Arte Magazine n°2017-19 6 mai 2017
Arte Magazine n°2017-19 6 mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-19 de 6 mai 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : squadra criminale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GIOVANNI GASTEL L’acrice Miriam Leone, ex-Miss Italie, apporte son magnétisme au rôle de Valeria Ferro, capitaine de la brigade criminelle de Turin et héroïne de la série 100% noire Squadra criminale. Entretien. EN COUVERTURE LA BELLE ET LE MAL Jeudi 11 mai à partir de 20.55 SQUADRA CRIMINALE Lire pages 22-23 Qu’est ce qui vous a intéressé dans le personnage de Valeria ? Miriam Leone  : C’est une femme d’aujourd’hui, à la fois forte et fragile, absorbée par son travail. Elle le vit comme une mission dans laquelle elle s’engage totalement et qui découle d’une blessure profonde. Elle doit traverser le mal pour atteindre la « vérité ». Pour elle, c’est à la fois une nécessité et le but ultime. Quel est son trait le plus saillant ? L’intuition. Partir du principe que rien n’est acquis. Pour chaque affaire, c’est aussi comme si elle se devait d’enquêter sur le meurtre de son propre père. Sans jamais sombrer dans la victimisation, elle est toujours du côté de la victime, et elle ne baisse jamais les bras. Certaines scènes ont-elles été plus ardues à jouer ? Dans chacune d’elles, j’ai trouvé quelque chose de difficile parce qu’à chaque fois j’espère faire mieux. Le scénario va aussi tellement en profondeur que j’ai ressenti le besoin de creuser en moi pour rendre la complexité du personnage. La souffrance de Valeria fait d’elle une femme fermée, introvertie, tranchante. J’ai tenté de le montrer dans sa manière de marcher, de parler… 4 N°19 – Semaine du 6 au 12 mai 2017 – ARTE Magazine Que retirez-vous de cette expérience ? À travers Valeria, j’ai beaucoup appris sur les racines du mal et la frontière qui le sépare du bien. Je me suis aussi interrogée sur plusieurs grands sujets  : la famille, les malheurs qui couvent en nous, la dangerosité de la rancœur, et le fait que la vérité est nécessaire à condition de savoir l’accueillir. En quoi la série reflète-t-elle l’Italie d’aujourd’hui ? Elle s’inspire de faits divers ordinaires, de ceux qui arrivent dans les familles et qui sont diffusés en masse à la télé. Certains nourrissent même de grands « romans policiers » dans lesquels tous les protagonistes traquent le coupable jusqu’à l’obsession collective. La série s’éloigne de cette fascination morbide et tente plutôt de donner un panorama complet de l’humanité. Comment a-t-elle été accueillie dans votre pays ? La critique s’est montrée enthousiaste et l’a qualifiée de série policière raffinée. Une vraie reconnaissance pour toute notre équipe. Propos recueillis par Laure Naimski
CÉLINE SCIAMMA DE FILLES EN AIGUILLES Dans ses trois films, Céline Sciamma raconte les trajectoires d’héroïnes féminines. Axé sur les sentiments et l’affirmation de soi, son travail évolue avec Bande de filles, intégrant au récit intimiste les mouvements de la société. Mercredi 10 mai à 20.55 BANDE DE FILLES Lire pages 20-21 CINÉMA PAUL BLIND En dix ans et trois longs métrages, Céline Sciamma a confirmé ce que laissait pressentir sa première œuvre, Naissance des pieuvres, qui a indéniablement ouvert une voie. Si son sujet, les émois de l’adolescence, n’était pas nouveau, cette histoire d’amours tâtonnantes sur fond de natation synchronisée y apportait de nouvelles couleurs et une réflexion inédite sur l’identité sexuelle. Aujourd’hui, la réalisatrice apparaît comme la grande sœur symbolique de cinéastes apparus ces dernières années, issus de la même école qu’elle (la Fémis)  : Rebecca Zlotowski, Cyprien Vial, Julia Kowalski… La charismatique jeune femme ne trace pas uniquement son sillon  : coprésidente de la Société des réalisateurs de films, elle joue un rôle actif dans sa profession et participe comme scénariste aux films des autres – pour ne citer que les derniers, Quand on a 17 ans d’André Téchiné, qui a trouvé un nouveau souffle à ses côtés, ou Ma vie de courgette, pour lequel elle a reçu un César cette année. NAISSANCE D’UN STYLE Né dans le cercle familial, son rapport au cinéma est vite devenu une affaire personnelle  : les comédies musicales que lui montraient ses parents ont fait place, à l’adolescence, aux films de Desplechin, Ferran, Lvovsky et Beauvois, vus dans les salles de Cergy-Pontoise, puis à la découverte des grands réalisateurs du passé. Pour autant, son cinéma n’est pas ouvertement référencé. À la fois réaliste et ouvert aux percées oniriques, tout autant psychologique qu’organique, il semble avoir tout de suite trouvé son style  : une manière de dire « je » qui ne rime pas avec le repli sur soi, une volonté d’exigence qui ne perd pas le public des yeux. Après Tomboy (2011), Bande de filles, sorti en 2014, confirme avec force cette approche  : à travers le portrait d’un groupe de filles noires, la réalisatrice fait entrer l’altérité dans son univers et met en scène, au-delà des questionnements de l’adolescence, une quête d’identité sociale et plus généralement existentielle. Portés par une nouvelle héroïne (Karidja Touré, qu’on verra cet été dans La colle d’Alexandre Castagnetti), les thèmes qui lui sont chers – l’affirmation du désir, l’image de la féminité, le besoin d’échapper à un destin tracé par d’autres – trouvent ainsi un autre écho. La suite ? Toujours secrète quand il s’agit de son travail, Céline Sciamma a coécrit le prochain long métrage de Jean-Baptiste de Laubier, plus connu sous le nom de Para One, camarade de promotion à la Fémis et compositeur fidèle de toutes ses musiques de film. Jonathan Lennuyeux-Comnène N°19 – Semaine du 6 au 12 mai 2017 – ARTE Magazine 5



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