Arte Magazine n°2017-16 15 avr 2017
Arte Magazine n°2017-16 15 avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-16 de 15 avr 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Barbra Streisand.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PHOTOS  : KUDOS/HAL SHINNIE SÉRIE « NOUS VOULONS CE QUE VOUS AVEZ » Sous le coup de cartes postales anonymes, les habitants d’une rue de Londres en voie de gentrification révèlent leurs parts d’ombre dans une minisérie à l’humour so british, Main basse sur Pepys Road. Entretien avec son scénariste, Peter Bowker 1. Comment avez-vous été impliqué dans ce projet ? Peter Bowker  : J’étais en train de lire Capital 2 quand le producteur Derek Wax, avec lequel j’avais déjà collaboré, me l’a justement envoyé. Il ne m’avait pas traversé l’esprit que ce roman pût être adapté, compte tenu de ses nombreux monologues intérieurs. Mais le défi m’a d’autant plus stimulé. J’admirais John Lanchester, qui écrit à la manière d’un économiste, et j’étais enthousiaste à l’idée de le 4 N°16 – Semaine du 15 au 21 avril 2017 – ARTE Magazine rencontrer. Plus je découvrais le livre, plus je m’apercevais des similitudes avec Dickens, dans sa façon de capturer l’instant et de montrer de quelle façon les grandes décisions affectent le quotidien. Partir des gens d’en bas, les premiers à en subir les effets, accentue la dimension dramatique. Comment êtes-vous parvenu à adapter le roman ? J’ai compris qu’il me faudrait sacrifier certaines intrigues. Pour autant, je souhaitais conserver l’esprit du
Jeudi 20 avril à 20.55 MAIN BASSE SUR PEPYS ROAD Lire pages 22-23 livre, avec son extraordinaire diversité de personnages et d’événements. Dans Pepys Road, des gens de différents milieux vivent, travaillent et se croisent dans une unité de lieu. Comment leur appartenance sociale influe-t-elle sur leur vie ? Je voulais aussi parvenir à capter l’humour et l’humanité du livre et, à travers ce filtre, explorer des enjeux politiques et économiques plus larges. Comment décririez-vous la série ? Ce qu’il y a de formidable, c’est qu’elle fonctionne à différents niveaux. Au départ, les habitants d’une rue de Londres reçoivent tous le même jour une carte postale portant l’inscription  : « Nous voulons ce que vous avez. » Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Ces messages deviennent le moteur de l’histoire et permettent de révéler la vraie nature des personnages. Le spectateur pénètre ainsi leurs existences et leurs parts d’ombre. Ce mystère, qui plane en filigrane dans chaque scène, apporte à la série son côté jubilatoire. Avez-vous un moment préféré dans la série ? Je tenais à ce que mes scènes favorites dans le livre 11 1" 111111 1 AFP le restent aussi dans l’adaptation. Je suis ravi, par exemple, qu’Euros Lyn, le réalisateur, ait brillamment réussi celle où le banquier Roger Yount, le matin de Noël, se retrouve seul pour s’occuper de ses deux enfants, après que sa femme l’a quitté. C’est mis en scène avec un incroyable sens de la comédie, dans l’esprit de Basil Fawlty 3, où l’humour et le drame fonctionnent ensemble, mais à des degrés différents. J’aime aussi beaucoup les repas chaotiques chez les Kamal, quintessence d’archétypes familiaux, interprétés avec un panache comique, ou encore la conversation entre Bogdan, l’ouvrier polonais, et Matya, la nounou hongroise, à propos des Londoniens aisés pour lesquels ils travaillent. Si la série s’impose par son ampleur, la nature humaine est décortiquée à travers ces fragments de quotidien. 1. Peter Bowker est aussi l’auteur des séries Occupation, D’une vie à l’autre et Monroe, diffusées par ARTE. 2. Roman de John Lanchester paru en français sous le titre Chers voisins (Points). 3. Le personnage de John Cleese dans une célèbre sitcom anglaise des années 1970, Fawlty towers. TOBY JONES CAMÉLÉON GÉNIAL Adulé outre-Manche, l’acteur britannique Toby Jones interprète superbement Roger, un banquier ambigu. Bio express. Sur la photo de groupe de Pepys Road, il captive d’emblée en banquier de la City pétri de contradictions, tiraillé entre son honnêteté et son besoin obsessionnel de sécurité. C’est son extraordinaire performance dans le rôle de Truman Capote (Scandaleusement célèbre, de Douglas McGrath) qui a lancé en 2006, à l’aube de ses 40 ans, la carrière hollywoodienne de cet acteur anglais de génie, abonné jusque-là aux téléfilms et aux séries de la BBC. Depuis, ce caméléon a enchaîné les films  : W., l’improbable président d’Oliver Stone, Frost/Nixon, l’heure de vérité de Ron Howard et des blockbusters comme la saga des Captain America et des Hunger games. Mais de La taupe au Tale of tales, de Matteo Garrone, il a aussi prêté son étonnante plasticité à nombre de seconds rôles marquants, qui ont fait de lui une figure familière du cinéma. Celle, dit-il, « qu’on reconnaît sans pouvoir dire son nom ». Laure Naimski N°16 – Semaine du 15 au 21 avril 2017 – ARTE Magazine 5 CARLO ALLEGRI/AFP



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