Arte Magazine n°2017-14 1er avr 2017
Arte Magazine n°2017-14 1er avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-14 de 1er avr 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'auguste Rodin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOCUMENTAIRE GARANTIR L’INDÉPENDANCE DE Soumise à la pression des lobbies, l’OMS peut-elle encore remplir son rôle au service de la santé publique en toute indépendance ? L’avocate écologiste Corinne Lepage *, qui intervient dans une passionnante enquête sur l’organisation, plaide pour la mise en place de contrepouvoirs. Entretien. L’OMS de l’OMS vous paraît-elle menacée ? L’indépendance Corinne Lepage  : Aujourd’hui, elle est majoritairement financée par des fonds privés, et on peut raisonnablement se demander, avec ce documentaire, si ses décisions ne sont pas influencées. Mais ce questionnement va au-delà. Par exemple, une convention a été signée en 1957 entre l’OMS et l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), deux organisations publiques. Il en résulte que la première, bâillonnée, ne peut ni agir ni informer, dans le domaine nucléaire, sans l’accord préalable de la seconde. D’où peut-être cette incapacité à obtenir des chiffres convenables concernant les accidents nucléaires. Ainsi, trente ans après Tchernobyl, nous ne disposons toujours d’aucune étude homologuée par l’OMS sur les conséquences sanitaires de la catastrophe. En quoi les conflits d’intérêts peuvent-ils entraver son efficacité ? Qui imaginerait le Conseil de sécurité financé par l’industrie de l’armement ? Pourtant, de grands laboratoires pharmaceutiques contribuent au financement de l’OMS. De même, son principal donateur, la fondation Bill et Melinda Gates, dont on ne peut nier les activités caritatives, constitue par ailleurs l’un des plus grands promoteurs des OGM dans 6 N°14 – Semaine du 1er au 7 avril 2017 – ARTE Magazine Mardi 4 avril à 20.50 L’OMS  : DANS LES GRIFFES DES LOBBYISTES ? Lire pages 18-19 le monde. Sur le glyphosate, la molécule active du désherbant Roundup de Monsanto, son positionnement, ambigu, surprend. En mai dernier, le Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues (JMPR), un comité commun à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), jugeait le risque cancérogène improbable pour les humains, alors qu’en mars 2015 le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), qui dépend aussi de l’OMS, l’avait classé cancérogène probable. Comment remédier à cette dérive ? Les États rechignent de plus en plus à financer les institutions internationales, lesquelles recourent au privé. Mais à l’heure où le pouvoir économique domine, il faut contrôler l’action des lobbies et mettre en place des pare-feu. Afin que la santé publique reste la priorité absolue de l’OMS, des représentants des consommateurs, des malades et des médecins doivent participer au plus haut niveau décisionnaire, pour contrecarrer l’influence des intérêts privés, et non pas à travers un comité consultatif de déontologie que personne n’écoute. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier * Ancienne ministre de l’Environnement (1995-1997) et ancienne élue Modem au Parlement européen (2009-2014), Corinne Lepage préside le Rassemblement citoyen-CAP21. 2014 GETTY IMAGES
À travers l’émancipation d’une jeune fille dans les années 1950, Berlin 56 fait le portrait sans concession d’une époque. Annette Hess, sa scénariste, donne les clés de cette série à la fois romanesque et documentée, que l’Allemagne a plébiscitée. LUCAS WAHL 2012 Annette Hess IN VERBINDUNG MIT DER SENDUNG BEI NENNUNG ZDF/TOBIAS SCHULT, (M) KNSK SÉRIE « UNE FUREUR DE VIVRE AU FÉMININ » Jeudi 6 avril à 20.55 BERLIN 56 Lire pages 22-23 ROCK « Monika, l’héroïne de la série, qui a 20 ans quand l’histoire commence, est la contemporaine de mes parents. Ma mère a grandi loin de Berlin, mais ce qu’elle m’a décrit des années 1950, les interdits, la pudibonderie, l’oppression des femmes, le silence assourdissant sur les crimes du III e Reich, concernait toute la société ouest-allemande. Lors de mes recherches, j’ai été frappée de voir de jeunes Allemands d’alors danser le rock, avec une frénésie, et même une fureur, impressionnantes. Le rock a constitué une véritable bombe, parce qu’il correspondait à une révolte profonde, mais encore indicible, contre le monde légué par le nazisme. Ces images m’ont aidée à concrétiser mon désir d’écrire une Fureur de vivre allemande, et au féminin. » MENSONGES « On se rapproche peu à peu, jusqu’à la comprendre, de Caterina, la mère qui paraît d’abord monstrueuse. Je n’ai pas voulu juger sa génération, mais montrer dans quelles contradictions elle se débattait. Une décennie à peine s’est écoulée depuis la libération d’Auschwitz. La quasi-totalité de la société allemande a été complice à des degrés divers de l’extermination de six millions de juifs. Comment regarder cela en N°14 – Semaine du 1er au 7 avril 2017 – ARTE Magazine face ? Ne pas en parler, ne pas y penser, et même le nier de toutes ses forces, c’est d’une certaine façon une question de survie. Un autre fil rouge de la série, à savoir la sexualité, permet aussi d’expliquer les réactions de Caterina  : elle est violente envers Monika parce qu’elle ne supporte pas de discerner chez sa fille une sensualité qu’elle s’efforce d’éradiquer en elle-même. Caterina aime le sexe, mais son éducation lui interdit de se l’avouer. C’est une femme engloutie dans le mensonge et la frustration. » RECONSTRUCTION « Je suis une fétichiste du détail. Quand j’écris sur une période historique, j’ai besoin de m’y plonger complètement, et pas seulement sur le fond. Que mangeaient les gens, qu’écoutaient-ils, comment parlaient-ils ? Chaque mot doit sonner juste. Le réalisateur Sven Bohse et le décorateur Lars Lange, eux, ont imaginé une reconstruction stylisée, à l’opposé du réalisme, en s’inspirant notamment d’Edward Hopper pour créer des tableaux qui, comme chez le peintre, expriment l’enfermement ou la solitude des personnages, et en même temps, sont inscrits dans l’époque de manière immédiatement reconnaissable. » Propos recueillis par Irène Berelowitch 7.Jj



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