Arte Magazine n°2017-19 6 mai 2017
Arte Magazine n°2017-19 6 mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-19 de 6 mai 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : squadra criminale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOCUMENTAIRE PAMPHLETS À PAILLETTES Le règlement de l’Eurovision interdit toute allusion politique. Mais de nombreux candidats contournent la règle et laissent pointer la provoc sous le strass et les sunlights. Florilège de hits moins guimauve qu’il n’y paraît, puisés dans l’euphorisant documentaire qu’ARTE consacre au concours. Vendredi 12 mai à 22.25 EUROVISIONS Lire page 25 2017 « FLAME IS BURNING » L’Ukraine et la Russie échangent régulièrement des amabilités par Eurovision interposée. La session 2017 ne fera pas exception. Après l’humiliante victoire de l’Ukraine en 2016, la Russie tenait à sa revanche. Pour embarrasser son ennemie, et hôtesse, – puisque le règlement de l’Eurovision veut que le gagnant organise la compétition l’année suivante –, Moscou a choisi comme représentante Ioulia Samoïlova, une chanteuse handicapée, qui présente la particularité d’avoir donné un concert en Crimée sans en référer aux autorités ukrainiennes. Or, celles-ci ne tolèrent plus le moindre écart en la matière depuis qu’en 2014 la Russie a tout bonne- 6 N°19 – Semaine du 6 au 12 mai 2017 – ARTE Magazine ANNA VELIKOVA ment annexé cette partie de leur territoire. Le gouvernement de Kiev a donc refusé la permission à Ioulia Samoïlova d’entonner son hymne anglophone « Flame Is Burning » sur son sol. Ce veto lui a valu des critiques pour sa discrimination à l’encontre d’une femme infirme, comme l’escomptait la perfide Russie. Mais, sur les réseaux sociaux, cette dernière en prend aussi pour son grade, le pays de Poutine accordant fort peu d’attention d’ordinaire à ses citoyens handicapés. Finalement, la Russie a annoncé qu’elle boycotterait la compétition, refusant le duplex hypocritement accordé à sa chanteuse. Aux dernières nouvelles, la directrice de l’Union européenne de radio-télévision (UER), qui gère le concours, Ingrid Deltenre, a évoqué la possibilité de sanctionner l’Ukraine si une solution acceptable n’émergeait pas… 2016 « 1944 » Les pays de l’ex-bloc soviétique prennent décidément un malin plaisir à contourner le règlement de l’Eurovision qui proscrit tout message à caractère politique. En 2016, la Douma russe a tenté de disqualifier « 1944 », interprétée avec ferveur par la chanteuse ukrainienne Jamala. La chanson évoque la déportation par Staline de la communauté tatare de Crimée. Une façon subtile d’évoquer les persécutions que subit actuellement cette minorité, regardée avec suspicion par le Kremlin. L’UER n’a pas évincé le morceau au motif qu’il faisait référence à un événement historique. Et l’Ukraine a remporté la finale. 2014 « RISE LIKE A PHOENIX » Barbe noire et fourreau blanc, le tout dans un aveuglant déluge de sunlights dorés, la candidate autrichienne Conchita Wurst clame « Rise Like a Phoenix », et gagne triomphalement la première
I Ili ri if i1 il fi il place de l’édition 2014. Sa chanson, un hymne à la tolérance en faveur de la communauté LGBT, fera d’elle une icône, au moment où une partie de l’Europe, la France en tête, s’écharpe sur la question des droits des homosexuels. Loin d’être une exception, Conchita Wurst illustre une tradition vivace de chanteurs gays, drag-queens ou même transsexuels (la chanteuse israélienne Dana International en 1998) à l’Eurovision. Ces artistes donnent une visibilité aux minorités sexuelles et défendent certaines revendications, au sein d’une compétition adulée par une part importante de la communauté gay. 2007 « DANCING LASHA TUMBAI » Lors de l’édition finlandaise, en 2007, la drag-queen ukrainienne Verka Serduchka présente une chanson au refrain subversif. Pour passer entre les mailles du filet, elle a prétendu qu’elle s’exprimait dans une langue imaginaire. Mais sous les mots « Lasha N°19 – Semaine du 6 au 12 mai 2017 – ARTE Magazine Tumbai », entonnés dans une débauche d’accordéon, de techno boum-boum et de tenues rutilantes, l’oreille reconstitue aisément « Russia good-bye » ! Arrivée deuxième au concours, derrière un morceau serbe, la chanson est devenue un tube. 1974 « E DEPOIS DE ADEUS » 1974, année phare pour Abba qui remporte le trophée avec « Waterloo », le candidat portugais Paulo de Carvalho arrive bon dernier avec une chanson d’amour mélancolique, « E Depois de Adeus » (« Après l’adieu »). Mais celle-ci prendra une revanche éclatante dans la rue car sa diffusion à la radio donnera le signal de la révolution des œillets, laquelle entraînera la chute du gouvernement despotique de Salazar et la transition vers la démocratie. Noémi Constans 7



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