Arte Magazine n°2017-31 29 jui 2017
Arte Magazine n°2017-31 29 jui 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-31 de 29 jui 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : wight is wight.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°31. LE PROGRAMME DU 29 JUILLET AU 4 AOÛT 2017 6 Black and Wight Vendredi 4 août à 23.35 Documentaire Message to Love The Isle of Wight Music Festival 1970 Lire page 21 « Je suis triste car je sais qu’un tel événement ne se reproduira plus jamais. Avec lui, l’esprit d’une génération s’envole. » Le 30 août 1970, Rikki Farr, l’organisateur du festival de l’île de Wight, au sud des côtes britanniques, contient ses larmes devant un champ jonché de détritus, où, quelques heures plus tôt, les plus grands artistes pop se sont succédé devant 600 000 jeunes hippies. Cette manifestation de l’ampleur de Woodstock, qui a eu lieu un an auparavant, a réuni, cinq jours durant et pour 3 £, Jimi Hendrix, Joni Mitchell, The Who, The Doors, Leonard Cohen, Joan Baez, Miles Davis… L’esprit de cette génération, en rupture avec celle de ses aînés, le documentariste Murray Lerner l’a capté dans le film Message to Love – The Isle of Wight Music Festival 1970. Rejet de l’ordre et de toute forme de capitalisme  : dans les fumées des joints se manifestent les idéaux d’une jeunesse qui ne supporte comme contrainte que d’être libre et créative. Sur scène, cela se traduit par une communion sans filtre avec la musique. Mais le film montre aussi l’envers du décor. GOUFFRE FINANCIER En coulisses, on parle beaucoup d’argent. Certains artistes veulent être réglés rubis sur l’ongle, et les hordes de chevelus se révèlent incontrôlables. L’organisateur s’arrache les cheveux lorsqu’une centaine de maoïstes français perturbent la manifestation et décrètent, par tract, que la musique doit être gratuite. « On a travaillé pendant un an pour vous, et vous voulez détruire nos murs ? Eh bien, allez en enfer ! », leur hurle Rikki Farr depuis la En 1970, le festival de l’île de Wight clôt, le long des côtes anglaises, la parenthèse enchantée de la période hippie avec une affiche exceptionnelle. Un point d’orgue grandiose et orageux, capté avec acuité par le documentariste Murray Lerner. scène. L’Anglais avait ses raisons d’être nerveux. Son rêve musical fut un gouffre financier. Largement endetté, il sera, dans la foulée, contacté par le manager de Led Zeppelin afin d’organiser les concerts du groupe. « Je n’avais d’autre choix que de rentrer dans le système… », commentera-t-il. Malgré tout, Rikki Farr a survécu, contrairement à ses contemporains Jimi Hendrix ou Jim Morrison, morts peu après. Jamais plus on ne connaîtra une telle insouciance ni un tel alignement musical des planètes. Toutefois, en 2002, alors que la retraite approchait pour ses témoins, le festival de l’île de Wight renaissait de ses cendres. Quinze ans plus tard, l’entreprise demeure. David Guetta, Arcade Fire et Rod Stewart furent les têtes d’affiche de l’édition 2017. Ludovic Perrin DPA PICTURE-ALLIANCE/UPI
COLLECTION CHRISTOPHEL/BUREAU 233 Héros au fort potentiel évocateur, Robin des Bois a vite vu sa notoriété récupérée par le cinéma. Retour en trois films sur les différentes itérations du seul homme capable de survivre dans la forêt en collants. Robin des Bois Le voleur et ses masques Dimanche 30 juillet à 22.45 Documentaire Robin Hood En vert et contre tous Lire page 11 « Les aventures de Robin des Bois » (1938) D’abord figure du cinéma muet, incarnée notamment par l’acteur-cascadeur Douglas Fairbanks (1922), le voleur libertaire en collants devient une star mondiale avec la sortie, en 1938, des Aventures de Robin des Bois. Dans cette superproduction en technicolor, qui magnifie l’universalité du personnage, un acteur australien (Errol Flynn) donne la réplique à une actrice anglaise (Olivia de Havilland), sous l’œil de deux réalisateurs, l’un hongrois (Michael Curtiz) et l’autre américain (William Keighley). Alors que le monde s’apprête à s’embraser, le film illustre l’extraordinaire pouvoir d’attraction de Hollywood sur une multitude d’artistes contraints de fuir l’Europe, en proie à la violence des totalitarismes. Avec son fameux credo « Voler aux riches pour donner aux pauvres », Robin des Bois y apparaît comme un héros progressiste, défenseur amusé et téméraire du New Deal voulu par le président Franklin D. Roosevelt. ZETA PRODUCTIONS Les aventures de Robin des Bois « La rose et la flèche » (1976) Le succès planétaire du facétieux Errol Flynnen Robin des Bois est tel qu’il devient écrasant plusieurs décennies durant. Ainsi, les œuvres qui suivent vont gommer la dimension politique du personnage, déclinant son aura légendaire aussi bien pour des spots de pub que des comics ou des séries télé. Si le Robin des Bois, que produisent en 1974 les studios Disney, permet une réinvention du mythe, il faut attendre La rose et la flèche (Robin and Marian), réalisé en 1976 par Richard Lester, pour assister à un renversement thématique. En filmant Sean Connery en héros vieillissant, partant après de longues années de croisade à la recherche de Marianne (Audrey Hepburn), son ancien amour, le film ose se confronter au tabou de la mort du héros. Bien que saluée par la critique, cette approche iconoclaste fut malheureusement une des moins rentables au box-office, jugée peutêtre trop réaliste et violente par le grand public. « Robin des Bois » (2010) Figure éternelle de la culture populaire, qui le modèle à sa guise au gré de genres variés comme la comédie parodique (Sacré Robin des Bois, de Mel Brooks), le voleur au grand cœur continue de résister au passage du temps. En 2010, c’est sous les traits de Russell Crowe, une autre star venue d’Océanie, qu’il crève l’écran dans le spectaculaire Robin des Bois de Ridley Scott. Dans cette dernière réécriture en date, la naissance du mythe est cette fois abordée, le film narrant les raisons qui ont poussé Robin à s’aventurer aux lisières de la loi pour affronter le sinistre prince Jean, usurpateur du trône royal. Une belle occasion de magnifier la nature plus rebelle que révolutionnaire d’un hors-la-loi éternellement épris de justice. Augustin Faure 7ARTE MAG N°31. LE PROGRAMME DU 29 JUILLET AU 4 AOÛT 2017



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