Arte Magazine n°2017-06 4 fév 2017
Arte Magazine n°2017-06 4 fév 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-06 de 4 fév 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : mafia et république.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Mardi 7 février à partir de 20.50 MAFIA ET RÉPUBLIQUE (1-3) Lire pages 18-19 François Spirito, figure de la mafia corse des années 1930. EN COUVERTURE LE SYNDROME DE JANUS AU CŒUR DE L’ÉTAT FRANÇAIS Mafia et République retrace les liens entre le crime organisé corse et l’État français. Coauteur de cette série documentaire, Pierre Péan a publié un livre sur le sujet en 2015 *, et raconte ici ces relations occultes. À quelle époque la mafia corse se metelle au service de l’État français ? Pierre Péan  : Le moment le plus fort se situe selon moi juste après la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’État se bat contre ce qu’on appelle à l’époque la «menace rouge». Avec l’accord des autorités françaises, notamment gaullistes, la CIA, qui craint une pénétration de Moscou par le port de Marseille, utilise les mafieux corses pour rétablir l’ordre. La ville devient ainsi une zone hors légalité, où la pègre agit à sa guise. Cette situation permet à la mafia corse de mettre en place l’organisation la plus importante de son histoire  : la French Connection. Lorsque de Gaulle arrive au pouvoir en 1958, on assiste à une réédition de ce que les gaullistes avaient fait après la guerre  : des gens du crime organisé corse sont utilisés pour maintenir l’ordre de ce nouveau régime. Exemple avec la création du SAC [le Service d’action civique, police parallèle créée en 1960, NDLR], qui compte dans ses rangs de nombreux Corses. Proche des têtes pensantes du crime organisé corse, Charles Pasqua, cofondateur du SAC, est un des visages de la série documentaire… Charles Pasqua a utilisé sa «corsitude» pour asseoir son pouvoir. Il ne s’agissait pas d’un mafieux mais plutôt d’un «grand protecteur». De cette affaire 4 N°6 – Semaine du 4 au 10 février 2017 – ARTE Magazine ressort aussi ce que j’appellerais le syndrome de Janus, le dieu aux deux visages, au cœur de l’État français  : des gens traquent le crime organisé, corse notamment, alors que d’autres, pour des raisons de pouvoir, l’utilisent. Ce phénomène est essentiel pour comprendre l’histoire de la France depuis la fin des années 1930. Vous parlez par ailleurs de «Corsafrique». Qu’entendez-vous par là ? Le système néocolonial que certains appellent «Françafrique», symbolisé par Elf, a évolué. Les Corses y ont pris une importance considérable au tournant des années 1980 et 1990. Lancée par Robert Feliciaggi, puis incarnée par Michel Tomi [qualifié de «parrain des parrains» et mis en examen en 2014, NDLR], la Corsafrique est devenue une puissance économique, une multinationale du jeu, du PMU, d’autres secteurs aussi… Cela a été rendu possible grâce à la protection de Charles Pasqua, notamment. L’arrivée au pouvoir de François Hollande a-t-elle changé la donne ? Oui. Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault ont employé pour la première fois le terme de «mafia» et ont pris des mesures rigoureuses pour lutter contre ce système. Propos recueillis par Raphaël Badache * Compromissions – La République et la mafia corse (Fayard, 2015). Yami 2
WALRUS evims - 1.171 SÉRIE DOCUMENTAIRE':rareett.teter:k.2kei ;u.s.- - VtiEX ! - i_r6) PLUS D’UN TOUR DANS LES BACS En écho à la série documentaire Soundbreaking, qui raconte la fabuleuse histoire de l’enregistrement de la musique, retour sur les multiples formats, qui, du 78 tours au MP3, ont révolutionné les usages. Vendredi 10 février à partir de 22.25 SOUNDBREAKING (1 & 2) LA GRANDE AVENTURE DE LA MUSIQUE ENREGISTRÉE Lire page 25 Moins de trente ans avant l’invention du phonographe, l’écrivain Théophile Gautier imaginait un appareil qui permettrait de «garder, par une matière plus sensible encore et plus subtile que l’iode, les ondulations de la sonorité». Mais c’est le Français Charles Cros, sous le nom de «paléophone», littéralement «voix du passé», qui signe en 1877 le plan du premier phonographe, dont Edison, qui déposera un brevet un peu plus tard, revendiquera lui aussi la paternité. On écoute alors les 78 tours en gomme-laque d’Enrico Caruso, chanteur d’opéra dont la tessiture de ténor flatte le spectre sonore peu étendu du phonographe. Le format ne permet à l’époque que trois minutes d’écoute par face. Il faut attendre 1948 pour qu’émerge le fameux vinyle, en 33 et 45 tours. Le deuxième, qui colle au format de deux minutes trente imposé par les radios de l’époque, s’imposera rapidement comme le support idéal pour les singles. Le rock’n’roll inondera l’Europe via ces hits. C’est d’ailleurs l’amour du vinyle qui sera à l’origine des Rolling Stones  : en octobre 1960, Keith Richards remarque sur le quai d’une gare un jeune homme les bras chargés de disques, dont un best of du bluesman Muddy Waters. Il s’appelle Michael Jagger et, entre les deux jeunes érudits, la connexion est faite. K7, CD, MP3 Le walkman, inventé par un industriel japonais qui voulait écouter de la musique tout en jouant au golf, et la cassette, moins fragile et plus transportable que le vinyle, marquent l’avènement de l’écoute privée. Dans les années 2000, l’émergence du peer to peer généralise la reproduction et l’échange pirate de titres entre auditeurs. Mais ceux-ci avaient débuté bien avant  : le groupe phare de la génération «K7», Grateful Dead, s’est ainsi construit une notoriété via les enregistrements sauvages de ses concerts qui circulent sous le manteau entre fans. En réponse aux Compact Discs (CD), technologie suivante et mal aimée en raison de son prix jugé excessif, des étudiants américains créent en 1999 un programme de partage de fichiers sur Internet  : Napster. La gratuité s’installe et toute marche arrière semble impossible. Mais de nos jours, les prédicateurs clament la mort du format MP3, dont les ventes baissent au profit des abonnements aux services de streaming et, plus surprenant, des vinyles qui font leur grand retour. Preuve que le disque, en 2017, peut toujours jouer ce rôle d’obscur objet de désir. François Pieretti N°6 – Semaine du 4 au 10 février 2017 – ARTE Magazine 5



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