Arte Magazine n°2016-45 5 nov 2016
Arte Magazine n°2016-45 5 nov 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-45 de 5 nov 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : let's dance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Olivier Lemaire EN COUVERTURE FIGURES LIBRES Hymne jubilatoire au plaisir de la danse et à son inépuisable diversité, la collection Let’s dance revient pour trois variations sur le thème du nombre. Tous en scène, Solo ou À deux ? Échauffement avec Ohad Naharin, Christine and the Queens et Akram Khan. CHRISTINE AND THE QUEENS Révélée avec éclat en 2014 par son premier album Chaleur humaine, la jeune Nantaise au nom pluriel poursuit son chemin singulier, mêlant chanson, performance, vidéo et danse – en groupe et en solo. D’abord avec son «gang» de danseurs  : «Il y a du plaisir à sentir que tu es plusieurs, augmentée. Où s’arrête mon corps, où commence l’autre ? Tu ne sais plus trop et c’est ça qui est intéressant. Et puis, j’aime bien m’entourer de jeunes garçons pour avoir l’illusion d’en être un, moi aussi.» «Le solo, dit-elle encore, c’est un peu comme un combat sans partenaire, même si tu ne sais pas trop qui tu combats. J’aime beaucoup la sensation d’être seule, dans un énorme espace, et très regardée. Je suis souvent dans l’improvisation, ça laisse plus de liberté, un côté un peu kamikaze aussi. J’y vais. Et plus je m’expose, et plus c’est risqué, plus ça me plaît.» Le troisième volet est diffusé le 18 novembre à 22.20. 4 N°45 – Semaine du 5 au 11 novembre 2016 – ARTE Magazine Vendredi 11 novembre à partir de 22.25 LET’S DANCE – SAISON 2 TOUS EN SCÈNE ; SOLO Lire page 25 OHAD NAHARIN Le chorégraphe israélien dirige la Batsheva Dance Company de Tel-Aviv depuis 1990. Il y a élaboré des techniques centrées sur l’intériorité, qu’il a baptisées «Gaga dance». Dans son travail, le collectif est le meilleur chemin vers soi. «J’aime quand le groupe tombe d’accord sur quelque chose, mais qu’il n’a pas besoin de parler d’une seule voix. Le groupe n’élimine pas la notion de singularité. Parfois c’est surtout une question d’organisation, d’architecture, de dynamique. On ne fait pas forcément le portrait d’une société. J’ai conscience que c’est là, mais ce n’est pas la raison pour laquelle je chorégraphie.» Et si, à la Batsheva, les miroirs sont bannis, c’est parce que «tu ne dois pas observer le monde à travers ta propre image. Tu dois observer le monde. C’est une bien meilleure façon de danser, et bien plus joyeuse.» AKRAM KHAN Autre star de la danse contemporaine internationale, le Britannique d’origine bangladaise commente notamment dans le troisième volet le formidable duo qu’on le voit former avec Israel Galván en 2014, Torobaka. «Chacun a son ego. Le duel est inévitable. Mais il n’est pas nécessairement violent. L’important, c’est la tension. Or, il n’y en a pas quand on est seul. Il faut tirer dans le sens opposé, parce que c’est la distance qui génère l’énergie. Lui explose, moi j’implose. C’est un guerrier, moi un moine. Mais au fil de notre travail, les choses ont changé. Je suis devenu un guerrier pacifique, et lui un moine violent.»
DOCUMENTAIRE CEUX QUI RESTENT Dans 13 novembre, la vie d’après, le réalisateur Olivier Lemaire recueille le témoignage d’habitants des quartiers de Paris touchés par les attentats, dressant le portrait sensible d’une ville meurtrie qui se redresse peu à peu. Mardi 8 novembre à 20.55 13 NOVEMBRE, LA VIE D’APRÈS Lire pages 18-19 Pourquoi avez-vous eu envie de donner la parole à ces témoins des attentats ? Olivier Lemaire  : Parce que ce sont également des victimes, collatérales certes, mais qui ne sont pas officiellement reconnues en tant que telles. Il y a évidemment les morts, les blessés, leurs proches, mais que dire de cette concierge qui habite à vingt mètres du Bataclan et qui a vu des dizaines de morts ce soir-là ? Ou de cette restauratrice qui a monté un hôpital de fortune dans son établissement ? C’est la perspective de l’après qui m’intéressait. Comment ces événements tragiques ont-ils changé le rapport de chacun au quartier, aux voisins, à la famille, à soi-même ? Je voulais poser la question de la résonance collective des attentats. Issues de générations, de cultures et de milieux sociaux différents, les dix personnes qui témoignent constituent une représentation symbolique de la société. Vous abordez également la réaction collective, à travers les hommages spontanés… Leurs témoignages se croisent avec des séquences sur la collecte, l’archivage et la numérisation de ces messages laissés sur les trottoirs. Pour les habitants, cela a aussi constitué une épreuve de vivre quotidiennement là où des milliers de personnes, apportant des milliers de fleurs, venaient se recueillir sous l’œil N°45 – Semaine du 5 au 11 novembre 2016 – ARTE Magazine des caméras du monde entier. Ils n’en pouvaient plus, ils avaient envie que la vie reprenne. Dans le quartier du bar du Carillon, certains ont même décidé de tendre des banderoles de fanions entre les immeubles pour redresser symboliquement la tête vers le ciel, cesser de regarder les bouquets funèbres et les impacts de balle. La façon de réagir est-elle différente pour chacun ? Les trajectoires sont très diverses, mais pour tous il y a un avant et un après. Ewanna, une ado de 16 ans, qui vit en face du restaurant La Belle Équipe, explique qu’avant les attentats elle allait mal, et que le sentiment d’urgence né des événements l’a raccrochée à la vie. Dans certains quartiers, comme celui du Carillon, les habitants ont eu besoin de se rencontrer, et même de faire corps. Certains sont devenus très amis. Ils m’ont dit  : «Ça nous a liés à la mort.» Ce film a permis aussi de libérer une parole. C’est le cas pour Laïs, la restauratrice, qui explique qu’elle n’avait jamais répondu auparavant à ceux qui lui demandaient de raconter. Dans le film, elle le fait. Comme pour dire une fois pour toutes ce qu’elle a vécu, et que ce soit consigné quelque part, qu’il y ait une trace. Propos recueillis par Laetitia Møller Olivier Lemaire est aussi le réalisateur de la collection documentaire Let’s dance (voir ci-contre). 5



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