Arte Magazine n°2017-37 9 sep 2017
Arte Magazine n°2017-37 9 sep 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-37 de 9 sep 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Kim Kong.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 SEPTEMBRE 2017 6 Dans la minisérie Kim Kong, une ode drôle et touchante au cinéma, Jonathan Lambert campe un réalisateur blasé kidnappé par un dictateur pour tourner un improbable remake des aventures du gorille géant. Entretien. L’otage, le despote et le gorille Jeudi 14 septembre à 20.55 Kim Kong (1-3) Lire page 23 Dans Kim Kong, tout le monde est décalé, sauf vous... Jonathan Lambert  : C’était assez nouveau pour moi et c’est ce qui m’a plu. L’humour ne repose pas sur mon personnage, mais sur les situations. Je n’avais pas besoin de mettre un masque, d’être dans l’outrance – ce que par ailleurs j’aime beaucoup faire –, car quand une situation est drôle ou folle, il ne faut pas en rajouter. Stephen Cafiero avait donc tendance à contenir mon jeu  : il me demandait d’être le plus neutre possible. Par ailleurs, au-delà de la comédie, il y a dans cette histoire une dimension très touchante. J’ai été séduit par ce mélange d’audace et de sincérité. Comment voyez-vous l’évolution de votre personnage, Mathieu Stannis ? Au départ, il n’est clairement pas sympathique. En fait, il ne s’aime pas, donc on ne peut pas l’aimer. Il n’est pas devenu l’homme qu’il voulait être quand il était jeune et cela le rend aigri, frustré. Mais progressivement, on s’attache à lui car l’épreuve qu’il traverse le conduit à s’investir à nouveau dans son travail, à y trouver du sens. Il est mis dans une situation tellement contraignante qu’il est obligé d’avoir un sursaut, ne serait-ce que pour survivre. Kim Kong parle de cela  : comment créer sous la contrainte ? STEPHANE CARDINALE - CORBIS/KWAI - PÉNÉLOPE POURRIAT
KWAÏ/JEAN-CLAUDE LOTHER/KWAI - THANAPORN ARKAMANON Vous êtes-vous inspiré de réalisateurs réels pour jouer ce rôle ? J’en avais un sous la main tous les jours, je pouvais me tourner vers lui ! Dès que je disais «Coupez», j’entendais l’écho derrière moi... Cet aspect «film dans le film» créait un effet miroir assez troublant sur le tournage, comme un jeu de poupées russes qui brouillait nos repères. Il y a eu quelques méprises amusantes entre l’équipe du faux film et celle du vrai ! Pour reprendre des références citées dans le scénario, vous êtes plutôt King Kong ou François Truffaut, en tant que spectateur ? Je ne mets pas de barrières entre les genres. Il y a des films de la Nouvelle Vague que j’adore, et d’autres auxquels je ne suis pas vraiment sensible. J’aime le cinéma populaire, le cinéma de genre, les séries B. Je peux même aimer des films qui flirtent avec le navet, parce qu’ils ont quelque chose d’unique. Et je n’ai pas besoin de me faire violence pour regarder un soir Les quatre cents coups et le lendemain L’attaque de la moussaka géante... Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène Du plaisir de fabriquer un film Stephen Cafiero, réalisateur  : J’ai été touché par le sujet, les vertus de la contrainte dans la création. Je viens de la publicité, alors je suis habitué à travailler dans la contrainte ! Bien évidemment les conditions n’y sont pas dictatoriales, mais je peux quand même m’identifier à la situation du héros. Ce qui m’a plu, par ailleurs, c’est la possibilité de raconter une histoire riche en émotions diverses. Parce que c’est quand elle repose sur un fond dramatique que la comédie devient vraiment intéressante. C’était aussi l’occasion de pousser le talent de Jonathan Lambert dans une nouvelle direction. Il avait très envie de ce rôle, et je crois qu’il y a pris beaucoup de plaisir, comme tous les autres comédiens. Avant le tournage, j’ai fait d’importantes recherches iconographiques, en piochant des éléments visuels dans des dictatures de tous horizons  : en Afrique, en ex-URSS, en Asie. Hormis les extérieurs qu’on est allés chercher en Thaïlande, tout a été tourné en région parisienne, dans des décors réels. C’était crucial de pouvoir donner corps de manière crédible à ce pays imaginaire. Le travail des décorateurs a été parachevé en postproduction par des effets spéciaux minutieux, qui ont le mérite de ne pas être ostentatoires. Avec Simon Jablonka et Alexis Le Sec (les créateurs de la série), on a choisi de faire parler les acteurs en mandarin, qui est une langue très usuelle. On ne voulait pas orienter le propos en stigmatisant tel ou tel pays. Kim Kong ne se situe pas sur le terrain de la dénonciation, ni de la moquerie. Pour moi, c’est une série qui parle avant tout du plaisir de fabriquer un film et de l’amour du cinéma sous toutes ses formes. 7ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 SEPTEMBRE 2017



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