Arte Magazine n°2017-27 1er jui 2017
Arte Magazine n°2017-27 1er jui 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-27 de 1er jui 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : O.J. Simpson.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°27. LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 JUILLET 2017 6 Vendredi 7 juillet à 20.50 Série documentaire O. J. Simpson : Made in America (1 & 2) Lire pages 24-25 «Une parabole américaine» C’est une pauvre vidéo telle qu’en produisent les caméras de surveillance  : dans une prison du Nevada, un détenu vaguement familier détaille avec humilité son quotidien devant l’administration pénitentiaire. Puis une remarque fait chavirer ses yeux, son souffle  : «En 1994, quand vous avez été arrêté pour la première fois, vous aviez 46 ans je crois...» Ainsi débute O. J. Simpson : Made in America, éblouissante série documentaire de près de huit heures qui, cette année, a décroché l’Oscar en accomplissant un tour de force  : raconter une histoire universelle, et inédite, sur l’un des faits divers les plus médiatisés du XX e siècle. Car dès la première séquence auront surgi d’autres images, inscrites de façon indélébile dans la mémoire collective américaine. Oscar 2017 du meilleur documentaire et monumentale saga de près de huit heures, O. J. Simpson : Made in America explore l’envers du rêve américain à travers le destin de la star déchue. DÉMONS ET MERVEILLES Comme des millions de ses contemporains, le réalisateur de 42 ans, Ezra Edelman, a adoré quand il était petit «O. J.», ce coureur hors pair qui avait transformé le footballaméricain et semblait pouvoir «transcender toutes les frontières imaginables». Mais quand, une décennie plus tard, il a célébré l’acquittement de la star pour un double meurtre, dont celui de son ex-épouse, c’est principalement parce que l’étudiant métis se définissait d’abord comme un Afro-Américain. «Pourquoi O. J. Simpson, qui fut aimé par des millions d’Américains blancs et noirs, est-il désormais la figure la plus clivante de notre culture ? », interroge-t-il. «Le héros américain est devenu une parabole américaine – à ceci près que personne ne s’accorde sur la morale de l’histoire. Je ne me suis pas tant intéressé à la question de sa culpabilité qu’à la raison pour laquelle, plus largement, il est devenu un symbole si écrasant de tant d’autres questions cruciales  : la race, la classe, la célébrité, les médias, la violence domestique, entre autres...» Croisant la masse phénoménale des archives «O. J.» (des premières retransmissions de ses matchs aux enregistrements de la police et du procès) et les témoignages de dizaines de personnes (amis d’enfance, anciens coéquipiers et voisins, journalistes, policiers, procureurs, avocats...), il fait revivre pas à pas la tragédie d’un homme rattrapé par ses démons, et à travers elle, dresse un portrait puissamment actuel des divisions de son pays, à commencer par la question raciale. Polyphonique et multidimensionnelle, portée par un méticuleux souci du détail, sa saga en cinq épisodes démontre un talent rare pour faire parler les images et les gens – un art de la mise en scène presque vertigineux, pour un récit qui met aussi en lumière l’emprise du spectacle sur les consciences collectives. Irène Berelowitch
DORIS SPIEKERMANN-KLAAS Jeudi 6 juillet à 20.55 Opéra «Carmen» de Bizet Festival d’Aix-en-Provence 2017 Lire page 23 Carmen n’a été joué qu’une seule fois à Aix-en-Provence  : c’était en 1957, sous la direction de Pierre Dervaux, dans une mise en scène de Jean-Pierre Grenier. Les archives photographiques montrent un spectacle mêlant romantisme tragique et exotisme un peu kitsch, conformément à la représentation classique de l’opéra de Bizet. Soixante ans plus tard, la Gitane ensorceleuse fait son grand retour sur la scène lyrique provençale. Pour l’accueillir, l’équipe du festival a fait appel à un metteur en scène au nom synonyme de talent et d’audace  : révélé en France il y a une décennie avec un Eugène Onéguine déconcertant, Dmitri Tcherniakov, 47 ans, s’est depuis taillé une solide réputation, grâce à la qualité de sa direction d’acteurs, son analyse exigeante des œuvres et un langage visuel aussi élaboré que personnel. Si ses productions ont parfois dérouté (sa version Après soixante ans d’absence, Carmen fait son retour au Festival d’Aix-en-Provence en juillet. Réputé pour son style iconoclaste, le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov revient aux sources d’un opéra mythique. Un événement très attendu, retransmis par ARTE. Tcherniakov, l’oiseau rebelle du Dialogue des carmélites de Poulenc a notamment fait l’objet d’un litige avec les ayants droit), elles sont le plus souvent reconnues comme pertinentes, en plus d’être novatrices. UNE RELECTURE PROMETTEUSE La surprise, de fait, est au cœur de la démarche de Dmitri Tcherniakov. Il ne s’agit pas pour lui de choquer ou d’épater la galerie, mais de donner à voir les choses autrement, pour initier une redécouverte. Le dramaturge de cette nouvelle version de Carmen, Alain Perroux, confie que le metteur en scène russe était «aussi excité qu’anxieux» à l’idée de s’attaquer à une œuvre aussi puissamment ancrée dans l’imaginaire collectif – qu’il connaît lui-même par cœur pour l’avoir vue et revue au Bolchoï dans sa jeunesse. C’est précisément à cette dimension mythique que sa relecture s’intéressera, en représentant Carmen comme un personnage fantasmatique perçu à travers les yeux de Don José, son amant malheureux. Ce point de vue, qui était celui de la nouvelle originale de Prosper Mérimée, devrait permettre de donner du relief aux personnages et de dramatiser une histoire parfois jugée simplette. Tcherniakov a par ailleurs opté pour un décor unique, situé dans le monde d’aujourd’hui, loin de l’habituelle succession de tableaux figurant une Espagne de pacotille. Notons enfin que l’opéra sera joué dans son intégralité, ce qui est rarement le cas. Bizet étant mort trois semaines après la première de ce qui allait devenir son plus grand succès, la partition de Carmen a connu bien des manipulations. Une manière encore de revenir à l’esprit originel de l’œuvre, pour mieux en exprimer l’essence. Jonathan Lennuyeux-Comnène 7ARTE MAG N°27. LE PROGRAMME DU 1ER AU 7 JUILLET 2017



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