Arte Magazine n°2017-04 21 jan 2017
Arte Magazine n°2017-04 21 jan 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-04 de 21 jan 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : un coupable ordinaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOCUMENTAIRE «PORTER LES VICTIMES VERS LA LUMIÈRE» Le cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun donne la parole à des victimes ayant traversé l’enfer de la dictature de Hissein Habré au Tchad, entre 1982 et 1990. Entretien. 6 N°4 – Semaine du 21 au 27 janvier 2017 – ARTE Magazine Mercredi 25 janvier à 23.15 HISSEIN HABRÉ, UNE TRAGÉDIE TCHADIENNE Lire page 21 Pourquoi avez-vous réalisé ce film ? Mahamat-Saleh Haroun  : En tant que cinéaste, il relevait presque de mon devoir de raconter cette histoire, parce que c’est la mienne, que c’est aussi celle des Tchadiens, et, au-delà, celle de l’Afrique et de ses tragédies. J’ai voulu donner la parole à des victimes qui portent en elles cette souffrance depuis longtemps. Certaines d’entre elles se battent pour obtenir justice. Elles sont confrontées à un tabou car c’est une histoire dont personne ne parle. J’ai souhaité les écouter et leur donner un visage. Jusqu’à présent, aucun média, notamment tchadien, ne l’a fait, du moins pas de cette manière. En juin 2013, avec l’arrestation de Hissein Habré, j’ai senti que je pouvais porter les victimes vers la lumière, vers la fin d’un combat, et j’ai commencé à tourner. Comment s’est opéré le choix des témoignages ? Quand j’ai rencontré Clément Abaïfouta, le président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissein Habré, qui a fait du combat pour la justice un véritable sacerdoce, j’ai su qu’il serait le personnage principal du film. C’est en quelque sorte le porteparole de toutes ces victimes, celles qui ont disparu, celles aussi qui n’arrivent pas toujours à exprimer leur souffrance. Les geôliers de Clément l’avaient désigné fossoyeur. Il a enterré tant d’hommes et de femmes qu’il en a oublié le nombre. Avec lui, je les exhume symboliquement et je déterre aussi la parole de ceux qui sont presque devenus des morts-vivants après avoir été emprisonnés et torturés. C’est par son intermédiaire que j’ai pu filmer ces victimes, mais aussi un bourreau qui voulait faire amende honorable et recherchait une sorte de rédemption. Hissein Habré a été condamné en 2016 à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture. Cela a-t-il changé la situation de ces hommes et ces femmes ? La société ne les considère plus comme des menteurs ou des fous, même si beaucoup ont perdu la raison à force de sévices. Ces victimes disaient vrai et la justice leur a donné raison. Lorsque le film a été projeté en avant-première au Tchad, j’ai clos le débat sur les crimes de Hissein Habré. Plus personne ne conteste que des victimes ont traversé l’enfer et qu’elles en sont revenues. Aujourd’hui, elles marchent la tête haute. Elles ont retrouvé une dignité qui leur avait été volée. Propos recueillis par Laure Naimski
BRINKWORTH FILMS DOCUMENTAIRE LA FEMME AUX QUATRE VISAGES Et si la clé de l’identité de la Joconde se cachait sous la surface de la peinture ? Inventeur d’une caméra permettant d’en explorer les différentes couches, le Français Pascal Cotte présente ses résultats saisissants dans un documentaire passionnant. Samedi 21 janvier à 20.50 LE MYSTÈRE DE LA JOCONDE RÉVÉLÉ Lire page 11 Peinture la plus scrutée et analysée au monde, la Joconde est devenue en cinq siècles une sorte de métonymie de l’art pictural luimême. Pourtant, elle couve sous ses pigments un mystère  : qui est son modèle ? Si l’identité de Lisa del Giocondo, femme d’un marchand florentin, est communément établie, cette explication se heurte à de nombreux indices laissant penser qu’il existerait plusieurs versions du tableau. Au tournant des années 2000, le voile se déchire peu à peu grâce à une caméra multispectrale révolutionnaire – digne du génie de Léonard de Vinci –, capable de numériser une toile avec une résolution macrophotographique de 240 millions de pixels. Derrière l’invention, Pascal Cotte, ingénieur en optique informatique et physicien autodidacte, naviguant a priori loin du monde de l’art  : «J’ai conçu cette caméra car certains scanners rendaient mal les couleurs des tableaux anciens. Mais s’il m’arrive d’acquérir des peintures, je dois avouer qu’avant de collaborer avec le Louvre je n’allais pas souvent dans les musées.» PALIMPSESTE PICTURAL Après avoir souscrit, de 2001 à 2004, un contrat de recherche avec la vénérable institution, celle-ci lui N°4 – Semaine du 21 au 27 janvier 2017 – ARTE Magazine demande de numériser la Joconde. En projetant une lumière blanche qui, filtrée par la caméra, se décompose en treize bandes spectrales de couleurs différentes et pénètre la peinture à des profondeurs variables, Pascal Cotte va ainsi prélever plus de trois milliards de données, qui font apparaître les strates invisibles sous le vernis et dans la couche picturale. En 2008, le scientifique se repenche sur les photographies ainsi collectées et prend conscience des surprises qui pourraient en émerger. «J’ai compris que je pouvais recomposer la chronologie de cette peinture et les différentes étapes de sa réalisation», explique-t-il. Sous le portrait craquelé par le temps se révèlent alors trois visages, constituant un palimpseste pictural insoupçonné. Le plus enfoui, resté au stade de l’ébauche, présente une tête en plan plus serré que celle de la Joconde. Une série de détails esquissent ensuite l’image d’une sainte ou d’une Vierge ornée d’une majestueuse coiffe, au-dessus de laquelle jaillit le portrait intégral d’une femme aux cheveux ramenés en arrière et aux sourcils joliment dessinés. Pour Pascal Cotte, il ne peut s’agir que de la véritable Lisa del Giocondo. La femme du marchand florentin aurait pu rester masquée à jamais derrière le sourire immortel de la Joconde… Augustin Faure L’historien de l’art Andrew Graham- Dixon (à gauche) et l’ingénieur physicien Pascal Cotte. 7



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