Arte Magazine n°2016-50 10 déc 2016
Arte Magazine n°2016-50 10 déc 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-50 de 10 déc 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : le passe-muraille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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- EN COUVERTURE UN SUPER-HÉROS TRÈS DISCRET Denis Podalydès devient passe-muraille dans l’adaptation par Dante Desarthe de la célèbre nouvelle de Marcel Aymé. L’histoire d’un super-héros pas comme les autres, que le comédien incarne sur un ton romantique et burlesque. Vendredi 16 décembre à 20.55 LE PASSE-MURAILLE Lire page 24 Dans Le passe-muraille, Émile Dutilleul, votre personnage, se découvre un jour le don de traverser les murs. Aviez-vous déjà imaginé incarner un super-héros ? Denis Podalydès  : Non, pas vraiment. Il y a quelques années, mon frère Bruno s’était intéressé au Passemuraille, mais je n’avais pas pensé que ce pouvait être un rôle pour moi. Je me souvenais du film avec Bourvil [de Jean Boyer, 1951, NDLR], et j’atta- 4 N°50 – Semaine du 10 au 16 décembre 2016 – ARTE Magazine LES FILMS DU POISSON chais le personnage à son visage. En fait, c’est un super-héros désintéressé, qui ne cherche pas le pouvoir. Un type assez inexistant, opaque, gris. Il a quelque chose de la qualité du mur… C’est cet aspect inodore, glissant, qui m’a plu. On n’imagine pas un être de chair et d’émotion jouer le passe-muraille. Depardieu, par exemple, l’aurait cassé, le mur ! Comment avez-vous abordé la nouvelle originale avec Dante Desarthe ? La nouvelle est très brève et très énigmatique, elle laisse donc beaucoup de place à l’invention. Dante Desarthe a imaginé une ex-femme, une mère, une amoureuse, et d’autres causes pour expliquer le don qui « frappe » le héros. Dutilleul est plus entouré, mais il est toujours aussi seul… Comme il est un peu sinistre, il appelle le burlesque. Dante a poussé les choses dans cette direction, à travers les situations, les dialogues, même son travail sur les effets spéciaux. Il y a des trouvailles poétiques géniales dans la nouvelle de Marcel Aymé, mais c’est un texte assez dur, qui dresse une critique acerbe de la modernité. Ce côté grinçant, mesquin, me déplaît un peu. On a essayé d’apporter davantage de générosité à l’histoire, pour la faire sourire un peu. Comment travaillez-vous les personnages comiques ? Je peux avoir une nature très cabotine, mais ça dépend vraiment des rôles. Dans une comédie, je préfère que le personnage soit rendu drôle par les situations plutôt que d’essayer de faire le rigolo. Ici, je me suis amusé à me fondre dans la grisaille. J’avais envie de retrancher, pas d’en rajouter. Mon personnage reste donc très sérieux, voire inexpressif, et c’est autour de lui que ça s’agite. Mais il ne faut pas non plus faire du ton sur ton. J’ai donc travaillé sur l’attitude, la précision des gestes. Aller loin dans l’insignifiance est intéressant parce que cela peut faire surgir beaucoup de choses, mais cela demande une grande confiance dans celui qui vous dirige. Je me suis surtout laissé inspirer par la poésie de l’histoire, en essayant de ne pas trop remplir les cases, et en laissant le comique à la discrétion du réalisateur. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène
what'sup films F ERMONS L ES ABATTOIRS/DOCUMENTAIRE LA CAUSE DES BÊTES Parce que la science a mis en évidence la sensibilité et l’intelligence des animaux, leur condition fait de plus en plus débat. Quels droits leur accorder ? C’est la question que pose le réalisateur Martin Blanchard dans une enquête fouillée. Entretien. Comment expliquez-vous l’intérêt grandissant pour la condition animale ? Martin Blanchard  : C’est un long cheminement qui arrive à maturité. Les avancées scientifiques ont montré que les animaux possèdent des capacités cognitives étonnantes. Les associations de protection des animaux ont également joué un rôle dans cette prise de conscience, largement relayée par les réseaux sociaux. Il est d’autant plus difficile de rester indifférent au sujet qu’il touche à notre quotidien, notamment à notre alimentation. À terme, par exemple, nous consommerons certainement de moins en moins de viande. Avez-vous rencontré des difficultés durant votre enquête ? Mon but n’étant pas de filmer les réalités de l’industrie agroalimentaire, nous n’avons pas sollicité les abattoirs, ce qui aurait sûrement été compliqué. Nous souhaitions avant tout poser les bases théoriques d’un débat transversal, qui aborde certes les conditions d’élevage et d’abattage, mais aussi la question des animaux de compagnie ou encore de l’expérimentation animale. Durant le tournage, c’est ce sujet qui s’est révélé le plus sensible. Sous la pression de l’opinion publique, cette partie de la recherche fondamentale est remis en cause. Les chercheurs sont confrontés à des obstacles inédits, comme la réticence d’élus à financer un projet d’animalerie pour l’expérimentation. N°50 – Semaine du 10 au 16 décembre 2016 – ARTE Magazine Mardi 13 décembre à 20.50 LES ANIMAUX ONT-ILS DES DROITS ? Lire pages 18-19 Peut-on envisager une société sans abattage d’animaux ? Les abolitionnistes réclament même la fin de toute exploitation animale, ce qui aurait des répercussions très concrètes  : plus d’élevage, donc aucun aliment d’origine animale dans nos assiettes, plus de laine ni de cuir, plus d’équitation, ni de dressage dans les cirques, ni de zoos… Et, bien sûr, plus d’expérimentation animale. C’est un tel changement civilisationnel qu’il est difficile de se prononcer. La question suscite un débat intense au sein même du mouvement de défense animale. Car l’élevage et la domestication façonnent notre relation à l’animal depuis la révolution néolithique. C’est un pan de notre culture humaine. C’est pourquoi il était important de faire le point. Un nouveau statut juridique pourrait-il améliorer la condition des animaux ? C’est l’une des pistes envisagées dans le film, mais il en existe beaucoup d’autres. À titre personnel, je crois plus à une prise de conscience collective, notamment en matière d’alimentation, pour respecter l’environnement et le bien-être animal. La révolution sera peut-être morale avant d’être juridique. Propos recueillis par Hélène Porret 5



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