Arte Magazine n°2017-32 5 aoû 2017
Arte Magazine n°2017-32 5 aoû 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-32 de 5 aoû 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : révolution Beatles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 AOÛT 2017 6 Dimanche 6 août à 20.55 Film Shaun of the Dead Lire page 10 Plan fixe sur un écran de télévision. À l’image, les programmes se succèdent. Un journaliste  : « Certains religieux parlent du Jugement dernier, c’est la… » La chaîne change pour un clip des Smiths  : « … panique dans les rues de Londres… » Nouveau basculement  : « … les témoignages se multiplient concernant… » Puis, un match de football  : « … des attaques sérieuses sur… » Un journaliste réapparaît à l’écran  : « … des gens littéralement… » Maintenant, un lion attaque une gazelle  : « … dévorés vivants ». La preuve du talent d’Edgar Wright  : le pitch de Shaun of the Dead (une invasion de zombies noyée sous le second degré) est expliqué de manière drôle et inventive, au nez et à la barbe du personnage principal qui, encore endormi, zappe machinalement. Avec ce premier long métrage, en 2004, le jeune réalisateur dynamite le film de genre aux côtés de ses deux acteurs fétiches, Simon Pegg et Nick Frost, dont il est inséparable depuis Les allumés, la série à succès qu’ils ont développée en 1999 pour Channel 4. Le réalisateur britannique Edgar Wright incarne-t-il la relève du très sacré humour british, arrosé à la sauce ketchup ? Sans aucun doute, et probablement plus encore. Du thé avec un nuage de sang TRILOGIE DU CORNETTO Truffé de clins d’œil à la culture geek, le cinéma d’Edgar Wright ressemble à la progéniture pop et intelligente d’un ménage à trois entre les Monty Python (l’absurde, la caricature des mœurs anglaises), George A. Romero et ses confrères réalisateurs de films d’horreur (son amour des tripes qui volent dans tous les sens), et les grands humoristes du muet pour son sens du comique visuel. Trois films ont catapulté Wright, Pegg et Frost en haut de l’affiche. Adulée par le public, la « Trilogie du Cornetto » (Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le dernier pub avant la fin du monde, dont le seul point commun est l’apparition d’une glace Cornetto de parfum différent dans chaque film) honore, parodie et réinvente trois genres très codifiés  : l’horreur, le policier et la science-fiction. Edgar Wright y porte un regard sévère sur la notion de « masse », que partage son premier public geek, souvent ostracisé. Des zombies humiliés pour le plaisir des téléspectateurs aux villageois assassinant quiconque pourrait ternir la réputation de leur bourgade, le collectif est invariablement source de violence. C’est en cela, et dans sa mise en scène jamais gratuite, qu’Edgar Wright dépasse le simple cadre de l’humour anglais pour rejoindre les cinéastes à la patte immédiatement reconnaissable. Après avoir bouclé sa trilogie en 2013, le réalisateur de 43 ans fait son retour au cinéma le 19 juillet avec Baby Driver, où il revisite cette fois le film de voitures. Une escapade américaine – après une tentative avortée chez Marvel – qui marque l’envol du réalisateur d’Albion vers Hollywood. François Pieretti UNIVERSAL PICTURES
APPLE CORPS LTD Vendredi 11 août à 0.05 Documentaire Sgt. Pepper’s Musical Revolution Lire page 21 Poivre à gratter « Passe-moi le sel et le poivre. » Ou comment une phrase d’une banalité affligeante a donné naissance à un album culte. Nous sommes à l’automne 1966. Paul McCartney, dans l’avion qui le ramène d’un safari au Kenya, organisé après l’annonce de l’arrêt des tournées des Beatles, entend « Sergeant Pepper » lorsque le manager Mal Evans lui réclame « salt and pepper » pour relever son plat. Quelques semaines plus tard, le producteur George Martin leur donne carte blanche  : en studio à Abbey Road, le groupe le plus célèbre de la planète va accoucher de son disque le plus ambitieux. Pendant cent vingtneuf jours, le quatuor, jusque-là habitué à expédier ses enregistrements après un long rodage sur scène, s’empare de la technologie pour en faire un élément de composition à part entière. De décembre 1966 à avril 1967, sept cents heures durant, les Beatles bousculent alors toutes les règles en vigueur pour délivrer un album à la fois grand public (pour le fond) et expérimental (pour la forme)  : montage aléatoire de bandes magnétiques jetées par petits bouts en l’air (« Being for the Benefit of Mr. Kite ! ») , pédale wah-wah, fuzzbox et autres hérésies sonores passées par une cabine Leslie avec la voix de John Lennon, orchestre symphonique jouant sur une sonnerie de réveille-matin (« A Day in the Life », fusion de deux chansons de Lennon et McCartney)… INÉGALABLE ET INÉGALÉ Tout comme ces trente-neuf minutes de musique couchées sur deux magnétos quatre pistes synchronisés, la pochette du disque repousse les limites du genre. Réalisée par l’artiste Peter Blake, elle représente le budget d’un album en soi ! Mais à l’image des compositions, ce montage de célébrités – de Marx à Marilyn – conviées à l’enterrement des Beatles fourmille de détails Juste avant le « Summer of Love » de 1967, les Beatles s’amusent de leur légende en sortant Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, un album qui bouscule tous les codes en vigueur. Cinquante ans plus tard, il continue de fasciner. insondables, telle cette poupée, abandonnée sur le côté droit, qui appelle au retour du groupe rival dans la vie publique  : « Welcome the Rolling Stones. » Le « Summer of Love » a trouvé sa bande-son  : Sgt. Pepper’s… sort dans les bacs le 1er juin 1967. Il s’en est vendu 30 millions d’exemplaires à ce jour, qu’aucun pastiche ou parodie (We’re Only in it for the Money de Frank Zappa, sorti dans la foulée) n’est parvenu à éclipser. De Prince à Tears for Fears, le monde de la pop tout entier s’en est inspiré. On oublie pourtant trop souvent qu’il ne s’agit pas d’un album des Beatles, mais de celui d’un groupe imaginaire, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, dont les quatre membres à moustache, jetant une pelletée de terre sur la légende de Liverpool, étaient voués pour l’éternité à ne jamais devenir… poivre et sel. Ludovic Perrin 7ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 AOÛT 2017



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :