Arte Magazine n°2017-35 26 aoû 2017
Arte Magazine n°2017-35 26 aoû 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-35 de 26 aoû 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : jeannette.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 26 AOÛT AU 1 ER SEPTEMBRE 2017 6 Dans un époustouflant film musical aux envolées électro, pop et rock, inspiré des écrits de Charles Péguy, l’imprévisible Bruno Dumont revisite l’enfance de Jeanne d’Arc. Entretien. Bruno Dumont « J’aime les commencements » Mercredi 30 août à 22.50 Téléfilm Jeannette Lire page 21 Chacun de vos films est sidérant dans sa manière d’explorer des éléments nouveaux, comme ici la chorégraphie et le chant... Bruno Dumont  : J’ai souvent peur de me répéter ou de m’ennuyer. Je tente de nouvelles aventures pour retrouver l’esprit de la première fois. J’avais vraiment envie de faire de la musique au cinéma parce qu’elle a une force d’expression intense et immédiate. C’est aussi la première fois que vous vous emparez d’un texte littéraire, et non des moindres... Jeanne d’Arc a inspiré de nombreux cinéastes, mais comme avec Camille Claudel 1915, j’explore une zone d’ombre du personnage. J’ai choisi d’évoquer son enfance car j’aime les commencements. Charles Péguy est celui qui en parle le mieux dans « Domrémy », la première partie de sa pièce Jeanne d’Arc, qui raconte l’éveil de la vocation spirituelle et guerrière de la fillette jusqu’à son départ pour délivrer Orléans. La poésie de Péguy est très belle mais difficile à comprendre. La musique et le chant m’ont aidé à la rendre accessible. On ne cherche plus à saisir le sens des mots puisque la musique prend le relais. Péguy lui-même a pris beaucoup de liberté par rapport au cadre historique. Par ailleurs, sa lecture de Jeanne d’Arc n’est pas théologique mais plutôt liturgique, afin que tout le monde puisse saisir ses textes... Péguy, qui était socialiste et athée, a écrit sur Jeanne d’Arc d’un point de vue politique plutôt que religieux. Il se révélait autant préoccupé par la question de la pauvreté sur terre que par celle de la pauvreté de l’âme. Il ne croyait pas à un monde meilleur ni à un paradis des chrétiens ou des socialistes. Il croyait au temps présent. On l’oublie mais sa pensée est ROGER ARPAJOU/DAVID KOSKAS
BERTRAND NOËL très moderne  : il est à la fois croyant et non croyant, royaliste et non royaliste, nationaliste et non nationaliste. Par sa dualité, Jeanne d’Arc est très proche de lui, car elle est en même temps une sainte et une guerrière. Je pense qu’elle répond aussi à la question de l’identité française. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de réponse  : c’est une diversité. Vous restez fidèle à votre parti pris de filmer en son direct. Comment avez-vous tourné ? Si j’aime beaucoup les comédies musicales, je suis davantage réservé sur l’utilisation du play-back qui est propre à ce genre. J’avais au contraire envie de tourner mon film en son direct comme je l’ai fait pour tous les autres. Je voulais saisir les aspérités, les imperfections, les erreurs des actrices, le vent, les vêtements qui bruissent... Tout ce qui est humain et qui, en réalité, fait la perfection. La musique n’était donc pas diffusée sur le plateau mais dans des oreillettes équipant les comédiens, qui chantaient a cappella. J’ai pu ainsi capter des ambiances. On a réintroduit la musique en postproduction. Vous continuez aussi à faire jouer des comédiens et comédiennes non professionnels. Comment les avez-vous choisis ? Les comédiennes sont toutes des environs de Calais et de Boulogne-sur-Mer, où j’ai tourné. Je les ai choisies sur des improvisations puis des premiers essais chantés de passages des textes de Péguy. La comédienne qui joue Jeanne enfant m’a vraiment impressionné par sa capacité à mémoriser et à réciter la poésie de l’auteur. C’était assez extraordinaire. Igorrr, le principal compositeur de la BO, et le chorégraphe Philippe Decouflé ont eu du mal à accepter que la fillette et l’adolescente qui interprètent Jeanne à différents âges ne sachent ni chanter ni danser. Pour moi, c’était justement de l’or. C’est pour ça que les comédiens amateurs sont de véritables mines. À travers eux, il s’agissait d’explorer la manière dont le chant et la danse surgissent dans des corps imparfaits, et révèlent en même temps la naissance de Jeanne d’Arc. Propos recueillis par Olivier Père Bruno Dumont Retrouvez la version filmée de cet entretien sur arte.tv. Cet été, Bruno Dumont tourne pour ARTE Coin Coin et les Z’inhumains, la suite de sa série P’tit Quinquin. 7ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 26 AOÛT AU 1ER SEPTEMBRE 2017



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