Arte Magazine n°2016-48 26 nov 2016
Arte Magazine n°2016-48 26 nov 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-48 de 26 nov 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Arte fait son cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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NOVEMBRE 28 LUNDI NURI BILGE CEYLAN 20.50 CINÉMA WINTER SLEEP Nuri Bilge Ceylan transpose magnifiquement Tchekhov dans les paysages lunaires de la Cappadoce. Un récit limpide et profond sur la fragilité humaine. Aydin, bel homme d’âge mûr qui fut acteur à Istanbul, vit retiré en Cappadoce avec sa jeune épouse, Nihal, dans la propriété héritée de son père, une vaste demeure troglodyte transformée en hôtel de charme. Sa sœur, Necla, est venue habiter avec eux à la suite d’un divorce dont elle se remet mal. Pendant que Hidayet, l’homme à tout faire, gère les affaires courantes, Aydin passe de longues heures devant son ordinateur, composant des éditoriaux sentencieux pour le journal local et méditant un livre sur l’histoire du théâtre turc. Un matin, alors que l’hiver approche, un écolier du village voisin lance une pierre au passage de sa voiture, brisant une des vitres. Peu auparavant, le père de l’enfant, un locataire insolvable d’Aydin, s’est fait tabasser par des policiers lorsque les maigres biens de la famille ont été saisis pour cause de loyers impayés... DOUCEUR ET CRUAUTÉ Comme dans un récit de Tchekhov, l’incident agit comme un révélateur, mettant à nu le trio désuni formé par Aydin, Nihal et Necla, et le microcosme dans lequel il s’inscrit. Dans les paysages lunaires de l’Anatolie, bientôt recouverts par la neige, ce qui accentue le rapprochement d’une étrange évidence qu’il tisse entre la Russie du XIX e siècle et la Turquie contemporaine, Nuri Bilge Ceylan dépeint la détresse, la faiblesse de ses personnages avec la même lucidité, cruelle et compatissante à la fois, que l’écrivain qui l’inspire. Plus encore que son précédent film, Il était une fois en Anatolie, et malgré une durée de plus de trois heures, c’est aussi par sa narration même que Winter sleep rappelle l’art du détail et de l’essentiel que le maître russe a porté au sommet dans certaines de ses nouvelles. Des chevaux sauvages galopant sur la steppe, un dialogue qui tourne impitoyablement à l’aigre, un visage indéchiffrable derrière une fenêtre...  : chaque mot, chaque plan de ce film éblouissant, tant dans la finesse de l’écriture que dans le sens du cadre et de la direction d’acteurs, rapproche le spectateur de l’expérience humaine qui lui est racontée, lui insufflant une émotion de plus en plus profonde. Palme d’or et Prix Fipresci de la Critique internationale, Cannes 2014 – Six prix SIYAD 2015 (association de la critique turque)  : meilleurs production, réalisateur, premiers rôles féminin et masculin, second rôle masculin (Ayberk Pekcan), image ARTE FAIT SON CINÉMA Lire aussi pages 4-5 et 9 CC)INEMA Voir aussi l’entretien filmé avec Nuri Bilge Ceylan sur ARTE Cinema. (Kis Uykusu) Film de Nuri Bilge Ceylan (Turquie/France/Allemagne, 2014, 3h16mn, VF/VOSTF) – Scénario  : Nuri Bilge Ceylan, Ebru Ceylan, d’après les récits d’Anton Tchekhov Avec  : Haluk Bilginer (Aydin), Melisa Sözen (Nihal), Demet Akbağ (Necla), Ayberk Pekcan (Hidayet), Serhat Mustafa Kiliç (Hamdi), Nejat Işler (Ismail), Tamer Levent (Suavi) – Image  : Gökhan Tiryaki – Montage  : Nuri Bilge Ceylan, Bora Göksingöl Coproduction  : Memento Films Production, Zeyno Film, Bredok Film Production, ARTE France Cinéma, NBC Film 16 N°48 – Semaine du 26 novembre au 2 décembre 2016 – ARTE Magazine
0.05 CINÉMA IONA Réfugiés en Écosse après le meurtre d’un homme, une mère et son fils cherchent à refaire leur vie dans un petit village. Un drame intense et mutique, où les paysages expriment ce que les corps taisent. Au sortir du ferry qui accoste sur une île écossaise, Iona et son fils Bull roulent quelques kilomètres au hasard, avant d’incendier leur véhicule. Ils reviennent dans le village où Iona a grandi, seul endroit peut-être où ils peuvent se cacher, après un crime violent dont Bull semble être le coupable. Sur place, Iona retrouve Daniel et sa fille Elizabeth, aujourd’hui mariée et mère de Sarah, une adolescente paralysée des deux jambes. Si Bull et Sarah se rapprochent, entre les adultes, la tension monte, provoquée par un passé lourd de secrets. VIOLENCE RENTRÉE Filmée à l’égal des protagonistes de ce drame, la nature constitue sans doute le personnage principal de ce second film de Scott Graham. Iona, le nom de cette jeune mère aux abois en quête spirituelle, est aussi celui de l’île, à la fois abri et prison, sur laquelle elle se réfugie. La mer accueillera le dénouement entre Iona (l’excellente Ruth Negga, choisie pour interpréter le rôle principal de Loving, film de Jeff Nichols en compétition à Cannes cette année) et Bull, adolescent tout en violence rentrée. L’écrin idéal pour cette histoire de pardon et de repentance toujours contrariée. ARTE FAIT SON CINÉMA Film de Scott Graham (Royaume-Uni/Allemagne, 2015, 1h25mn, VOSTF) – Scénario  : Scott Graham Avec  : Ruth Negga (Iona), Ben Gallacher (Bull), Sorcha Groundsell (Sarah), Tom Brooke (Matthew), Michelle Duncan (Elizabeth), Douglas Henshall (Daniel), Jim Sturgeon (Stephen) – Image  : Yoliswa von Dallwitz – Montage  : Florian Nonnenmacher Musique  : Douglas MacDougall – Production  : Bard Entertainments, Boudica Silver, Hanfgarn& Ufer Filmproduktion N°48 – Semaine du 26 novembre au 2 décembre 2016 – ARTE Magazine BOUDICA IONA LTD DEUTSCHE KINEMATHEK/ZDF 1.20 CINÉMA LE MONTREUR D’OMBRES Un classique de l’expressionnisme et un film d’une subtile habileté sur l’illusion. Un couple reçoit pour un bien singulier dîner  : l’homme et la femme sont en crise, la maîtresse de maison ne reste pas insensible au charme de ses quatre invités plutôt libidineux. Un jeune homme, notamment, paraît très épris d’elle. Pendant la soirée, un montreur d’ombres donne un spectacle. Il met en scène un mari, sa femme... et son amant. Mais, magie de l’illusion, le manipulateur projette sur l’écran le drame qu’il pressent imminent dans la maison. INVENTIVITÉ ÉCLAIRANTE Ombres, lumière et faux-semblants  : un grand film expressionniste et sans doute le meilleur d’Arthur Robison (L’étudiant de Prague). Le montreur d’ombres peut aussi se voir comme une parabole du cinéma et de son rôle cathartique  : les murs et les voilages servent d’écrans sur lesquels les fantasmes des uns et des autres se projettent. Une farandole d’illusions et d’apparences d’une inventivité jouissive. À noter que la musique originelle fut restaurée par Luciano Berritúa en 1998. Mais c’est une nouvelle version, composée par Johannes Kalitzke, jouée et enregistrée en public avec l’Ensemble Ascolta, dans le cadre des Journées de la nouvelle musique de chambre à Witten, en avril 2016, qui accompagne la diffusion de ce soir. (Schatten – Eine nächtliche Halluzination) Film muet d’Arthur Robison (Allemagne, 1923, 1h26mn, noir et blanc) – Scénario  : Arthur Robison, Rudolf Schneider, Albin Grau – Avec  : Fritz Kortner (le mari), Ruth Weyher (la femme), Gustav von Wangenheim (le jeune homme), Alexander Granach (le montreur d’ombres), Max Gülstorff (le premier chevalier), Ferdinand von Alten (le deuxième chevalier), KarlPlaten (un domestique) – Image  : Fritz Arno Wagner Musique 2016  : Johannes Kalitzke (coproduction  : ARTE/ZDF, WDR) – Production  : Pan Film NOVEMBRE 28 LUNDI 17



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