Arte Magazine n°2017-04 21 jan 2017
Arte Magazine n°2017-04 21 jan 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-04 de 21 jan 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : un coupable ordinaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vendredi 27 janvier à 20.55 TUER UN HOMME Lire page 24 EN COUVERTURE L’IRRÉPARABLE Pour la fiction Tuer un homme, la réalisatrice Isabelle Czajka a réuni Frédéric Pierrot (Polisse, Les revenants) et Valérie Karsenti (Maison close, Scènes de ménages). Juste, intense, le duo incarne un couple de bijoutiers confrontés au drame de l’autodéfense. 4 N°4 – Semaine du 21 au 27 janvier 2017 – ARTE Magazine DIAPHANA FILMS
Qu’est-ce qui vous a séduits, l’un et l’autre, dans ce projet ? Frédéric Pierrot  : Une heureuse combinaison entre le scénario et le fait qu’Isabelle Czajka le réalisait. Si les films inspirés de faits divers ont souvent tendance à simplifier les choses, là, j’avais le sentiment que son regard rendrait justice à la complexité de la situation. Nous voulions éviter l’explication, le commentaire des faits, ne pas coincer l’imaginaire du public, déjà envahi par toutes les images liées à ce type d’événements. Valérie Karsenti  : Le sujet de l’autodéfense nous interroge tous, mais chacun de ces drames s’avère unique. On a donc joué celui-ci comme une histoire vierge de tout précédent. Ce qui était intéressant dans le scénario, c’est qu’il traitait des conséquences du geste, de manière non manichéenne. Isabelle Czajka est une réalisatrice très fine, dont j’avais aimé les précédents longs métrages. Le film abordait aussi beaucoup d’autres choses, comme la tentative de récupération de l’affaire par l’extrême droite, ou la situation de ces petites villes françaises, de plus en plus délaissées ; qui étouffent. Avez-vous eu besoin de vous expliquer l’acte du bijoutier pour le jouer ? Frédéric Pierrot  : On ne peut pas l’expliquer. Une image me semble assez juste pour définir le geste de mon personnage, celle de l’éclair, qui tombe sans prévenir. Il surprend tout le monde, assomme et peut aussi tuer. Des masses se rencontrent dans des circonstances particulières, créent une différence de potentiels et déclenchent une décharge… Dix secondes après, il est trop tard. La justice essaie d’éclaircir ce geste, mais on ne peut pas vraiment savoir ce qui se passe à cet instant-là. Pourtant, les conséquences sont irréparables. Valérie Karsenti  : Le personnage de Frédéric est prostré, comme figé dans son geste. Toutes ses certitudes sont remises en question, alors qu’au départ il pensait avoir agi comme il fallait, pour protéger les siens. Progressivement se dessine la possibilité qu’il aurait pu ne pas tuer. Sa femme se sent perdue, elle aussi. Elle doute. Était-elle réellement en danger ? Elle ne le saura jamais. Ce couple se retrouve dans une situation très violente, qui marque un avant et un après. Leur histoire d’amour est d’ailleurs au cœur du drame… Frédéric Pierrot  : C’est la seule chose qu’on s’est dite avec Valérie avant de commencer  : partir de la certitude que ce couple s’aimait. À partir de là, on pouvait se laisser gagner par la situation, abandonner les personnages à leur histoire. Valérie Karsenti  : C’est un couple qui va bien sur le plan amoureux. Bien sûr, il y a des insatisfactions, et le drame va les faire surgir… Lui s’est battu pour l’épouser, pour avoir ce commerce. Elle a choisi cet homme, mais pas forcément la vie qui allait avec. Voilà ce qu’elle va remettre en question. Voir son NIVIERE/SIPA mari devenir un tueur devant elle, dans cette boutique, lui révèle qu’elle ne peut plus vivre cette vie-là. C’est tout autant dramatique pour elle, car elle aussi perd son amour. Comment Isabelle Czajka vous a-t-elle dirigés ? Frédéric Pierrot  : Elle ne laisse rien passer ! Elle nous aide à gommer les tics, le trop-plein, à interpréter le moins possible pour ménager des silences, laisser les scènes ouvertes. On était tous conscients de l’endroit où on voulait se placer par rapport à l’histoire et aux personnages. Je n’ai fait aucune recherche, je me suis concentré sur les scènes. J’ai une petite méthode personnelle qui consiste à réécrire à la main, dans un cahier que je garde tout le temps sur moi, les scènes que je dois jouer, dans l’ordre du tournage – ma partie, et celle de mes partenaires. Cela me permet d’identifier les difficultés, de m’approprier le texte, le rythme, parfois de proposer des idées. Valérie Karsenti  : On a beaucoup ri, tout en essayant de travailler au plus juste. En ce moment, dans mon métier, j’ai la chance de pouvoir alterner les registres. La comédie reste une partition précieuse, car elle m’offre une liberté et une folie auxquelles je laisse moins cours dans le drame. En dehors du registre comique, je n’aime pas beaucoup l’impudeur. Je cherche à travailler sur des émotions plus contenues, plus ramassées. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène N°4 – Semaine du 21 au 27 janvier 2017 – ARTE Magazine 5



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