Arte Magazine n°2017-34 19 aoû 2017
Arte Magazine n°2017-34 19 aoû 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-34 de 19 aoû 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : british style.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°34. LE PROGRAMME DU 19 AU 25 AOÛT 2017 6 Dimanche 20 août à 22.55 Documentaire British Style Lire page 11 2006 Getty Images Vide-dressing à l’anglaise Quand Loïc Prigent, fin connaisseur de la mode, porte son regard caustique sur nos voisins d’outre-Manche, cela donne un inventaire hilarant des contributions britanniques en matière de style. Retour sur quelques fondamentaux évoqués dans son documentaire. Les coloris Pour égayer des rues grises ou rouge brique plombées par un ciel pluvieux, rien de mieux que des tenues aux couleurs vives, voire fluo. Total look orange ou bleu, rien ne fait peur aux élégantes Britanniques, la reine en tête, adepte de tenues monochromes d’anthologie. Pour les plus conservateurs, toutes les déclinaisons de mauve, de vert ou de caramel font l’affaire. Chez ces aventuriers de la palette chromatique, même un ensemble jaune lemon curd, cette pâte à tartiner au citron que Loïc Prigent qualifie d’« insulte entre confitures », trouvera preneur. L’uniforme Dans cette société à la hiérarchie stricte, subdivisée en classes hermétiquement distinctes, l’uniforme est censé effacer les marqueurs sociaux. S’il remplit cet office auprès des écoliers engoncés dans des costumes de comptable dès leur plus jeune âge, les uniformes « absurdes » et inconfortables des soldats de la garde du palais de Buckingham témoignent plutôt d’un attachement immodéré aux traditions. Sans parler d’un uniforme de classe qui ne dit pas son nom et que l’on retrouve dans les universités d’Oxford et de Cambridge, « remplies de gens avec des chemises blanches amidonnées », dixit Loïc Prigent. La coiffure Au pays de Vidal Sassoon, l’inventeur du carré court, la créativité en matière capillaire règne. De la banane gominée des Teddy Boys des fifties aux crêtes hérissées des punks, la révolte juvénile s’est armée de ciseaux, de teinture et de gel. N’oublions pas les déluges chevelus des chanteurs Robert Smith (The Cure) ou Boy George (Culture Club) qui « ont sans doute le même coiffeur », glisse Loïc Prigent. On retrouve aujourd’hui ces coiffures estampillées made in Britain sur les podiums des défilés, qui recyclent avec allégresse le pire des années 1980. La tenue sportive Les Anglais aiment le sport, n’en déplaise à Winston Churchill, qui préconisait un régime à base d’alcool, de tabac et sans le moindre exercice physique. S’il fait assaut d’élégance sur les terrains de cricket – « un sport aussi bien habillé que pénible à regarder plus de trois minutes », résume Loïc Prigent –, le peuple britannique pratique avec une égale aisance le grand n’importe quoi aux courses hippiques d’Ascot, où les mondaines arborent des couvre-chefs aussi ahurissants que monstrueux. Mais rien ne peut atteindre le proverbial flegme britannique. Marie Gérard
Entretien avec le réalisateur Laurent Védrine qui compose, entre images d’archives et pérégrinations au Niger, un portrait documentaire inspiré du cinéaste Jean Rouch. Jean Rouch Le Blanc initié h i i Mercredi 23 août à 22.55 Documentaire Jean Rouch Cinéaste aventurier Lire page 17 Du 26 septembre au 26 novembre, la Bibliothèque nationale de France consacrera au cinéaste l’exposition « Jean Rouch, l’homme-cinéma ». Pascal VICTOR Qu’est-ce qui a motivé votre envie de faire un film sur cette légende du cinéma et de l’ethnologie ? Laurent Védrine  : Il y a deux ans, j’étais membre du jury du Festival Jean-Rouch, qui a lieu chaque année au musée de l’Homme, à Paris. J’y ai rencontré Laurent Pellé, coauteur du film, qui a été son assistant dans les années 1990. En discutant avec lui, j’ai découvert qu’il n’y avait pas vraiment de films sur Jean Rouch... sans Jean Rouch ! Il existait des films réalisés de son vivant mais pas de documentaires proposant une synthèse de son parcours et de son œuvre. Comment avez-vous procédé pour construire une narration face à une œuvre si foisonnante ? Ce n’est pas facile de faire un film sur un cinéaste, d’autant moins lorsqu’il s’agit d’une figure tutélaire comme Jean Rouch, l’équivalent de la statue du commandeur dans le milieu du documentaire ! En tant que réalisateur, cela demande une certaine humilité. Mais on savait dès le départ qu’on ne voulait pas faire un biopic. Nous avons très vite souhaité donner la parole à des Nigériens, des anciens collaborateurs ou des amis qui l’ont connu mais aussi à des réalisateurs, des chercheurs d’une autre génération, qui se sont inspirés de son approche et du cinéma qu’il a produit au Niger. Le Niger, ainsi que son fleuve, constitue l’unité de lieu du film. Quelle relation particulière entretenait Jean Rouch avec ce pays ? Il y a débuté sa carrière d’ethnologue et de cinéaste, y retournant ensuite pendant plus de cinquante ans pour y réaliser une partie importante de ses films. Mais surtout, Jean Rouch est une figure du cinéma national, aux côtés de quatre ou cinq autres réalisateurs, qui sont soit ses héritiers, soit ses élèves. Dans la rue, les gens connaissent son nom. Il fait partie du patrimoine, peut-être plus qu’en France. Le film s’intéresse au mythe Jean Rouch et à son mystère, plus qu’à sa vie à proprement parler... Telle était notre intention de départ  : nous attacher à la mythification de ce personnage insaisissable, qui n’est pas le même en France et en Afrique. Chez nous, on retient la figure de l’ethnologue cinéaste aventurier, passé de films sur la transe à des inventions formelles et narratives. Le mythe au Niger est celui du Blanc qui a compris l’animisme, les esprits et les rituels. Celui du Blanc initié, plus nigérien que les Nigériens euxmêmes, au sens où il connaît les secrets. Beaucoup de gens prêtent encore à Jean Rouch des pouvoirs magiques. Cela nous offrait un motif narratif séduisant  : était-il possédé, initié, comprenait-il les cérémonies ou faisait-il semblant ? Nous ne cherchons pas à démêler le vrai du faux mais à montrer que Jean Rouch garde une part de mystère. Propos recueillis par Laetitia Møller 7ARTE MAG N°34. LE PROGRAMME DU 19 AU 25 AOÛT 2017



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