Arte Magazine n°2017-36 2 sep 2017
Arte Magazine n°2017-36 2 sep 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-36 de 2 sep 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Belmondo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 SEPTEMBRE 2017 8 Agatha Christie ou l’art de la manipulation Mercredi 6 septembre à 22.20 Documentaire Agatha Christie contre Hercule Poirot Qui a tué Roger Ackroyd ? Lire page 21 Jean-Christophe Klotz Après vos enquêtes sur le Rwanda ou sur l’affaire Karachi, vous vous intéressez cette fois à un roman d’Agatha Christie. Comment est né ce projet singulier ? Jean-Christophe Klotz  : Un ami producteur m’a fait découvrir un essai de Pierre Bayard * dans lequel il propose une déconstruction du Meurtre de Roger Ackroyd par l’analyse de ses dispositifs narratifs. Dans ce roman, l’histoire est racontée par le meurtrier, un procédé original car, dans la convention littéraire, le narrateur n’est pas censé manipuler le lecteur. Pierre Bayard mène dans cet ouvrage une sorte de contre-enquête en remettant en question la version d’Agatha Christie et en instillant le doute  : et si elle avait commis une erreur judiciaire ? Et si elle s’était trompée de coupable ? Il montre qu’à partir d’une même situation on peut arriver à des conclusions tout autres. Ce film paraît néanmoins assez éloigné de votre travail journalistique habituel... Cela peut sembler un détour un peu fantasque par rapport à ce que j’ai fait jusqu’à présent, mais, au fond, cela reste proche de mes préoccupations car il existe, ici aussi, une dimension politique. Dans un roman policier, des indices sont savamment distillés pour amener le lecteur à une vérité univoque  : celle de l’auteur. J’y vois un parallèle avec la propagande et la dictature, qui imposent une vision biaisée de Jean-Christophe Klotz, journaliste et réalisateur, propose une étonnante relecture du Meurtre de Roger Ackroyd, le deuxième roman d’Agatha Christie. Entretien. la réalité en sélectionnant certains éléments plutôt que d’autres. Ce que j’ai trouvé passionnant dans le travail de Pierre Bayard, c’est l’incitation à une lecture subversive, l’encouragement au libre arbitre du lecteur, du spectateur, du citoyen. Comment êtes-vous passé d’un essai littéraire à un documentaire ? J’ai tout de suite pensé que le cinéma pouvait apporter une plus-value à cette réflexion. Certains dispositifs narratifs d’Agatha Christie correspondent à des effets filmiques. Elle utilise par exemple beaucoup l’ellipse, qui se trouve au cœur du montage cinématographique. Je me suis également inspiré de son procédé, celui du narrateur susceptible de vous manipuler. Cela m’intéressait de me placer dans une zone intermédiaire, entre le réel et la fiction. Ce qui me plaît dans le documentaire, c’est qu’on ne dupe pas le spectateur  : on lui rappelle sans cesse qu’il existe un dispositif, une narration et, donc, une part de subjectivité. Ce film est avant tout un exercice de style avec l’envie de dire à chacun  : « Réfléchissez à ce que vous voyez. On peut toujours raconter les choses de différentes façons. » Propos recueillis par Laetitia Møller * Qui a tué Roger Ackroyd ? (Éditions de Minuit, 1998). LES FILMS DU POISSON
Concoctée en alternance par une équipe allemande et une française, Tracks, l’émission cultissime d’ARTE dédiée aux contre-cultures, fête ses 20 ans ! Entretien avec deux de ses rédacteurs en chef, David Combe et Jean-Marc Barbieux. « Toujours à côté de la plaque » Jean-Marc Barbieux et David Combe Tracks a 20 ans Célébrant la culture pop d’hier et les pionniers de demain, Tracks fête ses deux décennies avec trois émissions spéciales. Vendredi 8 septembre Rétro-futur à 23.55 Lire page 25 Vendredi 15 septembre Toujours à côté de la plaque à 23.50 Vendredi 22 septembre Tracks Remix 20 ans à 23.45 Que représente ce vingtième anniversaire de Tracks pour vous ? Jean-Marc Barbieux  : De la fierté pour toute notre équipe, forcément. L’amusant, c’est que Tracks suscite des vocations, elle agit comme un déclencheur pour de jeunes artistes. Récemment, le jeune patron d’un musée me disait avoir découvert l’art contemporain grâce à Tracks. David Combe  : Quand on a fêté nos dix ans, nous avions comme mot d’ordre  : « Dix ans d’âge mental. » Autrement dit, ne pas vieillir, rester curieux, éviter de tomber dans la routine. J’ai l’impression que depuis ces deux décennies on n’a toujours pas acheté de rétroviseur. Et donc pour ce vingtième anniversaire, notre mot d’ordre est  : « Toujours à côté de la plaque. » Refuser de rentrer dans le rang, d’être sage ou modéré, éviter ce risque, fréquent avec l’âge, de prendre des habitudes. Et comment vous y prenez-vous ? D.C.  : Nous avons des règles. Déjà, ne jamais parler des morts – on n’a pas assez de place pour les vivants –, ni deux fois de la même personne. Celui qui regarde Tracks doit toujours être surpris, voire bousculé, par nos grands écarts culturels. L’idée est vraiment de varier pour faire l’émission la plus éclectique et la plus inattendue possible. J.-M. B.  : La longévité de Tracks s’explique aussi par ses évolutions. Elle n’est plus, comme à ses débuts, purement musicale. Il s’agit aujourd’hui d’une émission de société, sur l’air du temps qui dure, ce qui est assez paradoxal… On a parlé des Black Blocs, de mouvements altermondialistes et de nouvelles formes d’activisme bien avant tout le monde. Je pourrais citer de nombreux thèmes qui, lorsqu’on les traite, semblent ou sont totalement à la marge, puis finissent par devenir des sujets de société comme les autres que l’on va retrouver plus tard dans Envoyé spécial. Tracks est donc un reflet de la société ? J-M B.  : C’est plus que ça. Le reflet implique la notion de constat alors que nous sommes avant tout dans la réflexion. Pour chaque sujet, on cherche des approches, des angles différents du simple compte-rendu. Il s’agit d’identifier et de comprendre les nouveaux ingrédients qui font avancer la culture au sens large. Quels artistes avez-vous découverts avant tout le monde ? D.C.  : On a consacré une émission spéciale à Beth Ditto à l’époque où elle était encore inconnue. Nous avons aussi été parmi les premiers à tourner au Hellfest, un festival qui, alors, n’intéressait personne. Mais la fonction de Tracks n’est pas de dire à notre public  : « Pariez sur ce mec-là, il va valoir des millions ! » Il s’agit avant tout de repérer des personnes porteuses de propositions nouvelles, et de raconter leur histoire. Propos recueillis par Raphaël Badache ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 SEPTEMBRE 2017 9



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