Arte Magazine n°2017-10 4 mar 2017
Arte Magazine n°2017-10 4 mar 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-10 de 4 mar 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : les fausses confidences.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOCUMENTAIRE LA MIGRATION N’A PAS DE SEXE En 2015, 48% des migrants dans le monde étaient des femmes. SteveIrakoze, de la Cimade *, fait le point sur cette réalité occultée, en marge du documentaire de Philippe Fontana Venues d’ailleurs, diffusé pour la Journée internationale de la femme. RAFAEL FLICHMAN/LA CIMADE Les migrations féminines ont-elles évolué ces dernières décennies ? SteveIrakoze  : Les femmes migrent aujourd’hui autant que les hommes, sensiblement pour les mêmes raisons  : étudier, travailler ou demander une protection internationale. En 2015, 48% des migrants dans le monde étaient des femmes. Elles restent pourtant moins visibles que les hommes. Comment expliquer ce décalage ? Jusqu’à très récemment, les migrations féminines ne faisaient pas l’objet d’études précises. Dans la représentation médiatique et collective, on est resté sur un schéma migratoire datant des années 1970, à travers la figure d’une femme venant rejoindre son époux avec ses enfants, dans le cadre du regroupement familial. En 2012, 42% des femmes immigrées en France étaient pourtant venues seules. Et dans certains pays d’Asie, comme les Philippines, désormais, ce sont souvent les femmes qui partent pour subvenir aux besoins de leur famille restée au pays. On garde pourtant l’image d’un migrant masculin, généralement jeune, travaillant dans le bâtiment. 6 N°10 – Semaine du 4 au 10 mars 2017 – ARTE Magazine Mercredi 8 mars à 23.40 VENUES D’AILLEURS Lire page 21 Pour ceux qui utilisent l’étranger comme un bouc émissaire, cette figure est sans doute plus profitable que celle d’une femme, qui ferait moins peur… Le parcours migratoire des femmes présentet-il certaines spécificités ? Si les femmes quittent majoritairement leur pays pour les mêmes raisons que les hommes, certaines migrations se révèlent toutefois liées aux traitements discriminatoires et aux violences dont elles font l’objet en raison de leur sexe  : mariages forcés, crimes d’honneur, mutilations génitales, traite des êtres humains… Les voies légales pour se déplacer s’étant considérablement réduites, les routes migratoires s’avèrent plus dangereuses et les femmes y sont également exposées à plus de risques. Une fois arrivées en France, à quoi se confrontent-elles ? Elles se heurtent souvent à un «plafond». Alors même qu’elles sont plus diplômées que les hommes, elles rencontrent plus de difficultés à trouver un emploi. Selon un rapport récent, elles sont 58% à travailler dans leur pays d’origine et seulement 27% à avoir décroché un emploi en France. Cela les empêche d’accéder à un titre de séjour stable, dont l’obtention est liée à une condition de ressources. Or, l’absence d’un tel titre de séjour entrave leur recherche d’emploi. C’est un cercle vicieux qui les maintient dans une précarité tant économique qu’administrative. Propos recueillis par Laetitia Møller * Fondée en 1939, l’association défend la dignité et les droits des personnes réfugiées et migrantes. SteveIrakoze y suit les questions liées aux femmes et aux personnes victimes de violence. PHILIPPE FONTANA/IMAGISSIME
MARGO CINÉMA DOCUMENTAIRE SUR LA ROUTE DE MOSSOUL Dans la lignée de son précédent documentaire, Peshmerga, Bernard-Henri Lévy signe, pour ARTE Reportage, La bataille de Mossoul, une immersion saisissante au plus près des soldats kurdes et irakiens engagés dans la libération de la ville tenue par Daech. Interview. Samedi 4 mars à 18.35 ARTE REPORTAGE LA BATAILLE DE MOSSOUL Lire page 10 N°10 – Semaine du 4 au 10 mars 2017 – ARTE Magazine Quel est le message principal de ce film ? Bernard-Henri Lévy  : C’est un documentaire, donc il n’y a pas, à proprement parler, de message. S’il y en avait un, ce serait celui-ci  : on a eu tort d’arrêter les Kurdes à michemin de Mossoul. Ils sont meilleurs combattants que les Irakiens. Et ils présentent aussi la particularité de faire la guerre sans l’aimer. Là où les Irakiens tirent parfois dans le tas sans réelle économie de leur force, et au risque de frapper des civils, les Kurdes se montrent plus prudents, même si ce genre de dérapage peut évidemment se produire. ALI MAHDAVI Vous revendiquez la subjectivité de votre documentaire… La bataille de Mossoul est un film partisan, que j’ai voulu engagé. Je pense que dans la période où nous nous trouvons, il reste de l’espace pour la nuance, mais pas pour la neutralité. Sans constituer une réponse à la guerre de l’image entretenue par la propagande de Daech, ce reportage se confronte à la vérité. Pensez-vous que l’appui de la coalition internationale soit assez fort ? Je ne sais pas. En tout cas, il y a eu un manquement grave aux règles de cet appui lors de la bataille de Fazliya, où le soutien aérien a fait défaut. On peut y déceler une raison politique, ou peut-être pas. Mais sur place, les soldats engagés l’ont vivement ressenti. Selon vous, quel est le futur de Mossoul ? J’espère que la libération de Mossoul ira le plus vite possible, pour les civils qui sont les premiers à souffrir de l’occupation de Daech. Par la suite, il faudra que les responsables chiites et sunnites s’arment de sangfroid pour discuter et reconstruire la ville, sans souffler sur les braises des anciennes querelles. Une fois la cité libérée, la communauté internationale devra aussi faciliter, assurer et protéger le retour des réfugiés. L’après bataille de Mossoul sera long et complexe. Cette bataille marquera-t-elle le déclin de Daech ? Daech se reconstituera probablement, sous une autre forme et à un autre endroit, mais l’organisation aura essuyé une défaite stratégique considérable. La victoire à Mossoul se révélera capitale car elle portera une atteinte irréversible à l’image d’invincibilité de l’État islamique. C’est un message fort pour tous ceux qui s’opposent à lui, notamment dans le monde musulman. Propos recueillis par François Pieretti 7



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