Arte Magazine n°2017-02 7 jan 2017
Arte Magazine n°2017-02 7 jan 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2017-02 de 7 jan 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'héritage empoisonné.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 (JL7 EN COUVERTURE L’ÉMOTION QUI VENAIT DU FROID Pourquoi les petits pays scandinaves produisent-ils de si grandes séries ? Éléments de réponse avec Henrik Jansson-Schweizer, créateur de L’héritage empoisonné, qui entame une captivante deuxième saison sur ARTE. CARL RASMUSSEN AB Quel a été pour vous le point de départ de L’héritage empoisonné ? Henrik Jansson-Schweizer  : La pension de famille, très semblable à celle de la série, que tenait ma grand-mère quand j’étais petit, dans la campagne suédoise. J’ai passé dans ce lieu merveilleux bien des jours heureux de vacances et puis, en grandissant, je me suis rendu compte que, derrière cette façade paisible et harmonieuse, se cachaient de sombres secrets. Des drames et des conflits refoulés, qui ne cessaient d’affleurer dans le présent. D’une certaine manière, la série parle donc de ma propre famille, même si chez moi, heureusement, le meurtre et le chantage ne figurent pas – que je sache ! – au tableau. Les deux frères et la sœur de l’histoire sont-ils inspirés de personnages réels ? Il y a un peu de moi dans chacun d’entre eux, Jonna comprise. Mais Lasse et Oskar, ses frères, ressemblent beaucoup à deux de mes oncles, rajeunis d’une génération. Quand j’étais encore à l’école de cinéma, l’un de nos professeurs, le réalisateur Lars Molin, qui, en Suède, est presque regardé à l’égal de N°2 – Semaine du 7 au 13 janvier 2017 – ARTE Magazine BALDUR BRAGASON Bergman et que je considère un peu comme mon maître, m’a donné un conseil que j’ai toujours suivi  : pour trouver une bonne histoire, pas besoin de chercher loin. Il suffit de regarder en soi. Le somptueux archipel d’Åland, où vous avez installé la pension Waldemar, ressemble-t-il au paysage de votre enfance ? Nous n’étions pas au bord de la mer, mais les sensations évoquées dans la série – les longues journées de liberté et de nature en été, la beauté et l’isolement de l’hiver avec son froid mordant – ressemblent beaucoup à mes souvenirs. Il faut dire qu’en Suède les « histoires d’archipel » constituent un genre narratif en soi, tant les îles appartiennent au paysage intime de chacun. J’avais envie d’écrire, moi aussi, une « histoire d’archipel ». Comment résumeriez-vous la série ? C’est l’histoire de trois frères et sœur qui, ayant enfoui en eux les blessures de leur enfance, sont obligés de leur faire face et de les surmonter pour devenir réellement adultes. Ce que j’ai voulu faire, c’est une chronique familiale pleine d’émotions
fortes, dans laquelle chacun puisse se reconnaître. Mais si la douleur et l’angoisse sont présentes, la couleur dominante n’est pas forcément le noir. Plus encore que la première saison, la deuxième se resserre sur des questions centrales de culpabilité et d’identité. Tout l’enjeu est de savoir si ces personnages qui éprouvent de l’amour les uns pour les autres, mais ne parviennent ni à l’exprimer ni à le vivre en raison d’obstacles intérieurs profonds, parviendront à se rapprocher les uns des autres. Étiez-vous attaché à eux dès le départ ? Je les aime de plus en plus. On ne peut pas demander au spectateur de passer vingt heures de sa vie, et même trente, puisque j’aimerais beaucoup écrire une troisième saison, avec des gens qui ne vous plaisent pas. La première saison a été achevée en Suède au même moment que la série danoise Les héritiers, qu’ARTE a diffusée aussi. Est-ce une coïncidence ? Oui, nous ignorions complètement de part et d’autre que deux séries se tournaient plus ou moins sur N°2 – Semaine du 7 au 13 janvier 2017 – ARTE Magazine Jeudi 12 janvier à partir de 20.55 L’HÉRITAGE EMPOISONNÉ SAISON 2 Lire pages 22-23 le même sujet. Celle-là repose encore plus que L’héritage empoisonné sur la vérité psychologique des personnages. Moi, j’ai introduit quelques éléments de ce qu’on appelle communément aujourd’hui, en anglais dans le texte, le « Nordic noir », le polar scandinave. Mais hasard ou pas, il existe aujourd’hui dans nos petits pays une forme d’émulation et d’intelligence collective très excitante en matière de fiction. Cela tient d’une part à la présence de chaînes publiques engagées, qui ont pris des risques en misant sur de nouvelles écritures. Cela s’explique aussi, je crois, par deux traditions locales relativement récentes  : une réalisation audacieuse, qui s’est forgée dans la pub et les clips des années 1990, et fait aujourd’hui la réputation de nos séries ; et une manière très prenante de raconter les histoires, nourrie de réalisme social, de désir de gratter sous la surface des choses et, aussi, d’un art assez décapant du thriller, bien sombre de préférence. Cela tient peut-être, excusez le cliché, à nos interminables hivers. Propos recueillis par Irène Berelowitch 5



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