 2017
Arte Magazine n°2017-37 9 sep 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-37 de 9 sep 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Kim Kong.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 SEPTEMBRE 2017 8 De sang et de mystère Ils embrasent les médias pour révéler la part d’ombre et les fantasmes enfouis de leur époque. De Jack l’Éventreur au crash des Andes, focus sur cinq des dix films de la collection Faits divers, l’histoire à la une, qui revisite une page d’histoire à la lumière noire d’un événement ayant marqué les mémoires. Samedi 9 septembre à 16.30 Collection documentaire Faits divers, l’histoire à la une (1 & 2) Lire page 10 Jack l’Éventreur, l’invention du serial killer «Jack the Ripper»  : le surnom claque comme un slogan publicitaire. Depuis plus d’un siècle, l’éventreur de Whitechapel, incarnation du mal absolu, fascine, inspirant œuvres littéraires et cinématographiques, de Pabst à Hitchcock. En août 1888, alors que l’Angleterre, première puissance économique mondiale, prospère, l’assassinat sauvage et l’éviscération de prostituées dans l’East End de Londres éclaboussent de sang et de soufre la puritaine société victorienne, révélant l’envers de la révolution industrielle, ses bas quartiers oubliés et la misère de ses forçats de l’ombre. À l’aube de la psychanalyse, ces crimes sexuels – une notion qui émerge – nourrissent les fantasmes sur les vices présumés des pauvres comme sur les perversions bourgeoises. Et tandis que la peur et l’horreur affolent les tirages de la presse populaire, la police scientifique balbutiante, malgré un profilage précurseur, échoue à identifier le criminel, premier serial killer de l’histoire. Violette Nozière, l’empoisonneuse parricide Derrière son béret noir et son impassible regard, cette icône de la transgression a dynamité les tabous de la société française patriarcale. En 1933, deux mois après l’accession de Hitler au pouvoir, dans un deuxpièces cuisine parisien, Violette Nozière, 18 ans, empoisonne son cheminot de père et sa mère, qui en réchappe. Mais le «monstre en jupons» à la vie dissolue, pour lequel de vertueux parents se seraient sacrifiés, se défend bientôt en évoquant un inceste qu’elle a subi, un acte encore jamais dénoncé publiquement. Alors que l’opinion passionnée suit l’enquête en images à la faveur des débuts de la photo de presse, la parole d’autres victimes se libère et les surréalistes consacrent la parricide figure de résistance. Condamnée à mort, elle sera graciée à quatre reprises et réhabilitée en 1963. PROGRAM 33
GETTY IMAGES/ PROGRAM 33 Roswell, l’invention des soucoupes volantes En 1947, les mystérieux débris d’un engin à Roswell, dans le désert du Nouveau- Mexique, alimentent la rumeur d’une visite extraterrestre, corroborée par une kyrielle de témoignages d’Américains prétendant avoir aperçu des soucoupes volantes dans le ciel. L’armée de l’air dément bientôt en évoquant un ballon-météo, sans convaincre, et la télévision naissante s’empare du phénomène. Certains affirment même que des extraterrestres auraient été récupérés dans le plus grand secret, photos spectaculaires à l’appui. Entre crainte du péril rouge à l’aube de la guerre froide et inquiétudes sur la révolution technologique en cours, les premières théories conspirationnistes se développent, quand les ovnis, totems de la science-fiction, s’installent durablement dans l’imaginaire populaire. En 1994 seulement, l’US Air Force confesse qu’il s’agissait des restes d’un instrument top secret pour espionner les Soviétiques. Le crash des Andes, l’inavouable anthropophagie En octobre 1972, un avion uruguayen disparaît au-dessus de la cordillère des Andes. À son bord, de jeunes rugbymen de la haute société de Montevideo, qui incarnent l’avenir de leur pays, quand l’Amérique latine traverse une crise profonde, entre putschs militaires et guérillas marxistes. Si la catastrophe n’émeut pas la planète, le sauvetage des rescapés, retrouvés soixante-douze jours plus tard, bouleverse l’opinion internationale. Car les héros, photographiés hilares devant la carcasse, ont survécu dans des conditions extrêmes. Mais après l’euphorie, les révélations d’anthropophagie – les survivants ont mangé les cadavres de leurs camarades – bousculent les consciences, faisant écho au mythe du cannibale sauvage sur le continent colonisé. Identification, condamnation ou compréhension, le débat fait rage. Le Vatican, de son côté, absout les anthropophages chrétiens, réhabilités et in fine salués pour leur esprit soudé envers et contre tout. La tuerie de Jonestown, une apocalypse américaine C’est un gigantesque et effroyable charnier – 918 corps entassés, dont ceux de 270 enfants – que le monde en état de choc découvre à la télévision. En 1978, Jim Jones, gourou du Temple du peuple, une secte religieuse se revendiquant communiste, orchestre à Guyana, où il s’est installé avec ses adeptes, le plus grand suicide collectif de l’histoire moderne. À la veille de la vague néoconservatrice reaganienne, la tragédie est perçue comme la face apocalyptique des utopies communautaristes et des spiritualités alternatives de la décennie, lesquelles s’inscrivaient contre la société de consommation. Mais entre croyances et violences, la mort de masse de Jonestown est aussi une histoire américaine. Sylvie Dauvillier ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 SEPTEMBRE 2017 9



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