Arte Magazine n°2017-07 11 fév 2017
Arte Magazine n°2017-07 11 fév 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-07 de 11 fév 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : centre pompidou, 40 ans de tubes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ALAMO SÉRIE LUTTES DE CATCH Romane Bohringer joue Céline, l’une des quatre Héroïnes de la minisérie réalisée par Audrey Estrougo. Un personnage inédit pour elle, entre conflits intérieurs et scènes de catch non simulées, dans lequel elle s’est investie avec un plaisir communicatif. On vous a rarement vue dans des films à thématique sociale. Est-ce cet aspect d’Héroïnes qui vous a d’abord attirée ? Romane Bohringer  : J’essaie de faire écho à ma conscience citoyenne dans mon travail, mais cela se voit peut-être davantage au théâtre, où j’ai été plus présente qu’au cinéma ces derniers temps. C’est 6 N°7 – Semaine du 11 au 17 février 2017 – ARTE Magazine avant tout la personnalité d’Audrey Estrougo qui m’a convaincue de jouer dans Héroïnes. J’ai senti en elle une force, quelque chose de pur, qui m’a touchée. Quand j’ai lu le scénario, j’ai découvert une écriture engagée, moderne, qui proposait des personnages de femmes combatives, singulières, ancrées dans la réalité d’aujourd’hui. On ne m’avait pas proposé un
ELOÏSE LEGAY tel rôle depuis longtemps. Le personnage de Céline est moins en difficulté sur le plan social que ses amies. En revanche, elle fait l’expérience d’un soudain changement de vie. À 40 ans passés, elle voit toutes ses certitudes bouleversées, et doit se réinventer. Progressivement, elle se libère. C’est formidable pour une actrice de pouvoir exprimer une évolution comme celle-ci à travers le format d’une série. Dans la série, vous participez à des combats de catch. Aviez-vous expérimenté cette discipline auparavant ? Pas du tout ! En France, les acteurs sont rarement appelés à apprendre un sport pour les besoins d’un tournage. Nous avons eu un coach formidable, Vincent Haquin, qui nous a accompagnées tout en restant à l’écoute de nos peurs, de nos fragilités. Audrey Estrougo assistait aux répétitions, et on a monté les combats ensemble, pas à pas. J’aime la manière dont la série représente le catch  : modeste, pas magnifié, un peu comme un combat de coqs. Il ne s’agissait pas de faire de nous des «superhéroïnes». Pour autant, nous avons vécu nos combats comme des vraies cascades ! Après le tournage du duel final avec Marie-Sohna Condé, qui joue Agathe, nous étions épuisées, littéralement en morceaux. Pour tout le monde, techniciens compris, ces scènes représentaient un gros défi. Jeudi 16 février à 20.55 HEROÏNES (1-3) Lire page 23 Ces combats symbolisent aussi la crise existentielle que traverse votre personnage… Bien sûr. Ils font écho à des luttes intenses, pour Céline, mon personnage, comme pour celui d’Agathe. Héroïnes se situe dans une mouvance girl power, sans adopter une posture de revendication. Ces femmes sont belles, courageuses, mais les hommes aussi ! Tous les personnages sont traités à égalité, à travers leur humanité et leurs contradictions. En découvrant la distribution, j’ai été frappée par sa diversité et sa singularité. C’est une série foisonnante, pleine de visages et de parcours différents. Vous êtes une nouvelle venue dans l’univers d’Audrey Estrougo, qui travaille souvent avec les mêmes comédiens. Comment vous a-t-elle intégrée à sa troupe ? La méthode d’Audrey consiste à nous préparer en amont, en nous faisant jouer des scènes qui ne seront pas filmées lors du tournage, mais qui racontent le passé des personnages. Quand on arrive sur le plateau, nous sommes riches de ces improvisations, grâce auxquelles nous pouvons tisser des liens avec les autres comédiens. J’ai toujours cherché à collaborer avec des personnes comme Audrey, qui échappent aux formats et donnent envie de regarder les gens autrement. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène N°7 – Semaine du 11 au 17 février 2017 – ARTE Magazine GETTY «UNE IMAGE DE LA FRANCE D’AUJOURD’HUI» «J’avais envie de parler de la désindustrialisation qui touche notre pays, de politique, et de femmes qui se battent. Tout cela sur un ton un peu loufoque, avec l’idée d’un tournoi de catch local. La ville où se déroule l’histoire, Saint-Charles, est une image de la France d’aujourd’hui. En même temps, c’est un lieu spécifique, une de ces villes nouvelles de la grande banlieue parisienne. Un décor saisissant visuellement, où tout se ressemble, comme dans les banlieues américaines. Sauf que quand on vit là, on n’a pas forcément réussi sa vie. On a beau être sorti des cités, on reste loin de tout. C’était donc intéressant à étudier sur le plan sociologique, d’autant plus que je me suis rendu compte que ce type de ville était devenu le terreau de la montée du Front national en Île-de-France.» Audrey Estrougo, réalisatrice d’Héroïnes 7



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