Arte Magazine n°2016-49 3 déc 2016
Arte Magazine n°2016-49 3 déc 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-49 de 3 déc 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : cannabis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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«P aris me fait l’effet en ce moment d’une puissante machine fonctionnant à toute vapeur avec une furie diabolique.» C’est ainsi qu’Émile Zola décrit l’atmosphère qui règne dans la capitale en 1867. Le Second Empire inaugure alors sa deuxième exposition universelle après celle de 1855. Obsédé par la mise en scène de sa puissance, l’empereur Napoléon y trouve l’occasion de démontrer au monde la vigueur de son industrie, l’innovation de sa politique sociale et la suprématie de ses arts décoratifs. Une cinquantaine de souverains sont conviés aux fêtes somptueuses organisées aux Tuileries et à l’Hôtel de Ville. Quelque onze millions de visiteurs se pressent au Champ-de- Mars dans le palais elliptique innovant, qui permet un classement par type de produit et par nation, conçu par le commissaire de l’exposition Fréderic Le Play. Le public admire les orfèvreries, les tapisseries et les cristalleries de Baccarat mais aussi des innovations industrielles et techniques venues des quatre coins de la planète. Sous l’impulsion de Le Play, ouvert aux réformes bien que conservateur, l’événement comporte un volet social  : une exposition et une enquête clament l’amélioration de la condition ouvrière sous le Second Empire. DOCUMENTAIRE GRANDEUR ET DÉCADENCE DU SECOND EMPIRE Décrié pour son autoritarisme, le Second Empire a cependant laissé une empreinte majeure. Deux décennies de progrès et d’effervescence culturelle qui culminent avec l’Exposition universelle de 1867, avant une série de revers pour Napoléon III. «CACHER NOTRE PAUVRETÉ» L’exposition offre à la France une place de choix dans le concert des nations. Mais ce faste masque les lézardes de l’édifice impérial. Car si la haute bourgeoisie se pavane en tenue d’apparat, les ouvriers sont étranglés par l’augmentation du coût de la vie. Malgré ou grâce aux réformes sociales de Napoléon III – qui autorise le droit de grève en 1864 – un mouvement ouvrier se structure et se lie aux adversaires de l’Empire. Le républicain Jules Ferry fustige ainsi le «matérialisme épouvantable» du régime et dénonce, dans un pamphlet intitulé Les comptes fantastiques d’Haussmann, la dette colossale générée par les travaux du baron à Paris. En 1867, les banquiers Pereire font faillite et la crise luxembourgeoise, prélude à la guerre francoprussienne de 1870, ridiculise la diplomatie impériale. Après la folie des grandeurs, les revers s’accumulent. À en croire le député Alfred Darimon, qui Dimanche 4 décembre à 17.30 SECOND EMPIRE, LE POUVOIR EN SCÈNE Lire page 12 rapporte les propos de l’empereur dans un livre, Napoléon III, lui-même, sait que le navire prend l’eau  : «L’exposition servira pendant quelque temps à cacher notre pauvreté, mais quand elle sera terminée, on verra nos loques s’étaler en plein soleil», aurait-il déclaré. Trois ans plus tard, après la défaite de Sedan contre la Prusse, la déchéance de l’empereur inaugure l’avènement de la III e République, clôturant deux décennies d’euphorie et de démesure. Laetitia Møller 6 N°49 – Semaine du 3 au 9 décembre 2016 – ARTE Magazine L’exposition «Spectaculaire Second Empire» a lieu au musée d’Orsay jusqu’au 15 janvier 2017. MUSÉE D’ORSAY
LA SOIF DE VIVRE Mille vies et, chaque jour, autant de mots écrits. Aventurier, socialiste, autodidacte ayant rencontré la gloire littéraire…  : Jack London incarne la légende américaine. Un siècle après sa mort, un riche documentaire retrace son parcours météorique. «J e ne gâcherai pas mes jours à tenter de prolonger ma vie. Je veux brûler tout mon temps.» Tout, dans le parcours et l’œuvre de l’auteur de Croc-Blanc, vibre de cette urgence passionnée, comme si Jack London (1876- 1916) avait fiévreusement démultiplié les chemins pour écrire son destin en lettres capitales. Lequel, un siècle après sa mort, n’en finit pas de nourrir le mythe de l’écrivain autodidacte, du marin explorateur et in fine du rancher, pionnier de l’écologie. Alors que l’Amérique, à peine revenue de la conquête de l’Ouest, se jette dans la modernité à la cadence d’un taylorisme forcené, Jack grandit dans les faubourgs pauvres de San Francisco. À 14 ans, l’enfant rejoint la légion de prolétaires d’une conserverie d’Oakland. «Là, la vie n’offrait que laideur et misère […], car la chair et l’esprit y étaient pareillement affamés et tourmentés *.» Mais son instinct de survie le pousse à oser l’aventure. «Prince des pilleurs d’huîtres», lutteur, chasseur de phoques, blanchisseur, vagabond du rail, taulard…  : à 20 ans, la vie de ce socialiste aux poches trouées se conjugue déjà au pluriel quand, dans la même frénésie, il dévore les livres de la bibliothèque d’Oakland, ceux de Kipling, Stevenson ou Marx en tête. AMBITIONS ET DÉSILLUSION En 1897, la ruée vers l’or l’entraîne à braver la mort dans le sauvage Grand Nord. Une expérience initiatique dans l’enfer blanc du Klondike, qui lui rapporte tout pesé quatre dollars, et une mine, celle de manuscrits en gestation, Le fils du loup, puis L’appel de la forêt qui connaîtra un succès fulgurant. Une gloire à la hauteur des ambitions de DOCUMENTAIRE ED. LA MARTINIÈRE Samedi 3 décembre à 20.50 JACK LONDON, UNE AVENTURE AMÉRICAINE Lire page 11 ce météore, observateur autant qu’acteur de son temps, qui a escaladé les classes sociales. Avant l’amère désillusion des sommets, qu’il dénoncera dans son chef-d’œuvre Martin Eden, son double désenchanté qui, à la force de sa plume, a vaincu la fatalité de ses origines pour mieux chuter. Comme son héros, Jack London, bien que rongé par l’alcool, écrit compulsivement, mille mots par jour – car il est romancier, mais aussi chroniqueur et reporter –, même lorsqu’il sillonne encore, avec Charmian, son épouse, le Pacifique sur sa goélette, le Snark. Mort à 40 ans, éreinté d’avoir embrassé tant de vies, de mers, de livres et de causes, il a laissé une œuvre colossale, qui a fait son entrée dans la Pléiade en octobre dernier. Sylvie Dauvillier * Ce que la vie signifie pour moi de Jack London (Éditions du Sonneur) N°49 – Semaine du 3 au 9 décembre 2016 – ARTE Magazine arte EDITIC)NS Le réalisateur du documentaire, Michel Viotte, a également écrit Les vies de Jack London, coédité par ARTE Éditions et La Martinière. 7



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