Arte Magazine n°2017-23 3 jun 2017
Arte Magazine n°2017-23 3 jun 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-23 de 3 jun 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Peaky Blinders, saison 3.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°23. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 JUIN 2017 6 Mercredi 7 juin à 20.55 Documentaire Une jeune fille de 90 ans Lire page 20 Valeria Bruni Tedeschi Quelle a été la genèse d’Une jeune fille de 90 ans ? Valeria Bruni Tedeschi  : Quand ARTE m’a proposé de réaliser un portrait, j’ai tout de suite pensé à Thierry Thieû Niang – que j’avais rencontré pour Rêve d’automne –, mais avec YannCoridian, nous avons plutôt opté pour un film choral. Son atelier de danse a été le prétexte pour s’immerger dans la vie de l’hôpital Charles-Foix d’Ivry, comme dans La moindre des choses de Nicolas Philibert, où la pièce de théâtre montée à l’intérieur du centre psychiatrique de La Borde constitue le passe-droit pour filmer un microcosme. Autrement, nous nous serions sentis voyeurs. Nous voulions aussi essayer de dépasser la maladie pour entrer en familiarité avec ces personnages. Sans enlever la douleur, on peut trouver de la gaieté dans ce film. Pour le résumer, je dirais que c’est un documentaire-comédie musicale. Avec Une jeune fille de 90 ans, l’actrice et cinéaste Valeria Bruni Tedeschi coréalise avec YannCoridian son premier documentaire, autour du travail mené par le chorégraphe Thierry Thieû Niang auprès de malades d’Alzheimer. Une immersion riche en émotions. Rencontre. L’amour mène la danse Pourquoi avoir choisi de le coréaliser avec YannCoridian ? Nous nous connaissions depuis longtemps, et pour cette première fois, nous avons voulu être plus forts à deux. Pendant le tournage, puis le montage, nous n’avons jamais cessé de dialoguer à propos de la bonne distance. Qu’a-t-on le droit de filmer ? Jusqu’où peut-on aller ? Parfois, il voulait s’arrêter plus tôt alors que je préférais continuer à tourner pour aller plus en profondeur. Ce questionnement, qui nourrit le documentaire en général, nous a habités au quotidien. J’ai trouvé cela très réjouissant. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ? C’est une nouvelle posture qui m’a été offerte, celle de regarder le monde, non pas en l’écrivant et le filmant, mais juste en l’observant. Comme si j’avais AGAT FILMS & CIE/ BERZANE NASSER/ABACA
découvert une forme de méditation qui m’oblige à arrêter de vouloir changer la réalité. Moi qui suis volontariste, j’ai trouvé cela très reposant. Comment avez-vous trouvé votre place dans ce service de gériatrie ? Je ne me suis jamais sentie d’un autre monde. Au contraire, je me suis tout de suite reconnue dans ce que vivaient les patients. Nous sommes semblables face à la solitude, à la maladie, à la vieillesse, mais aussi à la joie de danser et au sentiment amoureux. Nous étions seulement quatre sur le tournage, ce qui a facilité notre intégration. Les malades nous oubliaient d’un jour à l’autre, mais ils se réhabituaient très vite à notre présence. Vous traversez par moments le champ. Est-ce un parti pris ? Oui, car je ne voulais pas faire semblant de ne pas être là. Cette liberté de mouvement m’a été inspirée par la réalisatrice Agnès Varda. Avant le tournage, nous avons visionné Les plages d’Agnès, un film magnifique. Dans cet autoportrait, et plus généralement son cinéma, elle est libre. Parfois elle apparaît dans le champ, parfois elle va à la rencontre des gens. Je voulais agir de la même manière. Si j’avais envie de parler à ces hommes et surtout ces femmes, je le faisais tout simplement. Blanche, une des patientes, tombe amoureuse de Thierry sous nos yeux. Comment avez-vous réagi face à ce moment inattendu ? Blanche s’est réveillée devant nous. C’était comme un miracle. Cela a fait surgir des questions morales, presque philosophiques, que l’on se pose à tout âge. Est-ce que tomber amoureux est dangereux ? Est-ce que cela peut fragiliser ou au contraire redonner un souffle de vie ? Avec l’assentiment des soignants, nous avons choisi d’observer cette histoire d’amour avec délicatesse. Il se dégage d’elle quelque chose de très beau, qui me fait penser à la Blanche DuBois d’Un tramway nommé désir, mais aussi à Jeanne Moreau. Une des infirmières associe d’ailleurs la jeunesse de Blanche à celle de l’actrice. Pour l’anecdote, nous avons réalisé plus tard, pendant le montage, qu’elle s’appelait Blanche Moreau. Qu’apporte le travail artistique dans une institution comme celle-là ? Ce qui se passe pendant cet atelier de danse est de l’ordre de l’exceptionnel, du merveilleux, surtout dans la vie d’un hôpital. En dansant avec ces patients, Thierry propose des moments de magie qui nourrissent en retour sa création. C’est un vrai échange. Propos recueillis par Hélène Porret Festival du documentaire Du 6 au 8 juin, sept films marquants à découvrir pour la troisième édition du festival du documentaire d’ARTE, présentée par Émilie Aubry  : Mardi 6 juin Les derniers hommes d’Alep à 20.50 Exil à 22.20 Des voix au-delà de la censure à 23.40 Mercredi 7 juin Une jeune fille de 90 ans à 20.55 Monsieur Mayonnaise à 22.20 La ligne de partage des eaux à 23.55 Jeudi 8 juin Serviteurs de l’État à 23.50 En partenariat avec WiRocKuirtibles 7ARTE MAG N°23. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 JUIN 2017



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